97 % des Français consomment des œufs, dont près de 9 sur 10 chaque semaine. Alors forcément, quand les œufs ne sont plus légion dans les rayons comme en ce moment, ça se voit. Ce n’est pas inédit, mais la France connaît de nouveau une pénurie d’œufs en ce début d'année 2026, après en avoir connu d'autres dans un passé récent.
La grippe aviaire et la météo, premiers responsables
La grippe aviaire est l’une des raisons de cette crise. Lorsqu’une épidémie est détectée, les éleveurs ont l’obligation de faire abattre les poules. Plusieurs cas ont été détectés la semaine dernière dans le nord de la France, pénalisant l’approvisionnement des boîtes d’œufs.
Grand froid, chutes de neige conséquentes sur de nombreux départements : la France a connu une semaine passée mouvementée du point de vue météorologique. De nombreux camions n’ont pas pu acheminer les œufs en raison de ces conditions météo et du verglas sur les routes.
Et comme d’autres produits ont manqué à l'appel dans les rayons ces derniers jours, les consommateurs se sont ainsi portés vers des denrées moins périssables comme… les œufs, augmentant un peu plus encore la pénurie.
La réglementation française pointée du doigt
Invitée de RMC-BFM ce matin, Annie Genevard, ministre de l’Agriculture, a soulevé un problème : la France n’est pas assez efficace dans la production d’œufs. "Aujourd’hui, la réglementation sur un poulailler, c’est comme si c’était un bâtiment industriel d’une industrie sensible", a expliqué la ministre.
"La France complique la vie des agriculteurs", a-t-elle ajouté, une crise qui vient s’ajouter à la période difficile que vivent les agriculteurs français. Annie Genevard explique qu’en ce moment, "quatre projets de poulaillers sont retoqués parce que les Français ne veulent plus voir de bâtiments d’élevage".
La loi Duplomb comme solution ?
Une réglementation trop contraignante que la loi Duplomb pourrait bouleverser. On connaît la loi Duplomb et sa pétition qui visent à lever les contraintes à l'exercice du métier d'agriculteur notamment en ouvrant la possibilité de réautoriser certains insecticides, mais d'autres articles - comme le 3 en particulier - prévoient notamment de relever les seuils d’autorisations environnementales des bâtiments d’élevage. Ainsi, les demandes d’autorisation préfectorale sur les installations classées pour la protection de l’environnement (ICPE) passeraient de 40 000 à 60 000 volailles pour les pondeuses. Avant la loi, la construction d’un bâtiment était également conditionnée à deux réunions publiques. Elles seraient remplacées par de simples permanences en mairie.
Le débat sans vote sur cette pétition, prévu initialement le 7 janvier devant le Parlement, a finalement été reporté en février. Alors si la pénurie d’œufs ne risque pas de durer, les solutions en cas de nouvelles crises devraient toujours se faire attendre.