« On se fait un call ? », « Je te tiens au courant ASAP ! ». Si ces phrases ponctuent votre quotidien en open-space, vous n’êtes pas seul… à ne plus les supporter. Une enquête menée par Preply avec l’institut Censuswide auprès de 1 500 Français révèle les expressions qui nous tapent sur le système au travail en 2026. Entre anglicismes et bienveillance forcée, plongée au cœur de cette jungle sémantique qui redéfinit nos rapports humains.
« On revient vers toi » en tête du classement
Et le verdict est sans appel. L’expression la plus détestée par les Français, avec 15,59 % des suffrages, est le fameux « On revient vers toi ». Perçue comme floue ou passive-agressive, elle est suivie de près par le laconique « C'est OK » et l'imagé « C’est dans le pipe ».
En quatrième position, l'injonction à « sortir de sa zone de confort » agace 11,66 % des sondés. Ces formules, censées motiver, sont souvent vécues comme des ordres déguisés ou des « injonctions au bonheur » qui masquent une réalité plus rude.
Un effet de mode lié aux start-ups et aux entreprises internationales
Pourquoi parlons-nous ainsi ? L’étude souligne que ce lexique provient majoritairement des start-ups, du conseil et des entreprises internationales. Utiliser des mots comme « deadline », « roadmap » ou « brainstorming » n'est pas seulement une question de rapidité : c'est un marqueur social.
En adoptant ces codes, les salariés cherchent à prouver leur agilité et leur appartenance à un monde de performance. C'est une forme de mimétisme pour paraître plus opérationnel et branché. Pourtant, 16 % des Français pointent du doigt les anglicismes comme étant particulièrement irritants au quotidien.
Perdre le sens même de la communication ?
Derrière la modernité affichée de ces expressions, se cache souvent une stratégie d'évitement des conflits. On ne donne plus d'ordres, on demande de « prendre le lead » ; on n'impose plus, on propose de « mettre dans la boucle » avec une « bienveillance » de façade.
Le risque ? Créer une distance et perdre le sens même de la communication. À force d'être répétés, ces automatismes de langage finissent par masquer des réalités complexes et peuvent lasser jusqu'à l'épuisement.