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Ces médecins indignés par le texte sur la fin de vie : "On doit proposer le soin avant de proposer la mort"

TEMOIGNAGE SUD RADIO - Plus le texte sur l'euthanasie avance à l'Assemblée, plus il se radicalise et s'éloigne de l'intention initiale, s'inquiète Claire Fourcade, médecin, présidente de la Société française d’accompagnement et de soins palliatifs.

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Le texte sur l'euthanasie qui s'apprête à être voté a changé de nature. (Stéphane de Sakutin - AFP/Archives)

Le dossier sur la fin de vie engendre un large débat national. Les textes entourant l’aide à mourir et l’accès aux soins palliatifs vont faire l’objet d’un vote solennel des députés ce mercredi, sur des propositions de loi d'Olivier Falorni (groupe MoDem) créant un droit à l'aide à mourir et d'Annie Vidal (groupe macroniste Ensemble pour la République) sur les soins palliatifs. Le texte sur le renforcement de l’accès aux soins palliatifs enregistre une forte adhésion des élus, mais ce n’est pas le cas du texte visant à introduire le principe de l’aide à mourir. Certains médecins s’indignent d’un texte qui a écarté tous les garde-fous proposés en amendements.

"La réponse à la souffrance n’est pas la mort, mais le soin"

« Ce texte essaie de trouver une solution à la souffrance, résume Claire Fourcade, médecin, présidente de la Société française d’accompagnement et de soins palliatifs, auteure de Journal de la fin de vie, au micro de Patrick Roger sur l'antenne de Sud Radio. Je pense que ce n’est pas l’objet de la loi. C’est le travail des soignants. Ce texte dit à certains de nos citoyens « si vous voulez mourir, nous sommes d’accord pour vous faire mourir ». Il nous semble que la réponse à la souffrance n’est pas la mort, mais le soin."

"Là, le texte ouvre très largement le fait de choisir le moment de sa mort"

Certains voudront pour autant abréger leurs souffrances. "Le texte proposé au départ avait pour objet de proposer une solution à des situations exceptionnelles de souffrance. Là, le texte ouvre très largement le fait de choisir le moment de sa mort. Pas à des personnes en fin de vie, mais à des personnes qui ont encore des années à vivre."

"50% des personnes n’ont pas accès aux soins palliatifs"

"Au fur et à mesure des débats, on a assisté à un très important changement de nature du texte, souligne Claire Fourcade, médecin, présidente de la Société française d’accompagnement et de soins palliatifs. Il conduit beaucoup de députés à douter de leur vote cet après-midi. Je pense qu’actuellement en France, il n’y a pas de vrai choix : 50% des personnes n’ont pas accès aux soins palliatifs. On doit commencer par proposer le soin avant de proposer la mort."

"Il n’y a pas plus simple et binaire"

"Chaque jour, 500 personnes meurent sans y avoir eu accès. Elles n’ont pas été soulagées, et 500 familles restent avec le sentiment que cela ne s’est pas bien passé. Améliorer cette situation est une urgence." Faudrait-il plutôt faire un référendum, comme l’avait évoqué Emmanuel Macron ? "Il n’y a pas plus simple et binaire. C’est noir ou blanc. Nous, soignants, travaillons dans 50 nuances de gris. J’ai peur que le référendum polarise des situations qui sont d’abord des situations douloureuses et complexes."

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