Drôle d'époque Éric Revel, avec nos relations entre la France et l’Algérie. Gérald Darmanin est arrivé à Alger pour tenter de relancer, tout sourire, les relations entre les deux pays. Il a été reçu pendant deux heures et demie par le président algérien hier.
« Oui, alors Gérald Darmanin, Alger, douze heures, montre en main. Il a affirmé que la reprise de la coopération judiciaire était installée, qu'il avait parlé de criminalité organisée, notamment avec la fameuse DZ Mafia, de la lutte contre le terrorisme, des biens mal acquis en France, du narcotrafic.
Il a même abordé la question des OQTF. Vous savez, on a repris l'expulsion d'Algériens qui se trouvent de manière irrégulière en France. 150 OQTF, il y a 51 000 Algériens en situation irrégulière en France. Bon, alors 150 OQTF, c'est un début, très bien. Puis bien sûr, il a parlé de notre confrère Christophe Gleizes. Bon, on ne sait pas s'il obtiendra une grâce présidentielle. En tout cas, il est toujours condamné à sept ans pour apologie du terrorisme. »
"C'est la méthode douce"
La méthode, comme celle de Nunez, c'est l'opposé de la méthode Retailleau qui prônait la fameuse dénonciation de l'accord de 68 entre la France et l’Algérie, tout comme Édouard Philippe.
« Absolument. Donc là c'est la méthode douce. Darmanin, Nunez, on caline. Il y a eu un défilé incroyable de ministres français. On pourrait aussi parler du ministre des Affaires étrangères, Barrot. Alice Rufo, dont on a appris le nom, qui est une très très proche d'Emmanuel Macron, qui s'est rendu il y a quelques jours également à Alger.
🇩🇿Gérald Darmanin en Algérie
— Sud Radio (@SudRadio) May 19, 2026
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"Pas de libération pour Christophe Gleizes"
Donc, c'est la méthode douce. Priorité à la diplomatie, aux échanges directs. Ça s'inscrit dans une stratégie de dégel progressif, voulue par Emmanuel Macron. Et vous en souvenez, Emmanuel Macron avait condamné la méthode forte, puisqu'il avait traité de maboules ceux qui voulaient durcir le ton avec Alger.
Donc, pour l'instant, c'est quoi cette méthode douce ? Ce n'est pas la libération de Christophe Gleizes, ce sont des modestes avancées sur le retour des OQTF. Mais on sent que Macron, qui avait quand même réussi l'exploit, à un moment donné dans son quinquennat, d'être fâché avec les trois pays du Maghreb, on était fâché avec la Tunisie, avec le Maroc et avec l'Algérie. Eh bien, on sent que chez Emmanuel Macron, il y a une sorte de coûte que coûte politique pour laisser à la fin de son quinquennat une relation apaisée avec Alger. »
"L'Algérie sera présente dans la campagne présidentielle"
Cette dimension politique du voyage de Gérald Darmanin, c'est du billard à plusieurs bandes.
« Oui, parce que, si vous voulez, Emmanuel Macron n'a pas toujours été le tenant du dialogue. Vous vous souvenez de cette sortie ? Il avait parlé de rentes mémorielles utilisées par Alger lorsqu'elle parle de la colonisation ou de la guerre en Algérie.
Donc, Macron, d'une certaine manière, c'est mon analyse, s'immisce dans la campagne, parce que qu'est-ce qu'il fait ? Il met en avant Darmanin, qui, lui, n'a jamais demandé la suppression de l'accord de 68. Donc, c'était un tenant plutôt de la méthode douce, même s'il a soutenu Retailleau. Donc, le vent de la réconciliation temporaire avec l'Algérie, peut-elle le pousser, Gérald Darmanin, sur la ligne des prétendants en 2027 ?
Parce que ce sujet, avec l'Algérie, sera présent dans la campagne présidentielle, évidemment. Le dossier algérien ne sera pas refermé pour autant, parce que la rente mémorielle pour le gouvernement algérien restera une assurance-vie d'un régime qu'il utilisera toujours, quand bon lui semblera. Garde-toi, garde tes amis près de toi, et tes ennemis plus proches. »
Retrouvez Drôle d'époque dans le Grand Matin Sud Radio au micro de Patrick Roger.