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Hausse du carburant : les agriculteurs de la Coordination rurale bloquent la raffinerie de Feyzin près de Lyon

REPORTAGE SUD RADIO - Après l’interdiction des blocages sur la M7 et l’A450 par la Préfecture, les agriculteurs de la Coordination rurale ont changé de stratégie dans la nuit de dimanche à lundi. Depuis 4 heures du matin, une centaine d’agriculteurs bloquent la raffinerie de Feyzin (Rhône) pour dénoncer la flambée du carburant agricole.

Agriculteurs colères blocage
Les agriculteurs de la Coordination rurale bloquent la raffinerie de Feyzin depuis ce matin © AFP

La colère agricole remonte d’un cran. Initialement prévue sur la M7 et l’A450, la mobilisation des agriculteurs de la Coordination rurale a finalement été déplacée vers la raffinerie de Feyzin, au sud de Lyon, après l’annulation des manifestations par la Préfecture.

Les membres de la CR dénoncent une explosion de 70 % du prix du gazole non routier (GNR) en seulement quatre mois, dans un contexte déjà tendu pour de nombreuses exploitations.

Un blocage organisé dans l’urgence

« La situation est très compliquée. On a quitté Chamalières (Puy-de-Dôme) très tard dans la nuit hier soir pour descendre sur Lyon. Les manifestations ont toutes été annulées par la Préfecture. En France aujourd'hui, on perd nos libertés, surtout celle de manifester », explique Bertrand Molinier au micro de Sud Radio, éleveur laitier et secrétaire général de la Coordination rurale. Face à cette interdiction, les agriculteurs ont improvisé un nouveau plan d’action.

« On a décidé en urgence d’un plan de repli. On s’est rendu sur la raffinerie de Feyzin que nous bloquons depuis 4h ce matin. On est une centaine d'agriculteurs avec 30 tracteurs. Nous laissons passer les camions ravitailleurs de carburant au compte-gouttes. »

“L'équation est devenue intenable”

Pour les agriculteurs, la raffinerie de Feyzin représente un symbole fort de leur mobilisation. « On est allé sur ce lieu car notre principale colère est la hausse des prix du carburant. C’était normal et logique d’aller sur une raffinerie », affirme Bertrand Molinier.

Le représentant syndical dénonce également une situation économique devenue critique pour les exploitations agricoles. « Nous sommes en grande détresse économique. La hausse des prix du carburant c’est une surcharge qui se rajoute. Pour les carburants agricoles, le prix a augmenté de plus 70 % sur quatre mois seulement. Le gazole non routier est passé de 1€ le litre à 1,72€. Je ne connais pas d'autres produits qui augmentent autant en si peu de temps. Et on ne peut pas répercuter cette hausse sur nos prix de vente, donc l’équation est intenable. Aujourd’hui on se révolte. »

“On veut vivre de notre travail”

« Ce qu’on veut, c’est vendre nos produits au juste prix et pouvoir en vivre. On ne demande pas des subventions, on demande simplement d’avoir des revenus raisonnables grâce à notre travail », insiste Bertrand Molinier.

La Coordination rurale appelle également l’État à investir davantage dans des alternatives énergétiques pour le secteur agricole. « On préférerait qu’ils nous équipent avec des énergies vertes ». Le secrétaire général de la Coordination rurale affirme que ce blocage « n'a pas prévu de s'arrêter ».

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