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Crash industriel d’Ynsect : 148M€ d’argent public gaspillé

Par La rédaction

Après l'échec d'Ynsect qui a coûté 148M€ au contribuable, l’État est-il vraiment le meilleur actionnaire pour réindustrialiser le pays ?

French tech
La mission French Tech oriente l'argent de l'État vers les start-up. (Fabrice COFFRINI - AFP/Archives)

Ynsect, entreprise de pointe spécialisée dans la production de protéines et d'engrais à base d'insectes, a mis la clé sous la porte. Liquidée en décembre 2025, la déroute de cette société suscite des interrogations sur le soutien public pour la réindustrialisation à des jeunes entreprises encore fragiles. Ynsect a été largement soutenue par des investisseurs privés qui ont cru au projet, mais aussi par de l’argent public. Entre 2012 et 2025, elle a capté environ 148 millions d’euros de financements publics, «dans un ensemble où les investisseurs privés restent largement majoritaires », disait Bercy en janvier dernier.

Olivier Lluansi, expert en réindustrialisation et enseignant au Conservatoire national des arts et métiers (Cnam), livre son éclairage.

Un cas typique de la start-up nation

"C’était une entreprise très innovante, qui correspondait bien aux innovations de rupture, résume Olivier Lluansi, expert en réindustrialisation et enseignant au Conservatoire national des arts et métiers (Cnam), au micro de Maxime Lledo sur l'antenne de Sud Radio. Ce que l’on a appelé la start-up nation. En l’occurence, il s’agissait de produire des protéines à base d’insectes, devant entrer dans l’alimentation animale voire humaine."

"Il ne faut pas s’attendre à 100% de réussite"

Nicolas Dufour, à la tête de BPI France, a été interrogé par les parlementaires au vu des pertes de ce projet ayant échoué. Aventure entrepreneuriale ou mauvais choix de la part de l’État ? "Il y a des innovations de rupture qui vont marcher, et d’autres non. J’ai envie de lui donner raison. Il ne faut pas s’attendre à 100% de réussite."

"On a payé sur l’argent public en France pour des entreprises qui vont gagner de l’argent ailleurs"

"Néanmoins, certaines choses faites avec l’argent public me gênent beaucoup, tempère Olivier Lluansi, expert en réindustrialisation et enseignant au Conservatoire national des arts et métiers (Cnam), au micro de Maxime Lledo sur l'antenne de Sud Radio. Au début, c’est très risqué, mais derrière il faut du capital risque, des gens prêts à investir. En France, on n’a pas développé l’argent privé qui vient prendre le relais. Des entreprises ferment leurs portes, mais beaucoup vont se faire financer aux États-Unis. On a donc payé sur l’argent public en France pour des entreprises qui vont gagner de l’argent ailleurs."

"Où sont les licornes ?"

"Par ailleurs, on nous avait promis des licornes. Elles sont où ces petites entreprises devenues grandes, les leaders de demain ? Mistral, après s’être développée dans le sud de la France, est maintenant possédée par une société néerlandaise. Comment va-t-on aussi recréer des emplois industriels après 40 ans de désindustrialisation ? Les deux tiers des emplois ne sont pas dans les start-up, mais dans la consolidation du tissu existant, les TPE-PME à moderniser. Avec France 2030, l’État a mis tout l’argent public sur les start-up. Il y a eu une erreur de jugement globale."

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