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Loi anti Shein, Temu et Ali Express : le fiasco sidérant de la taxe de 2€ sur les petits colis

Par La rédaction

TEMOIGNAGE SUD RADIO - Depuis le 1er mars et la mise en place d'une taxe de 2€ sur les petits colis importés de Chine par avion, les géants comme Temu, Shein ou AliExpress ont trouvé la parade en désertant les aéroports français au profit de la Belgique et des Pays-Bas. Le PDG d'une société spécialisée dans le dédouanement des colis de l’e-commerce témoigne de cette chute brutale et vertigineuse d'activité.

petits colis

Depuis le 1er mars, la France impose une taxe de deux euros sur les petits colis importés sur son sol depuis un pays situé hors de l'Union européenne. Elle vise directement les plateformes comme Temu, Shein ou AliExpress pour freiner l'arrivée massive de produits à bas prix par avion. La taxe de 2 euros sur les petits colis venus de Chine semblait être une idée "lumineuse" de Bercy. Mais elle était facile à détourner. De quoi en faire un enfer économique, mais aussi écologique…

La société Clevy Links de Frédéric Campagnac, spécialisée dans le dédouanement des colis de l’e-commerce à l’aéroport de Roissy, dégringole par exemple depuis le 1er mars et l’instauration de cette taxe ciblant la concurrence déloyale des géants asiatiques de l’e-commerce, comme l'explique son PDG, Frédéric Campagnac, au micro de Sud Radio.

Un chiffre d'affaires en chute libre

Cette taxe visait clairement des plateformes comme Temu, Shein ou AliExpress. Elle concernait tous les colis arrivant en France par avion. Résultat : les spécialistes du dédouanement des colis à Roissy ont vu leur chiffre d’affaires s’effondrer littéralement. "Cela a eu impact total sur notre activité, constate Frédéric Campagnac, fondateur et PDG de Clevy Links, société de dédouanement des colis, au micro de Patrick Roger sur l'antenne de Sud Radio. Nous n’avons plus un seul colis dédouané depuis le 1er mars. Plus un colis d’e-commerce. Nous avons perdu 95% de notre activité. Nous sommes un acteur spécialisé depuis une quinzaine d’années."

"Nous n’avons plus un seul colis dédouané depuis le 1er mars"

"Nous étions devenus le leader en France, notamment en reprenant des volumes venus de Belgique et des Pays-Bas. Il n’y avait que deux acteurs français, La Poste et nous. Il a fallu que l’on travaille très dur avec l’aéroport et les compagnies aériennes pour rapatrier pas mal de volume sur la France. Le balancier s’est entièrement retourné, et tout ce que nous avions bâti est reparti." A-t-il rencontré le ministre du commerce, Serge Papin ? "Pour le moment, je n’en ai pas eu l’occasion. Je pense même qu’ils sont très gênés de me rencontrer. J’ai juste rencontré son conseiller."

Les avions cargos chinois sont partis

"Les objectifs de la taxe étaient tout à fait louables, et nous sommes un acteur des objectifs qu’ils recherchaient. Notre problème n’est pas la taxe, mais qu’elle soit appliquée seulement en France." En effet, désormais, les avions cargos chinois atterrissent ailleurs en Europe… et les colis prennent la route ! "J’ai vu sur des images prises à Liège les avions d’une compagnie aérienne qui, avant, atterrissaient à Roissy. Il y a eu un départ quasi total des avions cargos chinois pour les autres pays européens."

Vers une taxe européenne en novembre

Son entreprise va-t-elle pouvoir survivre à cette situation ?"Cette taxe est censée être temporaire jusqu’en novembre, quand l’Union Européenne devrait mettre en place une taxe équivalente, rappelle Frédéric Campagnac, fondateur et PDG de Clevy Links, sur l'antenne de Sud Radio. Le coût de la taxe est de 2 euros, le surcoût en camion par article est de un centime maximum…" Mais rien n'indique que cette taxe sera plus contraignante pour les géants chinois d'e-commerce puisqu'elles ont déjà anticipé l'acheminement de tous leurs produits via des entrepôts géants basés en Pologne...

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