Après les pêcheurs, les agriculteurs, les routiers et de multiples autres secteurs, ce sont les artisans du BTP qui subissent de plein fouet la crise au Moyen-Orient. Pour beaucoup de petites entreprises, les surcoûts liés à la hausse des prix du carburant sont devenus difficiles à absorber et mettent en danger leur activité. Olivier Salleron, président de la FFB, décrypte la situation.
Alors, concrètement, qu’est-ce que la hausse du prix du carburant change aujourd’hui pour les artisans et les entreprises du BTP ? « Cette crise vient fragiliser toute la filière parce qu'on est en pleine crise du logement, malgré, il faut le dire, un bon budget pour 2026. Et puis, cette instabilité autour de la rénovation énergétique arrive au plus mauvais moment, malgré les aides. (…) », déclare le président de la FFB.
Le BTP aidé…
En effet, face à cette situation dramatique pour le BTP, le gouvernement a mis en place une aide publiée au Journal officiel le 10 mai 2026. Elle prévoit une prise en charge de 20 centimes par litre de GNR acheté entre le 1er et le 31 mai 2026, dans la limite de 4 000 euros par entreprise. Et c’est ce que déplore Olivier Salleron : « On nous a aidés au niveau des grands rouleurs. Mais le revenu et le plafond de revenus sont très bas. Donc il y en a encore peu qui peuvent y adhérer. » Il évoque également la limitation de l’utilisation du GNR aux entreprises de « 20 salariés ».
… Mais pas assez
Plusieurs autres mesures sont attendues par le président de la FFB : « J'espère que le Premier ministre va annoncer : au moins jusqu'à 50 salariés, et ce prêt Flash carburant qui existait dans tous les secteurs, sauf pour le BTP. » Il poursuit : « On avait été oubliés il y a un mois et demi sur toutes ces aides. Alors nous ne voulons pas de chèques cadeaux, mais à partir du moment où des secteurs sont aidés, il faut que nous soyons compris dedans. »
Des conséquences dramatiques : « plusieurs milliers de salariés sur le carreau »
Alors, quelles pourraient être les conséquences de cette crise pour l’avenir du BTP ? « Plusieurs milliers, voire plusieurs dizaines de milliers de salariés sur le carreau. (…) Voilà ce qui risque d'arriver, parce que les prix vont augmenter un peu partout. La rénovation énergétique aussi pourrait coûter plus cher », explique-t-il. Il poursuit en évoquant son secteur : « Aujourd'hui, on essaie de préserver les prix et les coûts. Il ne faudrait pas non plus que les taux de crédit augmentent trop, parce que là aussi, ce serait la catastrophe. »
Olivier Salleron reste positif, malgré les reproches, et salue avec beaucoup de respect : « une écoute attentive de la part du Premier ministre Lecornu (…) »