single.php

Agnès Pannier-Runacher : "Le PS est en voie d’effacement"

Par La rédaction

ENTRETIEN SUD RADIO - 2ème tour des municipales, alliance PS-LFI, carburants : Agnès Pannier-Runacher, députée Ensemble Pour la République du Pas-de-Calais et ancienne ministre, était “L’invitée politique” sur Sud Radio.

Agnès Pannier-Runacher
Agnès Pannier-Runacher, interviewée par Jean-François Achilli sur Sud Radio, le 18 mars 2026, dans “L’invité politique”.

Accords PS-LFI aux municipales, résultats électoraux, stratégie d’Olivier Faure, recomposition politique et avenir du bloc central. Au micro de Sud Radio, Agnès Pannier-Runacher a répondu aux questions de Jean-François Achilli.

"Le RN et LFI ne font pas de percées aux municipales, c’est faux"

Jean-François Achilli pour Sud Radio : Comment analysez-vous les accords de second tour entre le Parti socialiste et La France insoumise dans les grandes villes ?
Agnès Pannier-Runacher : “D’abord, je voudrais qu’on prenne un pas de recul sur les résultats de ces élections municipales. Plus de 90% des communes ont aujourd’hui un maire, et ces maires sont, pour plus de 90%, des maires modérés. On a entendu ces dernières 48 heures que le RN et LFI faisaient des percées : c’est faux, ce n’est pas la réalité de la France.”

Que voulez-vous dire par là ?
“À force de se concentrer sur des situations spécifiques, on oublie l’image globale. On reprend le narratif du Rassemblement national qui parle de conquête, et celui de La France Insoumise qui donne le sentiment d’avoir gagné. C’est faux. LFI fait dix fois moins de voix que la gauche modérée. On parle d’environ 600.000 voix contre plus de 5 millions. Il faut remettre les chiffres en perspective.”

Ces résultats remettent-ils en cause la lecture politique dominante ?
“Oui, totalement. La réalité du pays, c’est un vote modéré. Les extrêmes essaient d’imposer un récit qui ne correspond pas aux faits. Dans les chiffres, seuls 2% des communes sont remportées par le RN et moins de 0,5% par LFI. Ce n’est pas une vague, c’est une illusion entretenue.”

"La crédibilité du PS et d’Olivier Faure est totalement remise en cause. Le PS est en voie d’effacement"

Que vous inspirent les accords entre le PS et LFI ?
“Ce sont des accords contre-nature. Aujourd’hui, la crédibilité du Parti socialiste et d’Olivier Faure est totalement remise en cause. Il avait fixé une ligne rouge sur les accords avec LFI, et au moment décisif, il les laisse passer. C’est inacceptable.”

Olivier Faure tient-il un double discours ?
“Bien sûr. Il affirme qu’il n’y aura pas d’accord avec LFI avant le premier tour, et en 48 heures, il valide 14 accords. Face à des listes qui n’ont rien à voir avec l’extrême droite. On ne peut même pas invoquer un barrage républicain.”

Ces accords étaient-ils justifiés politiquement ?
“Non. À Nantes, à Toulouse, ces alliances se font face à des listes modérées. Il n’y a aucun risque pour la démocratie. Faire barrage à quoi ? À qui ? On parle de stratégies d’appareil, de gens qui cherchent des postes. Et pendant ce temps, ils effacent le Parti socialiste.”

Peut-on parler d’une faute stratégique ?
“Oui, clairement. Le PS est tombé dans le piège de LFI. Le PS est en voie d’effacement. Et c’est une erreur majeure d’Olivier Faure, car aujourd’hui plus personne ne peut faire confiance à la parole des instances nationales du PS.”

Certains socialistes ont-ils résisté ?
“Oui, heureusement. François Hollande, Jérôme Guedj, Benoît Payan, Emmanuel Grégoire ou encore Place publique ont été très clairs. Certains ont même retiré leurs candidats pour ne pas cautionner ces accords. Cela prouve qu’il est possible de tenir tête à LFI.”

"Sarah Knafo est une bulle qui a été entretenue par certains médias"

À Paris, la présence de certaines figures a-t-elle brouillé le paysage politique ?
“Sarah Knafo est une bulle qui a été entretenue par certains médias et réseaux sociaux. Elle était annoncée très haut, et elle termine finalement en difficulté pour se qualifier. Cela montre bien le décalage entre le récit médiatique et la réalité électorale.”

Son appel à voter à droite pose-t-il problème ?
“Non. C’est une candidate d’extrême droite, et comme souvent dans ces cas-là, elle appelle à l’alternance face à la gauche. Cela ne transforme pas pour autant les listes de droite en listes d’extrême droite. Il faut remettre les choses à leur place.”

Comment analysez-vous la situation à Paris ?
“Nous sommes face à un choix démocratique entre une liste de droite et de centre modéré et une liste de gauche modérée. Il n’y a pas de confusion. Chacun prend ses responsabilités. Certaines personnalités choisissent d’y aller, d’autres non, et c’est respectable.”

"Le bloc central est en situation de rassembler de Xavier Bertrand à Raphaël Glucksmann"

Le bloc central sort-il affaibli de ces municipales ?
“Non, absolument pas. C’est un narratif faux. Dans de nombreuses villes comme Bordeaux, Annecy, Arras, Calais ou Saint-Omer, le bloc central réalise des scores très élevés. Nous avons plus d’élus qu’en 2020, ce qui est significatif pour un mouvement jeune.”

Comment interprétez-vous la recomposition politique en cours ?
“Le Parti socialiste a perdu toute crédibilité en s’alliant avec LFI. Cela ouvre un espace politique. Aujourd’hui, le bloc central est en situation de rassembler de Xavier Bertrand à Raphaël Glucksmann. C’est cet arc républicain qui doit structurer la suite.”

Faut-il reconstruire une force politique commune ?
“Oui. Tous ceux qui refusent les alliances avec l’extrême droite comme avec l’extrême gauche doivent se parler. Une élection, c’est une addition. Et cette addition doit se faire entre la droite modérée et la gauche responsable.”

Et pour 2027, qui peut incarner ce rassemblement ?
“Le jeu s’ouvre. Aujourd’hui, aucune candidature n’est totalement arrêtée. Il y a plusieurs personnalités, et l’objectif est de faire émerger la meilleure candidature possible. Mais ce qui compte, c’est la capacité à rassembler largement.”

François Hollande ou Édouard Philippe peuvent-ils jouer un rôle ?
“Bien sûr. François Hollande doit aussi tendre la main. Édouard Philippe est évidemment une personnalité importante. Mais encore une fois, tout se jouera sur la capacité à construire une coalition large et cohérente.”

Retrouvez "L’invité politique" chaque jour à 8h15 dans le Grand Matin Sud Radio

Cliquez ici pour écouter "L’invité politique"

Toutes les fréquences de Sud Radio sont ici !

L'info en continu
08H
06H
05H
04H
03H
23H
22H
21H
19H
Revenir
au direct

À Suivre
/