D'après l'étude Preply menée auprès de 2 000 personnes, 80% des Français souffrent de fatigue décisionnelle. Ce phénomène psychologique désigne la dégradation de la qualité de nos choix après une longue série de micro-décisions que l'on fait à longueur de journée, du matin au soir. Un ennemi invisible qui sabote nos objectifs et nous encombre l'esprit, au sacrifier toute ambition personnelle, de procrastiner et de souffrir de stress chronique.
Overdose cognitive et burn-out décisionnel
Cette enquête révèle une société française au bord de l'overdose cognitive et du burn-out décisionnel. En moyenne, les Français souffrent de fatigue décisionnelle 8,5 fois par mois, soit tous les 3 à 4 jours. Plus inquiétant encore, ces micro-choix provoquent un niveau de stress ou de fatigue mentale extrême environ 9 fois par mois.
Le top des décisions les plus épuisantes à prendre
Face à cette surcharge, nos mécanismes de défense sont radicaux : 37 % des sondés avouent procrastiner. 29 % choisissent systématiquement l'option la plus simple, même si elle n'est pas la meilleure. Et 18 % finissent par éviter totalement de prendre de nouvelles décisions.
Mais au quotidien, qu’est-ce qui nous coûte le plus cher en énergie ? Contrairement aux idées reçues, ce ne sont pas toujours les grands choix de carrière. Le classement des activités générant le plus de fatigue est édifiant :
1 - Faire le ménage et la lessive arrivent en 1ère position avec 22 % !
2 - Décider du menu (20 %)
3 - Se consacrer à ses objectifs personnels (15 %)
4 - Faire les courses (15 %)

La Génération Z la plus concernée
Le fossé générationnel est flagrant. La Génération Z (10-24 ans) est la plus touchée, ressentant ce stress 11,83 jours par mois, soit 87 % de plus que les Baby-Boomers (6,09 jours). En cause : le "paradoxe du choix" accentué par l'hyper-connexion et les plateformes de streaming ou de livraison, où l'infini des possibles finit par paralyser l'action.
Problème : la fatigue décisionnelle est le frein principal à l’épanouissement personnel. Il existe en effet un écart de 16 % entre l'intention et la réalité. Alors que les Français aimeraient travailler sur leurs objectifs 3,54 fois par semaine, ils n'y parviennent que 2,94 fois. "Chaque objectif doit rivaliser avec des milliers d'autres choix", précise l'étude. Lorsque le soir arrive, l'énergie mentale est si basse que l'on préfère scroller sur son téléphone plutôt que d'apprendre une langue ou de faire du sport.
Anticiper pour libérer l'esprit
Pour contrer ce fléau, la Dre Katie Crabtree préconise la réduction de la charge cognitive. L’idée est simple : décider à l'avance pour ne plus avoir à choisir sur le moment. Les remèdes plébiscités par les Français sont :
- 1 - L'exercice physique (30 %)
- 2 - Les pauses régulières (29 %)
- 3 - La mise en place d'une routine planifiée (24 %)
Comme le conclut l'étude, " lorsque le comportement est automatisé, il ne dépend plus de décisions, favorisant ainsi des progrès à long terme ". Des précisions simples et banales au premier abord, mais qui peuvent grandement contribuer à faire baisser cette fatigue décisionnelle comme commencer par simplifier ses matins, préparer sa tenue ou son repas la veille. Car moins de choix le matin, c'est plus d'énergie pour ce qui compte vraiment le soir.