Les cadres sont de plus en plus nombreux à s’arrêter de travailler pour raisons de santé. D’après le dernier baromètre de Malakoff Humanis, publié cette semaine, les arrêts maladie ont augmenté de 25,5 % entre 2019 et 2025. Des absences plus fréquentes, mais aussi plus longues, dans un contexte où les troubles psychiques prennent une place croissante.
“Une pression sur la santé mentale qui s’est accentuée après le Covid”
Pour Gérald Kierzek, médecin urgentiste et directeur médical de Doctissimo, cette dégradation est directement liée aux conditions de travail. “On constate, y compris aux urgences, une espèce de pression, d’environnement de travail qui est de plus en plus limite harcèlement ou en tout cas très stressogène”, explique-t-il pour Sud Radio.
Depuis la pandémie de Covid-19, de nombreux salariés évoquent une charge mentale plus importante, entre objectifs renforcés, surcharge numérique et difficulté à déconnecter. Une pression particulièrement forte chez les cadres, souvent exposés à des responsabilités plus importantes et plus de pressions.

“Le management est de plus en plus toxique”
Autre inquiétude soulevée par Gérald Kierzek : l’impact de l’intelligence artificielle sur le monde du travail. Selon lui, l’arrivée de ces nouveaux outils pourrait accentuer la mise en concurrence des salariés et renforcer la pression sur les performances.
“Le management est de plus en plus toxique pour des raisons de rentabilité”, alerte le médecin. Il estime même que cette tendance pourrait encore s’aggraver dans les prochaines années.
Un enjeu national
Dans ce contexte, la santé mentale s’impose désormais comme l’un des grands enjeux du travail post-Covid et pourrait être un enjeu important en vu de la prochaine présidentielle.