`« Vous êtes complètement fou ! ». Tels sont les mots que Donald Trump aurait dit au Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou, selon le média américain Axios. Ce lundi, lors d’un échange téléphonique, il semblerait que les relations se soient fortement détériorées entre les deux dirigeants. Alors qu’ils paraissaient unis, soudés et alignés malgré quelques divergences, la volonté offensive du Premier ministre israélien sur Beyrouth semble avoir eu raison de leur relation.
« Tout le monde déteste Israël ! »
« Tout le monde te déteste maintenant. Tout le monde déteste Israël à cause de ça », aurait lancé le président américain à Netanyahou, selon Axios. À travers cette citation, Trump faisait référence à l’intensification des opérations militaires israéliennes au Liban, dans le but d’éliminer le plus grand nombre possible de représentants du Hezbollah. La goutte d’eau qui aurait fait déborder le vase serait la volonté du Premier ministre israélien de s’attaquer à la banlieue de Beyrouth.
Pour Donald Trump, ces affrontements à répétition entre Israël et le Hezbollah, malgré les nombreuses tentatives de négociation, posent un véritable problème. L’Iran affirme que tout accord signé avec les États-Unis devra impérativement prévoir l’intégration du Liban au cessez-le-feu. Les intérêts américano-israéliens semblent donc bel et bien diverger de plus en plus.
Plus de 3400 personnes tuées au Liban
Malgré ces indiscrétions, le bureau de Benjamin Netanyahou a déclaré que, « si les attaques du Hezbollah ne cessaient pas », l’armée n’hésiterait pas à viser Beyrouth.
Alors pourquoi le Premier ministre israélien se permet-il, malgré les avertissements et le mécontentement de son allié, de poursuivre ces offensives ? Plusieurs pistes pourraient l’expliquer, alors que depuis le 2 mars, plus de 3 400 personnes ont été tuées au Liban par l'armée israélienne.
Trump à la botte de Netanyahou et sous la pression de Tsahal ?
Et le Premier ministre israélien ne compte pas s'arrêter là, lui qui compte bien intensifier ses frappes sur le Liban car en octobre, des élections auront lieu et pourraient l'éjecter du gouvernement. De plus, Netanyahou sait que les États-Unis ne sont pas fondamentalement opposés à ses offensives au Liban tant que l’Iran ne jouera pas pleinement le jeu des négociations. Enfin, certains experts estiment qu'Israël tient Trump en étau puisque le Mossad détiendrait des preuves accablantes sur l'implication de Donald Trump dans l’affaire Epstein.
Cependant, Israël importe près de 70 % de ses armes conventionnelles auprès des États-Unis, selon l’Institut international de recherche sur la paix de Stockholm. Tsahal reste donc très dépendante du pays longtemps surnommé le « gendarme du monde » et ne peut s'en passer, s'il souhaite dérouler jusqu'au bout son plan.