Retranscription des premières minutes :
- « Midi 14h, Sud Radio, la France dans tous ses états, le fait du jour. » Le débat sur la fin de vie fait son entrée au Sénat aujourd'hui.
- Les sénateurs devront examiner en première lecture des propositions de loi sur l'aide à mourir et sur les soins palliatifs.
- Deux textes adoptés sans encombre à l'Assemblée nationale en mai 2025.
- Le vote solennel est prévu le 28 janvier, dans une semaine.
- Mais que comportent ces textes et surtout quelles conséquences sur la société française ce vote aurait-il vraiment ? On en parle avec Emmanuel Hirsch, auteur de « Euthanasie, le dernier acte » paru aux éditions du CERF.
- Bonjour professeur. Merci d'être avec nous sur Sud Radio aujourd'hui pour essayer de décrypter ce sujet à la fois douloureux, épineux et pourtant essentiel sur la fin de vie.
- D'abord, préalablement, comment doit-on définir cet enjeu ? C'est le droit à mourir ? C'est la fin de vie ? C'est l'euthanasie ? Est-ce qu'il y a des nuances, j'allais dire, sémantiques sur cette éthique ? J'aime bien votre question parce qu'en fin de compte, l'enjeu, c'est quel est le respect qu'on a pour une personne vulnérable en fin de vie ? Ce n'est pas la question de pour ou contre l'euthanasie.
- C'est quelle est l'attitude d'une société ? Quelles sont les valeurs d'une société ? Et vous avez les soins palliatifs qui, depuis une trentaine d'années, développent une approche qui est une approche en humanité.
- Et autrefois, la personne en fin de vie, en principe, avait un environnement social qui l'accompagnait jusqu'au bout.
- Dans les années 70, il y a eu la médicalisation de la mort et de la fin de vie.
- Et donc, la technicisation.
- Et à juste titre, les gens disaient, mais où est l'humanité ? Où est la relation ? Donc, pour répondre précisément à votre question, ce n'est pas la question de la fin de vie qui est importante, c'est la question de la vie.
- De la vie de personnes, quelquefois très âgées, quelquefois déjà exclues socialement.
- Et vous savez que les petits frères des postes disent aujourd'hui, 720 000 de nos aînés sont en situation de mort sociale.
- Quand vous regardez aussi les personnes qui ont des maladies évolutives, et leurs proches, ce n'est pas uniquement la personne, l'impact dans leur environnement, vous voyez que la réponse sociale, en termes de sollicitude et solidarité, est tout autre que la réponse en termes d'immunité.
- Le débat par rapport à ce qui se passe au Sénat et ce qui s'est passé à l'Assemblée nationale, c'est ce que la législation dont ils nous disposent, qui est donc une législation importante, la loi Claes-Leonetti de février 2016...
- Où en est-on, professeur, là-dessus ? Qu'est-ce qu'elle dit et quelle est aujourd'hui la situation légale réelle ? Le seul point, c'est qu'on a considéré qu'elle n'est pas assez loin pour un certain nombre de situations exceptionnelles, où la personne souffre sans qu'on ait véritablement la possibilité d'atténuer sa souffrance.
- La législation aujourd'hui, d'abord sur la philosophie de la loi Leonetti de 2005, pas d'acharnement thérapeutique, pas d'obstination déraisonnable, prise de décision collégiale, prise en compte de l'autonomie de la personne qui peut être effectivement capable de décider ce qu'elle souhaite, aller plus loin ou au contraire arrêter.
- Et puis un élément fondamental, si pour soulager une souffrance, on abrège l'existence, c'est la conséquence des produits qu'on donne, mais sans l'intention de tuer la personne, alors on va jusqu'au bout.
- La loi de 2016 est une loi un peu différente qui a rajouté, donc c'est Claes Leonetti, c'était François Hollande à l'époque qui était président de la République, et lui il voulait jusqu'à l'euthanasie, mais il y a eu la manif pour tous, donc il a été obligé de trouver un compromis.
- Et le compromis ça a été la sédation, que la sédation continue jusqu'au décès.
- Expliquez ce que c'est que la sédation.
- La sédation c'est-à-dire on endort la personne, d'un grand mot Jean Leonetti, qui était le parlementaire qui soutenait ce projet de loi, Jean Leonetti a dit la chose suivante, en fin de compte, la personne s'endort.
- Donc on donne des produits et la personne s'endort.
- Le seul problème, c'est...
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