La France vit une année 2026 record en matière d'incendies. Le seuil des 115 000 hectares brûlés a déjà été franchi, un chiffre supérieur au cumul de l'année précédente et jamais atteint aussi tôt dans le calendrier. La Gironde est particulièrement frappée : les flammes y ont détruit près de 42 000 hectares de forêt et contraint plus de 200 000 habitants à évacuer leur domicile, malgré la mobilisation des pompiers.
Avant même de comptabiliser les pertes économiques indirectes, il faut financer les opérations de lutte contre le feu elles-mêmes. Les interventions de grande ampleur, comme celles menées à Fontainebleau ou au Cap-Ferret, ont représenté chacune une dépense comprise entre 10 et 12 millions d'euros pour les pouvoirs publics.
Interventions, tourisme, assurances : des incendies à plusieurs dizaines de millions d’euros
Mais l'impact ne s'arrête pas à l'extinction des flammes. La fréquentation touristique des zones sinistrées chute généralement d'environ 40 % l'année suivant un incendie majeur. Les feux d'Arcachon en 2022 avaient ainsi coûté plusieurs centaines de millions d'euros au secteur touristique local. Les entreprises, commerces de proximité et exploitations agricoles subissent eux aussi des pertes d'activité qui se chiffrent en dizaines de millions d'euros, la filière bois étant particulièrement exposée. En Gironde, la Chambre de commerce et d'industrie Bordeaux Gironde recensait dès vendredi dernier 6 700 entreprises directement affectées par les conséquences des incendies.
Pour les assureurs, l'incendie constitue le type de sinistre le plus onéreux à indemniser. Une maison détruite par les flammes représente en moyenne 15 000 euros de dédommagement, un montant qui s'accumule rapidement lorsque plusieurs centaines de foyers sont touchés simultanément.
Restaurer les forêts détruites a également un prix : entre 3 000 et 8 000 euros par hectare replanté. À cela s'ajoute une facture environnementale difficile à chiffrer comme les émissions de CO2 générées par les incendies. Elles avaient, à elles seules, représenté 200 millions d'euros lors de la saison 2022, sans compter les dégâts sur la biodiversité, la régulation de l'eau et l'équilibre des écosystèmes.
En Gironde, une cellule de crise économique réclamée
Face à l'ampleur des dégâts, le maire de Bordeaux, Thomas Cazenave, a demandé dimanche au gouvernement l'ouverture d'une cellule de crise pour venir en aide aux entreprises du territoire, évoquant même une question de survie pour certaines d'entre elles. Alors que la reprise du travail se posait dès le lundi suivant dans les zones évacuées, le maire a insisté sur « la question du retour au travail » pour les nombreuses entreprises situées dans les secteurs concernés par les évacuations. Le ministre de l'Économie, Roland Lescure, aurait répondu favorablement à cette demande.
Sur le terrain, la CCI Bordeaux Gironde a activé un numéro dédié pour orienter les entreprises en difficulté vers les dispositifs d'aide existants. Son président, Patrick Seguin, ne cache pas son inquiétude pour le tissu économique local, notamment les commerces liés au tourisme dont la saison est menacée. Il évoque déjà « des problèmes de survie d'entreprises » et plaide pour la création d'un fonds de solidarité girondin.