Chez Isabelle Larcade, l’athlétisme n’est ni un simple loisir ni une parenthèse de jeunesse, mais bien un fil conducteur. « C’est un sport qui m’a appris la persévérance, le dépassement de soi et l’esprit d’équipe », explique-t-elle. Des valeurs fondatrices, qu’elle retrouve des années plus tard lorsqu’elle inscrit sa fille de huit ans au club d’athlétisme de Saint-Jean-de-Luz et y retrouve « cette ambiance » si familière.
« Je m’affirme et je fonce »
Ce retour au stade agit comme un déclic. Face à un club fragilisé, la professeure des écoles choisit de s’y engager pleinement. Jusqu’à en prendre la présidence il y a dix ans. Son objectif est limpide : « transmettre une passion, créer une dynamique pour les athlètes, pour les familles et les bénévoles » tout en offrant « la possibilité aux jeunes de s’épanouir et de progresser ».
Si elle admet que certains « interlocuteurs masculins peuvent remettre en question la légitimité d’une femme qui dirige », la présidente âgée de 55 ans, ne « s’attarde pas sur ce type de comportement » précise-t-elle. « Je m’affirme et je fonce ».
Une double casquette sans horaires fixes
Mais cumuler un métier d’enseignante et la présidence d’un club de 410 licenciés n’a rien d’anodin. « C’est vrai que mon emploi du temps est bien rempli », confie celle qui se définit comme « une petite dormeuse » avec cinq heures de sommeil quotidien, de minuit à cinq heures du matin. Ainsi, ses matinées sont consacrées à l’école et « au suivi des élèves » mais une fois la classe quittée, c’est l’engagement associatif qui prend le relais.
Si elle « n’arrive pas à quantifier » le temps total de travail, Isabelle Larcade souligne qu’elle consacre du temps à ses « deux activités sans compter. On est toujours en train de penser à comment structurer ou organiser », décrit-elle, évoquant une charge permanente.
« C’est grâce à ce sport que je suis devenue celle que je suis »
Car au-delà des heures, c’est la passion de la transmission et du partage qui anime son engagement. « C’est grâce à ce sport que je suis devenue celle que je suis », confie-t-elle, soulignant combien l’athlétisme a façonné son parcours personnel. Aujourd’hui, son plaisir est donc de rendre ce qu’elle a reçu. « J’ai envie de transmettre tout ça », explique-t-elle, émue, en évoquant les jeunes du club. Elle rappelle que l’athlétisme est avant tout un cadre où l’on apprend « le plaisir de courir, de sauter et de lancer ».
Présidente de club : un rôle de coordination et de représentation
Puisqu’à la tête du club d’athlétisme de Saint-Jean-de-Luz, Isabelle Larcade occupe un rôle souvent méconnu, plus éloigné du terrain et des entraînements, mais primordial. Son action repose avant tout sur la coordination et la représentation. « Je suis en relation avec la mairie et les partenaires », afin de « sécuriser les créneaux » et « obtenir des subventions », essentielles au bon fonctionnement du club.
À cela s’ajoute l’organisation d’événements grand public, comme un 5 kilomètres ou « le premier Swim & Run de Saint-Jean-de-Luz ». Des initiatives qui permettent d’accroître la trésorerie de l’association pour financer les déplacements, rémunérer les entraîneurs, mais aussi « dynamiser la vie du club » et « attirer de nouveaux licenciés ».
Mais pour faire vivre le club, Isabelle Larcade n’est pas seule. La présidente peut compter sur un socle de bénévoles solides. Là où de nombreuses structures peinent à mobiliser du monde, la présidente « s’estime heureuse » de réunir, à chaque événement, « une trentaine de personnes » prêtes à s’engager. Car « sans eux, rien ne peut se faire », reconnaît-elle, soulignant l’importance du collectif dans la réussite d’un club de sport, même amateur.
« Parfois, on peut se retrouver seule »
Mais cet investissement, de temps et d’esprit, serait difficile à tenir sans un soutien familial fort. Et, là encore, Isabelle Larcade a « la chance d’avoir un mari qui partage la même passion » qu’elle. Lui aussi est passionné d’athlétisme. Lui aussi est bénévole et l’accompagne au quotidien dans un engagement commun. Ensemble, ils continuent de faire vivre le club, même si leur fille n’y est plus licenciée. « On continue à être là », explique-t-elle, présents pour « encourager les jeunes » lors « de toutes les compétitions ». Pourtant, malgré la passion, les moments de « découragement » existent.
« Ce n’est pas facile de gérer un club. Il y a des personnalités, du travail. Il y a toujours des choses à penser pour être visible et innover », souligne-t-elle. À cela s’ajoute, par moments, un sentiment d’isolement. « Parfois, on peut se retrouver seule », admet-elle, confiant même que l’idée d’arrêter lui a « déjà traversé l’esprit ». Mais si ces doutes sont bien réels, ils ne sont jamais durables. Car très vite, la réalité du terrain reprend le dessus et « le fait de voir ces enfants se transcender et progresser fait tenir le coup ».
« Accompagner chacun vers l’épanouissement »
Pour durer, Isabelle Larcade a donc appris à réserver du temps pour elle. Elle évoque des moments passés « dans un lieu très apaisant », qu’elle décrit comme « un véritable refuge », essentiel à son équilibre. Toujours sportive, elle pratique également la course à pied. « Le soir, c’est un moyen de me retrouver et d’évacuer toutes les tensions de la journée ».
Loin d’être une contrainte, « c’est un équilibre personnel »
Si elle devait résumer la philosophie de son engagement en quelques mots, Isabelle Larcade souhaite simplement « transmettre tout ce que le sport m’a apporté, et accompagner chacun vers l’épanouissement. Je veux que les gens se sentent bien et reconnus, quels que soient leur caractère et leurs différences ».
Toutes les informations sur l'opération de l'ARCOM "Sport Féminin Toujours 2026" : https://www.arcom.fr/actualites/sport-feminin-toujours-2026-loperation-de-larcom-pour-donner-plus-delan-au-sport-feminin-dans-les-medias-audiovisuels
NOS AUTRES PORTRAITS :
- Quand le sport façonne une vie : le parcours aligné de Monique Ewanjé-Epée : https://www.sudradio.fr/sud-radio/quand-le-sport-faconne-une-vie-le-parcours-aligne-de-monique-ewanje-epee
- Le sport, cette bouffée d'oxygène dans le métro-boulot-dodo de Zakeya Kerkour el-Miad : https://www.sudradio.fr/sud-radio/le-sport-cette-bouffee-doxygene-dans-le-metro-boulot-dodo-de-zakeya-kerkour
- Caroline Fruchaud, l'aventurière du parasport : https://www.sudradio.fr/sud-radio/caroline-fruchaud-laventuriere-du-parasport
- Cécile Hernandez, le sport comme refuge contre la maladie : https://www.sudradio.fr/sud-radio/cecile-hernandez-le-sport-comme-refuge-contre-la-maladie
- Pauline Ferrand-Prévôt, la championne toutes catégories : https://www.sudradio.fr/sud-radio/pauline-ferrand-prevot-la-championne-toutes-categories
- Angèle Hug, un double courant pour une seule ambition : https://www.sudradio.fr/sud-radio/usine-fibre-excellence-menacee-de-fermeture-saint-gaudens-ville-morte-demain