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Annie Genevard répond aux agriculteurs avec "un paquet de mesures agricoles"

La ministre de l'Agriculture Annie Genevard a annoncé vendredi "un paquet de mesures agricoles" visant à répondre à la colère des agriculteurs, s'adressant en premier lieu aux éleveurs, avec un doublement du fonds d'indemnisation de la dermatose bovine.

Alain JOCARD - AFP

La ministre de l'Agriculture Annie Genevard a annoncé vendredi "un paquet de mesures agricoles" visant à répondre à la colère des agriculteurs, s'adressant en premier lieu aux éleveurs, avec un doublement du fonds d'indemnisation de la dermatose bovine.

La ministre a annoncé un doublement à "22 millions d'euros" du fonds d'indemnisation destiné aux éleveurs touchés par les conséquences économiques de la dermatose nodulaire bovine (DNC), maladie animale dont la gestion par l'Etat a déclenché un vif mouvement de contestation chez les éleveurs.

Mme Genevard a ouvert la voie à une évolution du protocole d'abattage total des troupeaux dans lesquels la maladie est détectée, en cas "d'immunité collective" après vaccination, mais en conditionnant tout changement à un "avis scientifique".

Répondant par ailleurs à une demande forte des éleveurs face aux attaques de troupeaux et renouvelée ces derniers jours par la FNSEA, premier syndicat agricole, elle a annoncé que le nombre de loups pouvant être éliminés dans l'année allait "augmenter de 10%".

"Notre régime de régulation doit être revu et il le sera, car il n'est plus adapté au fait que le loup s'étend de plus en plus dans des territoires nouveaux et qu'il se multiplie", a-t-elle dit.

Le quota d'abattage annuel autorisé est fixé à 19% de la population lupine, estimée à 1.082 animaux en 2025. Cette année-là, "il y a eu plus de 4.000 attaques", a affirmé la ministre.

Elle a également répondu à une demande récurrente de l'alliance majoritaire FNSEA-Jeunes agriculteurs, en annonçant la signature "avant la fin du mois" des décrets d'application de la loi Duplomb concernant la facilitation de construction de bâtiments d'élevage.

"De même, les textes qui permettent de trouver des solutions plus vite pour lutter contre les nuisibles, les virus, les bactéries qui ravagent les productions seront pris avant le Salon" de l'agriculture, a-t-elle ajouté.

La ministre a rappelé l'engagement du gouvernement auprès des viticulteurs et des céréaliers, notamment concernant les avancées obtenues à Bruxelles sur les engrais et pour le maintien du budget de la future Politique agricole commune (PAC).

La ministre des Comptes publics Amélie de Montchalin le 9 janvier 2026, à Paris

La ministre des Comptes publics Amélie de Montchalin le 9 janvier 2026, à Paris

Alain JOCARD - AFP

A ses côtés, la ministre des Comptes publics Amélie de Montchalin a mis en garde les députés qui voteraient la semaine prochaine les motions de censure déposées par le RN et LFI, faisant valoir que "s'il n'y a pas de gouvernement, il n'y aura pas de solution pour les agriculteurs".

La ministre de l'Action et des Comptes publics a estimé que ces motions apporteraient "un moment de clarification".

Evoquant notamment les élus des territoires viticoles, elle a observé que, s'ils font tomber le gouvernement, "ils enverront un message très clair aux viticulteurs de leurs circonscriptions", en empêchant l'introduction dans le budget de l'enveloppe de 130 millions d'euros prévue pour financer un plan d'arrachage.

"Il faut que l'ensemble des élus et du pays prennent conscience de l'importance du budget de l'agriculture qui doit absolument être voté la semaine prochaine", a réagi Yohann Barbe, porte-parole de la FNSEA, auprès de l'AFP.

Sur l'ensemble des mesures annoncées, "le compte n'y est pas", a-t-il ajouté, il manque notamment "un périmètre pour l'utilisation de l'enveloppe d'accompagnement" à la lutte contre la dermatose.

Bertrand Venteau, président de la Coordination rurale, 2e syndicat agricole du pays, et en pointe de la contestation agricole des dernières semaines, a estimé de son côté que les mesures annoncées "co-écrites avec la FNSEA" ne "répondaient pas du tout" aux revendications de son organisation. "Il faut souhaiter une dissolution rapide du gouvernement pour en finir avec ces ministres qui n'écoutent rien", a-t-il lancé, joint par l'AFP.

Fanny Métrat, porte-parole de la Confédération paysanne, 3e syndicat, a aussi estimé que le gouvernement a essentiellement répondu au premier syndicat, la FNSEA. La seule annonce qu'elle juge positive sur un potentiel assouplissement du protocole de vaccination "arrive avec six mois de retard et le sacrifice de milliers de vaches bien portantes et d'éleveurs".

cho-sb-mdz-od-im/ved/vmt/tmt

AFP / Paris (France) (AFP) / © 2026 AFP

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