Drôle d'époque avec Françoise Degois et une passe d'armes à l'Assemblée Nationale lors de la commission d'enquête sur l'audiovisuel public.
« Oui, c’est pop-corn tous les jours dans cette commission. Il n'y en a pas un pour acheter l’autre. C'est Charles Alloncle, député ciottiste de droite radicale, rapporteur de la commission, et Jérémie Patrier-Leitus, président de la commission et membre d'Horizon, le parti d'Edouard Philippe.
Alors, objet de la colère, vous l'avez entendu, les insinuations un peu fiéleuses par Alloncle sur les liens supposés entre Patrier-Leitus et le géant de la production MediaOne, qui produit notamment « C'est à vous » et « C'est dans l’air » sur le service public.
"Un président terne, incapable de tenir les débats"
Résultat, suspension immédiate de séance. Mais cette passe d'armes dure depuis des semaines. Alloncle, qui est en partie en croisade contre le service public, multiplie les saillies dans son questionnement, et dans ses insinuations.
Comme lorsqu'il lance les revenus de Nagui à la volée, ou demande à Léa Salamé si elle aurait présenté le 20h, si son compagnon avait été Jordan Bardella. Mais en face, vous avez aussi un président terne, incapable de tenir les débats, d'empêcher que cette commission ne se transforme en arène politique, et de cadrer son rapporteur. Le rapporteur qui, c'est de bonne guerre après tout, tente de se fabriquer une notoriété. »
📺Clash en commission d'enquête sur l'audiovisuel public
— Sud Radio (@SudRadio) February 5, 2026
🗣️@francoisedegois : "Il y a une guerre idéologique entre Bolloré et le service public ! Ça vole bas ! C’est pathétique !" #GrandMatin
➡️Suivez le direct : https://t.co/QKa5Efuc2W
☎️Réagissez au 0 826 300300 pic.twitter.com/dNvKUpJMyX
"Tous les coups sont permis"
Alors derrière tout ça, il y a quand même une guerre impitoyable.
« Oui, le celle que se livre le groupe Bolloré et le service public. Une guerre idéologique. Le premier accusant le second d'être infesté de gauchistes et le second accusant le premier de faire la campagne d'extrême droite. Tous les coups sont permis, ça fait des mois que ça dure, qu'ils nous prennent la tête, et je pèse mes mots.
Les uns et les autres. Vous avez Delphine Ernotte, la patronne de France Télévisions, qui accuse publiquement CNews de n'être qu'une chaîne d'opinion. Riposte d'Europe 1, qui enregistre à leur insu une conversation dans un café entre Thomas Legrand, éditorialiste à France Inter, et Laurence Bloch, l'ancienne patronne de France Inter.
"Ça vole bas, les coups sont très durs"
Ça vole bas, les coups sont très durs, mais en fait c'est pathétique. Parce que c'est une bataille totalement vaine. Les Français plébiscitent très largement l'audiovisuel public. 69% dans le sondage Ipsos de décembre dernier, y compris chez les électeurs du RN, 59%.
Et ça n'empêche pas CNews de son côté de battre des records d'audience. Ça nous dit quoi ? Ça nous dit que nous sommes une démocratie, que nous avons une tradition française héritée de la révolution, la presse d'opinion.
"Bolloré a sa place dans ce débat"
Qu'on aime ou pas le groupe Bolloré, il a sa place dans ce débat, aussi sûrement que Fox News et CNN cohabitent aux Etats-Unis. On appelle ça la démocratie, je le redis. Et par ailleurs, il faut être naïf pour croire que les médias font l'élection.
Malgré tous les moyens de la presse utilisés, la droite n'a jamais pu empêcher François Mitterrand de gagner en 81. Pas plus que la presse de gauche n'a pu empêcher la victoire de Nicolas Sarkozy en 2007. »
Retrouvez Drôle d'époque dans le Grand Matin Sud Radio au micro de Patrick Roger.