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Un poulet sur deux importé : vers des projets de méga-poulaillers en France pour rééquilibrer la production ?

Par La rédaction

ENTRETIEN SUD RADIO - Parce qu'un poulet sur deux consommé en France vient de l'étranger, la nouvelle loi d'urgence sur le monde agricole devrait simplifier les procédures pour installer des poulaillers. Un professionnel explique les raisons légitimes de ce projet d'envergure.

poulaillers
Une loi simplifiant l'implantation de poulaillers à l'assemblée (STEPHANE DE SAKUTIN - AFP)

Les Français consomment de plus en plus de poulets et d'œufs en France : + 3,3 % en 2025 comparé à 2024. Il va falloir satisfaire les demandes : selon l’ANVOL, il faudra 2 200 poulaillers supplémentaires d'ici 2035 pour couvrir les attentes du marché. Le projet de loi d’urgence agricole arrive en première lecture à l’Assemblée nationale ce mardi 19 mai pour simplifier les procédures et permettre notamment d'initier des projets de poulaillers, qualifiés par certains de “fermes-usines” et de “méga-poulaillers”.

Jean-Michel Schaeffer, éleveur de volailles dans l'est de la France et président de l'ANVOL (Interprofession volaille de chair qui réunit 20 organisations représentatives de l'ensemble des maillons de la filière), explique au micro de Sud Radio les raisons légitimes de ce projet d'envergure.

"Aujourd’hui, en France, on importe un poulet sur deux consommé par les Français"

Pourquoi y-a-t-il besoin de cette loi ? "Aujourd’hui, en France, on importe un poulet sur deux consommé par les Français. Il y a un vrai engouement et une croissance de la consommation, décrypte Jean-Michel Schaeffer, éleveur de volailles dans l'est de la France et président de l'ANVOL, l'interprofession « volaille », au micro de Patrick Roger, sur l’antenne de Sud Radio. Elle réunit vingt organisations représentatives de l'ensemble des maillons de la filière. Dans l’Union Européenne, nous avons des règles très strictes pour construire des poulaillers. Des règles plus strictes que tout ce que l’on importe du Mercosur et d’ailleurs."

"Nous avons aussi doublé le niveau de contraintes comparé aux règles européennes"

"Nous avons aussi doublé le niveau de contraintes comparé aux règles européennes. Nous demandons juste d’avoir les mêmes contraintes que nos voisins au sein de l’Union. Les mêmes règles pour tout le monde ! Nous sommes sur le même marché, les produits circulent d’un pays à l’autre. À un moment, il nous faut les mêmes conditions de production."

"Nous avons en France les élevages les plus petits d’Europe"

Pourquoi ces implantations de grands poulaillers sont-elles contestées ? "C'est souvent parce qu’il y a une méconnaissance de ce qu’est vraiment l’élevage de volailles, estime Jean-Michel Schaeffer, président de l'ANVOL, sur l’antenne de Sud Radio. Les bâtiments ont bien évolué. Si l’on compare, nous avons en France les élevages les plus petits d’Europe, de quelques dizaines de milliers de poulets. Les Allemands, les Hollandais, les Italiens ont des élevages de plusieurs centaines de milliers de volailles."

"Les critiques sur les méga poulaillers, c’est de la désinformation"

"Quand on parle de celles importées, d’Ukraine, du Brésil ou de Thaïlande, on parle de millions de volailles par site d’élevage. Elle ne sont même plus produites par des agriculteurs, des éleveurs. Pour moi, les critiques sur les méga poulaillers, c’est de la désinformation. On est dans un esprit de décroissance. On souhaite que l’on permette de pouvoir construire des poulaillers pour nourrir les Français avec nos contrôles et nos exigences. Sinon, en termes de souveraineté, on aggrave encore la situation actuelle. Derrière, c’est aussi de l’emploi dans nos territoires agricoles."

Retrouvez "C'est à la Une" chaque jour à 7h10 dans le Grand Matin Sud Radio avec Patrick Roger

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