La folie du running en France s'en finit plus de gagner du terrain ! En 2025, pas moins de 13 320 courses ont été organisées sur notre territoire : un record absolu. Du 5 km de quartier pour gagner un panier garnis au marathon de Paris et sa médaille, cette explosion d'événements traduit l’ancrage profond de la discipline dans le quotidien des Français.

"Le running est désormais une norme sociale"
Courir n’est plus une simple tendance passagère. En 2026, l’Observatoire du Running publié par l’Union Sport & Cycle pour la Fédération Française d'Athlétisme confirme un véritable basculement dans la pratique : 13,2 millions de Français déclarent avoir couru au moins une fois dans l’année. Soit un million de plus qu’il y a cinq ans. Un chiffre massif qui en dit long sur une évolution des modes de vie. Le running s’inscrit désormais dans les routines, comme Thomas croisé lors d’une pause déjeuner sur les quais de Seine : “Pour moi c’est une aération de l’esprit. Tu oublies tout, on a des œillères”
Le bien-être avant tout
Si, comme pour Thomas, le bien-être représente 55% des motivations à enfiler ses baskets. La pratique de la course à pied est motivé par d’autres facteurs : santé (50%), plaisir (42%), mais aussi compétition (39%) ou gestion du poids (24%).
Pour Virgile Caillet, délégué général de l’UESC (Union des Entreprises Sport et Cycle), le constat est sans appel : “Le running n’est plus un phénomène de société, c’est désormais une norme sociale, inscrite dans le quotidien de millions de Français.”
Une nouvelle génération de coureurs
Autre signal fort de cette transformation : le profil des runners évolue. En dix ans, la pratique s’est nettement rajeunie. La part des moins de 34 ans est passée de 30% à 41%, preuve que courir séduit de plus en plus tôt.
Dans le même temps, la féminisation s’accélère. Les femmes représentent désormais 37% des pratiquants, contre 28% il y a une décennie. Une progression qui change aussi l’image du running, longtemps perçu comme un sport masculin, et qui participe à son ancrage dans la culture populaire.

La digitalisation de la pratique
Impossible de comprendre ce boom sans regarder du côté des réseaux sociaux. Aujourd’hui, 75% des coureurs suivent des influenceurs running. Une génération de créateurs de contenus qui transforme profondément la pratique.
Ces influenceurs ne se contentent plus de partager leurs sorties : ils organisent des événements, fédèrent des communautés et participent à structurer un véritable écosystème économique. La créatrice de contenus Joggeuse résume cet engouement à notre : “ Je suis hyper contente de cette démocratisation. Moi, ça ne me dérange pas du tout que ce sport soit mis en lumière, qu'il y en ait plein, qu'il n'ait jamais couru, qu'il se mette à courir.”
Plans d’entraînement, défis collectifs, conseils nutrition ou storytelling de performances : tout passe désormais par Instagram, YouTube ou Strava. Résultat, courir devient aussi une expérience sociale et connectée.
Une “professionnalisation” de la pratique amateur
Autre mutation majeure : le niveau d’exigence des coureurs amateurs. Participer à une course ne suffit plus, il faut performer, progresser, optimiser et faire comme ceux qu’on voit sur Instagram.
Montres connectées, plans d’entraînement personnalisés, nutrition millimétrée : le running amateur emprunte de plus en plus les codes du sport de haut niveau. Même les débutants s’inscrivent dans des logiques de progression rapide, comme en témoigne le taux élevé de participation aux courses dès la première année.
Un marché toujours en croissance
C’est dans ce contexte de professionnalisation que l’économie du running explose. Elle est loin l’époque où l’on disait que le running était le sport le moins cher où une simple basket suffisait. C’est toujours le cas mais bien aidé par les marques, le marché du running est inondé de produits toujours plus innovants.
La dernière paire de chaussures avec une plaque carbone est essentiel ? Une montre dernier va-t-elle booster les performances ? Chacun se fait son propre avis mais un chiffre illustre cette dynamique : le marché du running affiche une croissance spectaculaire de 17%. Et cela alors que le commerce global d’articles de sport a légèrement reculé de 0,3% en 2025.