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L’opinion d’Elisabeth Lévy : "On demande à l’Europe d’effacer son passé"

OPINION SUD RADIO – Élisabeth Lévy s’inquiète d’une possible évolution de la jurisprudence de la Cour européenne des droits de l’Homme sur les signes religieux.

L’opinion d’Elisabeth Lévy : « On demande à l’Europe d’effacer son passé pour ne pas blesser les derniers arrivés»

L’Europe doit-elle se mêler de signes religieux et de traditions culturelles ? 

« C’est apparemment le souhait de la Cour européenne des droits de l'Homme. Rappelons que la Cour européenne des droits de l'Homme, garante de la convention du même nom a pour mission de protéger les libertés individuelles au sein de la cinquantaine d’Etats-Membres du Conseil de l’Europe. Et qu’en général elle piétine allègrement le droit des Etats à se protéger. Exemple, a déjà ordonné à la France de rapatrier un Tchétchène condamné pour terrorisme (ce que nous n’avons pas fait). 

"Pour une fois, les Etats s’étaient rebiffés"

Cependant, jusque-là, refusait prudemment d’intervenir dans des litiges relevant de l’identité culturelle. En 2009 dans un jugement célèbre Lautsi/Italie, la Cour enjoignait à l’Italie de retirer les crucifix des écoles. Pour une fois, les Etats s’étaient rebiffés. Face aux protestations de 21 gouvernements la cour avait reculé et admis en 2011 que l’Italie avait le droit de perpétuer une tradition. Bien aimable à elle. Depuis, la Cour estime que ces questions relèvent de la marge d’appréciation des Etats, de ce qui reste de leur souveraineté. 

Refuse donc d’obliger un Etat à « diminuer le rôle d’une religion à laquelle adhère historiquement et culturellement la population ». Ne nous demande pas de cacher nos églises. La religion historique et majoritaire – le christianisme dans la plupart des pays concernés – peut avoir une visibilité plus grande. Bref, dans sa grande sagesse, la Cour européenne des droits de l'Homme, créée en 1948, admettait que des Etats pluriséculaires aient une identité propre. »

"J’ignorais que la vue de Notre-Dame offensait les athées"

Cela pourrait-il changer ? 

« C’est ce que veulent certains magistrats. La juridiction européenne s’est saisie d’un vieux litige pour demander à la Grèce, pays où la religion orthodoxe a un statut officiel, de justifier la présence d’icônes orthodoxes aux murs des tribunaux. Cela pourrait, parait-il, attenter au droit de certains de ne pas croire. La bonne blague. J’ignorais que la vue de Notre-Dame offensait les athées.

"Un débat pour changer de jurisprudence"

Comme dans toutes les instances européennes, idéologie multiculturaliste à l’oeuvre. Pour ne pas blesser les derniers arrivés et leur religion minoritaire on demanderait à l’Europe d’effacer son passé. Certes, jugement pas rendu mais si la Cour européenne des droits de l'Homme relance ce débat c’est probablement pour changer de jurisprudence. 

Ce qui reviendrait à attaquer la civilisation européenne au nom de l’Etat de droit. Si on voulait que les peuples européens détestent à la fois les juges et l’Europe, on ne ferait pas autrement. »

Retrouvez Soyez Libre dans le Grand Matin Sud Radio au micro de Patrick Roger

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