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Emmanuel Grégoire (PS) : "Rachida Dati incarne un retour en arrière, comme Trump"

Par La rédaction

INTERVIEW SUD RADIO - Municipales, Rachida Dati, logement, sécurité : Emmanuel Grégoire, candidat de la gauche (hors LFI) à la mairie de Paris et député PS de Paris, était “L’invité politique” sur Sud Radio.

Emmanuel Grégoire, Paris, municipales
Emmanuel Grégoire, interviewé par Jean-François Achilli sur Sud Radio, le 25 février 2026, dans “L’invité politique”.

Élections municipales à Paris, sondage IFOP, alliance avec LFI, duel avec Rachida Dati, campagne de Sarah Knafo, logements publics, meublés touristiques et situation de la ministre de la Culture. Au micro de Sud Radio, Emmanuel Grégoire a répondu aux questions de Jean-François Achilli.

"Je ne souhaite pas faire d’alliance avec LFI "

Jean-François Achilli pour Sud Radio : La droite est-elle aux portes de l’Hôtel de Ville de Paris selon le sondage IFOP publié par Sud Radio ?
Emmanuel Grégoire : “Non, pas du tout. D’abord parce qu’il existe plusieurs sondages et qu’ils ne disent pas tous la même chose. Ensuite parce qu’un sondage reste une photographie à un instant donné. Ce que je retiens, c’est que nous sommes en tête au premier tour et qu’il y a autour de notre union une dynamique solide. À Paris, comme dans le pays, il y a une fragmentation politique importante. Cela signifie qu’il faut convaincre davantage, entrer dans le fond des propositions et démontrer notre capacité à gouverner.”

D'après ce sondage, vous ne l’emportez au second tour que dans une seule configuration. Ce scénario unique n’est-il pas inquiétant ?
“Non, parce qu’une campagne ne se résume pas à des projections arithmétiques. Il reste du temps pour débattre, expliquer notre projet et élargir notre socle. Nous avons un programme d’une ambition historique en matière de logement, de pouvoir d’achat et de transition écologique. C’est sur cette crédibilité que nous pouvons rassembler, pas sur des hypothèses de combinaisons.”

Huit électeurs sur dix auraient déjà fait leur choix. Où trouvez-vous vos réserves de voix ?
“Dans la qualité du débat démocratique. Beaucoup d’électeurs sont attentifs aux propositions concrètes. Lorsque nous détaillons notre stratégie sur le logement public, la régulation des meublés touristiques ou la protection des classes moyennes, nous parlons à des Parisiens qui hésitent encore. La campagne sert précisément à cela : convaincre sur le fond.”

Pourquoi exclure une alliance avec La France insoumise au second tour ?
“Je ne le souhaite pas parce que la cohérence politique est essentielle. Nous n’avons pas les mêmes priorités ni la même méthode. Notre projet articule transition écologique ambitieuse, soutien aux quartiers populaires et dynamisme économique. Pour financer des politiques sociales fortes, il faut une ville économiquement attractive. Ces équilibres ne sont pas toujours partagés.”

Pourtant, vos partenaires écologistes ou communistes ne sont pas si éloignés de LFI. La question ne se posera-t-elle pas le soir du premier tour ?
“Ils se sont engagés dans une union claire, construite sur un projet commun. Oui, nous avons des nuances, mais nous avons appris à les mettre en cohérence. Et surtout, nous avons un adversaire identifié : Rachida Dati. C’est face à elle que se structure le choix des Parisiens.”

Vous n’excluez pas qu’il se passe autre chose au soir du premier tour ?
Non, non, je l’exclus. L’obsession des accords tactiques détourne du débat principal. Les Parisiens veulent savoir ce que nous ferons pour leur logement, leur pouvoir d’achat et la qualité de vie. C’est cela qui doit primer.”

"Le silence de Rachida Dati sur une alliance avec Sarah Knafo est gênant et coupable"

Vous parlez d’une “vague brune” menaçant Paris. Pourquoi employer une expression aussi forte ?
“Parce que la situation est grave. Sarah Knafo appelle explicitement à une union des droites. Rachida Dati n’a jamais dit clairement qu’elle refuserait cette alliance. Ce silence entretient une ambiguïté politique majeure. L’alliance des droites est aujourd’hui le seul levier pour battre la gauche, et cela pose une question de fond sur le modèle de société que l’on veut pour Paris.”

En quoi ce modèle serait-il menacé ?
“Paris est une ville cosmopolite, historiquement façonnée par les migrations. C’est une capitale ouverte, solidaire, attachée aux libertés individuelles. L’extrême droite porte un projet opposé, notamment sur l’immigration. Je considère que cette confrontation dépasse la simple gestion municipale : elle concerne l’identité même de la ville.”

Vous accusez Rachida Dati d’incarner ce basculement ?
“Oui. Rachida Dati, c’est la droite dure, avec un socle idéologique réactionnaire. Elle s’est opposée au mariage pour tous et s’est abstenue sur l’interdiction des thérapies de conversion. On ne peut pas effacer ces positions. Derrière une image de modernité, il y a un projet de société conservateur.”

Vous parlez d’un “retour en arrière” si Rachida Dati l’emporte. Que voulez-vous dire ?
“Elle incarne un risque de retour en arrière spectaculaire, un peu à l’image de ce que fait Trump aux États-Unis. Mettre l’écologie de côté, exposer les plus vulnérables, fragiliser les équilibres sociaux, c’est cela que je refuse pour Paris.”

"Rachida Dati ne connaît rien aux dossiers sur Paris"

Votre objectif est-il 40% de logements sociaux à Paris ?
“Il faut être précis : nous visons 40% de logements publics, dont 30% de logements sociaux. Nous voulons également créer un nouveau segment destiné aux classes moyennes, afin d’éviter qu’elles quittent Paris faute de solutions accessibles. Cela suppose un effort structuré et durable.

Rachida Dati évoque un coût de 2 milliards d’euros pour 8.000 logements sociaux.
“Les chiffres que vous citez montrent à quel point elle ne connaît rien aux dossiers sur le plan technique. On parle plutôt de 200 à 300 millions d’euros par an selon les acquisitions foncières. Les montants avancés sont fantasques. Rachida Dati ne connaît rien aux dossiers et refuse le débat.”

Vous l’accusez de fuir la confrontation ?
“Oui. Avec les autres candidats, nous débattons devant les corps intermédiaires et les acteurs parisiens. Elle est planquée dans son ministère. Elle a une relation très distanciée aux dossiers parisiens et je pense qu’elle a peur de cet exercice démocratique où elle serait challengée sur sa connaissance du terrain.”

"Rachida Dati aurait dû démissionner ou être démissionnée depuis des mois"

Vous estimez qu’elle aurait dû quitter le ministère de la Culture ?
“Oui. Elle est renvoyée en correctionnelle pour corruption. Même si la présomption d’innocence s’applique, l’exigence d’exemplarité devrait conduire à se mettre en retrait. Elle aurait dû démissionner ou être démissionnée depuis des mois.”

Vous mettez en cause le président de la République ?
“Il porte une responsabilité morale et politique. Maintenir une ministre gravement mise en cause envoie un signal problématique aux citoyens, notamment aux plus jeunes, sur la notion de responsabilité publique.”

Vous évoquez une confusion des rôles.
“Oui. Être à la fois ministre, candidate et impliquée dans des procédures judiciaires crée un brouillage. La démocratie a besoin de clarté et d’exemplarité. C’est aussi pour cela que je demande un débat public transparent, afin que les Parisiens puissent comparer les projets et les parcours.”

Vous approuvez la démission de Laurence des Cars à la tête du Louvre ?
“J’en prends acte. Mais ce que cela montre, c’est qu’on a fait sauter un plomb. Les alertes sur le sous-financement du Louvre ont été nombreuses et longtemps négligées. La responsabilité du ministère et du gouvernement est immense. Quand on ne donne pas les moyens de bien faire le travail, il est difficile ensuite d’en faire porter toute la charge à la personne qui démissionne.”

Retrouvez "L’invité politique" chaque jour à 8h15 dans le Grand Matin Sud Radio

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