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Sarah Knafo veut "arrêter d'emmerder les Parisiens"

Par La rédaction

ENTRETIEN SUD RADIO - Sarah Knafo, candidate à la mairie de Paris et députée européenne Reconquête, était “L’invitée politique” sur Sud Radio.

Sarah Knafo
Sarah Knafo, interviewée par Jean-François Achilli sur Sud Radio, le 23 février 2026, dans “L’invité politique”.

Municipales à Paris, sondage IFOP-Fiducial, dynamique de la droite, alliance avec Rachida Dati, circulation automobile, logement social, train de vie des élus, polémique autour de La France Insoumise (LFI) et positionnement entre RN et LR. Au micro de Sud Radio, Sarah Knafo a répondu aux questions de Jean-François Achilli.

"Si Rachida Dati a envie de gagner, nous ferons alliance"

Jean-François Achilli pour Sud Radio : Vous êtes créditée à 11% d’intentions de vote au premier tour. Dans certains scénarios, une quadrangulaire ferait perdre la droite. Que ferez-vous au second tour ?
Sarah Knafo : “La première chose que je retiens, c’est une dynamique de droite. Je suis passée de 5% à entre 11 et 12%. Rachida Dati poursuit elle aussi une dynamique. Cela veut dire que la droite peut gagner à Paris et qu’elle doit gagner. On nous a fait croire que Paris était perdu pour toujours, c’est faux.”

Mais concrètement, resterez-vous si l’alliance ne se fait pas ?
“Je prône une alliance depuis le premier jour. Pour gagner Paris, il faudra être unis, mettre les ego et les querelles du passé de côté. Si Rachida Dati a envie de gagner autant que moi, nous ferons alliance. Ceux qui refuseront ma main tendue porteront une responsabilité.”

Huit électeurs sur dix disent pourtant que leur choix est déjà fait.
“Les opinions ne sont pas figées. Nous ne sommes qu’à la moitié de la campagne. Un mois, c’est immense. La démocratie permet de changer d’avis. Aux municipales, il ne faut pas faire 50% plus une voix, il faut faire 30%. À 30%, on gagne. La victoire est à portée de main.”

"Pierre-Yves Bournazel me fout le cafard !"

Pierre-Yves Bournazel refuse l’alliance. Est-ce un obstacle à la victoire de la droite ?
“Totalement. Il me fout le cafard. Quand j’écoute ses propositions, quand je vois son attitude, j’ai le sentiment qu’il est là exclusivement pour faire perdre les autres. C’est une gêne pour l’alternance.”

Vous l’accusez d’être “candidat contre” ?
“On voit bien qu’il est candidat en détestant tous les autres. Il arrive dans la campagne avec un livre pour taper sur les autres. Moi, mon livre, c’est un programme de 130 pages, tout est chiffré, tout est budgété. Mon objectif, c’est l’alternance, pas régler des comptes.”

Si vous arrivez en tête à droite, que ferez-vous ?
“Je tendrai la main aux autres. Aujourd’hui, le vote utile, c’est de voter pour moi, parce que je garantis l’union des droites au second tour.”

"Je suis la candidate qui veut le moins emmerder les Parisiens"

Vous voulez rouvrir les voies sur berge et rétablir le 80 km/h sur le périphérique. Êtes-vous la candidate pro-voiture ?
“Je suis la candidate pro-fluidité, la candidate pro-qualité de l’air. Je veux, comme disait Georges Pompidou, le moins emmerder les Parisiens.”

Comment justifiez-vous cette orientation alors que la mairie sortante met en avant l’écologie ?
“Aujourd’hui, l’amélioration de la qualité de l’air repose à 75% sur des innovations technologiques, notamment le changement des pots d’échappement et des modes de chauffage. Une voiture dans un trafic fluide pollue jusqu’à trois fois moins qu’une voiture dans les embouteillages. La fermeture des voies sur berge a recréé des îlots de pollution. Il faut se reposer sur la science et les experts, pas sur des mesures idéologiques.”

Quelles autres mesures proposez-vous ?
“Utiliser l’intelligence artificielle pour piloter les feux tricolores, simplifier le stationnement avec un tarif unique de 5 euros de l’heure, gratuité de la première heure pour les deux-roues et géolocalisation des places disponibles pour réduire les 20% de trafic liés à la recherche d’une place.”

"Les élus de Paris vivent aujourd’hui grassement des impôts des Parisiens"

Vous dénoncez le train de vie des élus. Que changerez-vous si vous êtes élue ?
“J’ai mené une enquête sur la manière dont les élus de Paris vivent aujourd’hui grassement des impôts des Parisiens. Il y a 31 adjoints à la mairie. Si je suis élue, il y en aura 10, avec des missions fortes et des profils rigoureux.”

Vous critiquez également les effectifs municipaux.
“La ville compte 55.000 agents. C’est plus que l’ensemble des préfectures de France. C’est indéfendable. À mesure qu’on perd des habitants, on gagne des fonctionnaires. Il y a un problème.”

Et sur le logement social ?
“Totalement, il faut mettre un coup d’arrêt à son développement. Nous avons atteint les 25% prévus par la loi SRU. La classe moyenne fuit Paris. Je veux plus de lisibilité dans l’attribution, sans passe-droits, et vendre 10% du parc social à leurs occupants pour favoriser la propriété.”

"Je suis à équidistance entre le RN et LR"

Vous êtes parfois classée à l’extrême droite. Comment vous situez-vous ?
“Évidemment non. Je suis une femme de droite, gaulliste. J’ai été formée par Marie-France Garaud. Je suis à équidistance entre les aspirations régaliennes de l’électorat RN et les aspirations de sérieux économique des électeurs LR.”

Après la marche en hommage à Quentin Deranque, que vous inspirent les propos de responsables de La France Insoumise ?
“C’est un scandale. Mathilde Panot ajoute de l’indécence à la tragédie. Comment peut-on parler de fierté dans un tel contexte ? C’est une honte.”

Vous mettez également en cause Jean-Luc Mélenchon ?
“Il a une responsabilité. On ne peut pas recruter pour des milices d’extrême gauche et parler ensuite de fierté. La France Insoumise n’est pas mon meilleur ennemi, c’est l’ennemi de tous les Français. Il faut les combattre dans le débat public et dans les urnes.”

Un mot enfin sur la direction du Louvre et la polémique après le braquage ?
“Ce qui me dérange, c’est que la directrice du Louvre, Laurence des Cars, soit toujours en poste. Cela fait plus de cent jours que le Louvre a été braqué d’une manière ridicule pour la France. Il faut la démettre de ses fonctions. Il faut montrer que, lorsqu’il y a un tel laisser-aller dans nos institutions, on peut perdre son poste.”

Retrouvez "L’invité politique" chaque jour à 8h15 dans le Grand Matin Sud Radio

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