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Transports lyonnais : un calvaire pour les personnes handicapées

Par Emmanuel Mottet

TEMOIGNAGE SUD RADIO - Dans la métropole lyonnaise, des centaines de pannes d’équipements mécanisés font vivre un calvaire aux personnes en situation de handicap.

les personnes handicapées encore laissées pour compte

À Lyon, se déplacer en transports en commun reste un défi quotidien pour de nombreuses personnes en situation de handicap. En cause : la multiplication des pannes d’ascenseurs et d’escaliers mécaniques dans le réseau de transports. Selon un collectif d’usagers, plus d’une centaine d’équipements seraient actuellement hors service, soit près d’un tiers du parc existant. Et ça, depuis 18 mois.

Invité sur Sud Radio, Antoine, utilisateur de fauteuil roulant, témoigne d’un quotidien entravé par ces dysfonctionnements répétés au micro d'Anthony Martins-Misse dans "Faut que ça change". "Dès qu’on essaie de prendre le métro, soit à l’entrée soit à la sortie, cela implique des détours, du temps perdu, parfois même de devoir changer de station", explique-t-il. Une situation qui concerne non seulement les personnes en fauteuil roulant, mais aussi les personnes âgées ou les parents avec poussette.

"Beaucoup finissent par rester chez eux"

Contrairement au métro parisien, le réseau lyonnais est conçu pour être accessible. Mais cette accessibilité repose sur le bon fonctionnement des équipements. "Quand un ascenseur tombe en panne, c’est l’enfer", résume Antoine. Certaines pannes durent depuis plusieurs mois, obligeant les usagers à allonger considérablement leurs trajets.

Le problème est d’autant plus important pour les utilisateurs de fauteuils électriques. "Le mien pèse environ 230 kilos. Il est impossible à porter", précise Antoine. Résultat : des heures perdues et une fatigue quotidienne. "Moi, je continue à sortir, mais beaucoup finissent par rester chez eux", regrette-t-il.

Un problème pour l’ensemble des personnes à mobilité réduite

Virginie Dubost, en situation de handicap, souligne le caractère humiliant de certaines situations. "Quand les ascenseurs sont en panne, on devient un problème à résoudre. On voulait juste aller d’un point A à un point B", explique-t-elle. Elle rappelle aussi que ces difficultés ne concernent pas uniquement le handicap, mais l’ensemble des personnes à mobilité réduite.

L'héritage des Jeux ? "On a l'impression que tout s'est arrêté"

Tous deux regrettent que les efforts réalisés pendant les Jeux Olympiques et Paralympiques n’aient pas été pérennisés. "Pendant les Jeux, il y avait les pièces de rechange. Aujourd’hui, on a l’impression que tout s’est arrêté", déplore Antoine. À l’approche des Jeux d’hiver de 2030 dans les Alpes françaises, les collectifs appellent à des investissements durables dans la maintenance des équipements.

Pour les personnes concernées, l’accessibilité ne peut rester un objectif affiché mais conditionnel. "L’accessibilité n’est pas un confort, c’est un droit", rappelle Virginie Dubost.

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