Dans Soyez Libres, Françoise Degois, revient sur le spectacle du Parti Socialiste, qui n'arrive pas à se réinventer depuis plusieurs générations à l'aube de la campagne pour l'élection présidentielle de 2027.
Là, nous avons encore passé un nouveau week-end de psychodrame au Parti Socialiste. Voyez-vous donc, Boris Vallaud, d'un seul coup, se réveille, claque la porte de la direction. Une direction "verrouillée" selon lui, autoritaire, autrement dit, Olivier Faure serait un vrai tirant, je vous laisse juger par rapport à la personnalité, vraiment un type qui gère le PS comme ça de main de maître. Tout ça bien sûr sur fond de présidentielle, le premier secrétaire veut une primaire, Boris Vallaud, Raphaël Glucksmann, François Hollande et Bernard Cazeneuve n'en veulent pas.
Ceci explique cela et on a quand même un peu de mal à comprendre les raisons de ce refus et comment on peut imaginer en fait, gagner une présidentielle si on a peur de perdre une primaire. La raison de mon courroux, c'est plutôt l'histoire sans fin qui se rejoue dans ce pays.
"Ces protagonistes, 25 ans après, les revoilà en haut de l'affiche"
Rendez-vous compte, avec mon grand âge, aujourd'hui, Olivier Faure et Boris Vallaud s'envoient la vaisselle au visage, mais il y a 25 ans, je me souviens, jeune reporter, je faisais le planton devant le bureau national du Parti Socialiste, où on voyait DSK s'empailler avec Arnaud Montebourg, Ségolène Royal avec Martine Aubry ou Manuel Valls avec, qui ? Le sénateur socialiste, Jean-Luc Mélenchon !
🇫🇷 Le spectacle désolant de la gauche et du PS
— Sud Radio (@SudRadio) May 11, 2026
🗣️ @francoisedegois :"Qu’est-ce qu’on a fait au bon Dieu pour être incapables de renouveler les générations ?" #GrandMatin
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Tout ça, en fait, sort de la même matrice, les mêmes mots, les mêmes accusations adressées à un certain François Hollande, à l'époque premier secrétaire, il verrouillait tout, il prenait des décisions tout seul. Vous prenez le communiqué de Boris Vallaud d'avant-hier, vous prenez les communiqués du BN d'il y a 25 ans, la même chose. L'histoire sans fin de ces protagonistes qu'on retrouve aujourd'hui, 25 ans après, après un quinquennat socialiste, les revoilà en haut de l'affiche.
Il fallait écouter, François Hollande, hier sur France Télévisions, expliquer qu'il n'y aurait pas de primaire. Point ! Parce qu'il l’a décrété ! Pourquoi ? Parce que c'est le premier secrétaire perpétuel du Parti Socialiste. Il faut entendre Ségolène Royal, avoir un avis sur à peu près tout et naviguer de Mélenchon à Fort, en passant par l'Algérie avec ses petites vidéos qui deviennent complètement cultes.
"Tout ce petit monde revient pour recommencer à croire en son destin"
Ségolène explique sur Instagram, elle explique tout, y compris même comment couper son bois, histoire de laisser la porte ouverte à tous les possibles. Et qu'est-ce qu'on voit ? Jean-Luc Mélenchon recommencer à taper sur la vieille maison socialiste, comme à la grande époque, où il était à la tête de l'aile gauche du parti et regardait Solférino en disant « feu sur le quartier général ». Est-ce qu'il a changé Mélenchon, 25 ans plus tard ? Pas du tout ! Depuis, Solférino, le PS a mis 8 ans pour se relever de la capitulation de François Hollande et de la cavalcade de Macron. Je rappelle, au passage, que c'est un peu Olivier Faure qui a permis ce redressement.
Et revoilà tout ce petit monde qui revient pour recommencer à croire en son destin. La promotion de l'ENA, la fameuse promotion dans laquelle vous retrouvez Ségolène Royal, François Hollande, Michel Sapin et un certain Dominique de Villepin.
"Ces gens étaient à l'ENA ensemble il y a 46 ans !"
Coucou le revoilou, lui aussi ! On le pensait momifié, voyez, Dominique de Villepin, avec son fameux discours de l'ONU. Et bien non, il est là et bien là. Vous imaginez quand même que ces gens étaient à l'ENA ensemble il y a 46 ans, 1980. L'un a été premier ministre, l'autre première femme finaliste d'une présidentielle, le troisième président de la République.
Quant à Mélenchon, hors promotion, il enquille sa quatrième candidature. J'ai une question ce matin. Qu'est-ce qu'on a fait au bon Dieu pour être incapable d'avoir renouvelé ces générations et pourquoi, après avoir à peu près tout raté ou réussi, selon du point de vue où on se place, nos Voltériens n'ont pas la sagesse, la décence de passer la main ? Ils ont déjà tout eu, ou presque, et de laisser vivre ceux qui suivent et qui ont bien souvent réparé leurs dégâts.
Retrouvez Soyez Libres avec Françoise Degois dans le Grand Matin Sud Radio au micro de Patrick Roger.