Des milliers de personnes ont défilé à Narbonne dimanche pour honorer la mémoire de Louis, battu à mort fin juin, lors d'un hommage très politique où la mère de l'adolescent tué a réclamé un durcissement de la justice pénale, en présence notamment des personnalités d'extrême droite Eric Zemmour et Marion Maréchal.
La foule compacte et majoritairement vêtue de blanc, environ 4.500 personnes selon la police, s'est rendue depuis l'hôtel de ville jusqu'au chantier où Louis, 17 ans, a été abandonné par ses agresseurs, avant de succomber à ses blessures trois jours plus tard à l'hôpital.
"La racaille en prison, ni oubli ni pardon" ou "Français, défends-toi, tu es ici chez toi", a-t-on pu entendre dans le cortège parsemé de drapeaux tricolores.
"Serons-nous les prochains?", interrogeait une pancarte elle aussi bleu-blanc-rouge.
- Colère froide -
Arrivée devant le lieu du drame, la mère de Louis, qui n'a pas souhaité donner son nom, et sa soeur Marie-Julie Marteau, assistante parlementaire du député RN du Var Philippe Lottiaux, ont pris place sur un porche légèrement surélevé.
Une marche blanche en mémoire de Louis, adolescent de 17 ans battu à mort fin juin lors d' un guet-apens, le 5 juillet 2026 à Narbonne, dans l'Aude
Valentin GRAFF - AFP
Les organisateurs ont alors diffusé une chanson, "Maman", dont les paroles ont été écrites par Macéo Berjamin, dit Melozeus: "Maman, écoute, j'ai trop de choses sur le cœur, combien de fois tu as essuyé mes pleurs?" en hommage au jeune homme, grand amateur de guitare selon sa famille.
Dans la foule silencieuse, des reniflements et de grosses larmes qui roulent sur les joues.
"Ta guitare est toujours à la maison, elle restera silencieuse comme toi, désormais", a d'abord lâché, très émue, la mère de Louis.
Avant qu'une colère froide ne remplace les sanglots.
"Je ne veux plus entendre parler d'excuses de minorité (...) Parce que toi aussi, mon fils, tu avais une vie à construire, un avenir à créer. Ce n'est pas entendable que tes assassins ne passent que huit, dix ans de prison ou vingt pour les plus âgés, sans parler de remises (de peine) pour bonne conduite", a-t-elle d'abord déclaré.
Cinq jeunes, dont trois mineurs âgés de 16 à 19 ans, ont été mis en examen pour tentative d'assassinat et placés en détention provisoire.
La mère de Louis (c) lors d'une marche blanche en mémoire de son fils, le 5 juillet 2026 à Narbonne, dans l'Aude
Valentin GRAFF - AFP
"Je me battrai pour qu'ils prennent tous 30 ans de peine ferme. Incompressible", reprend-elle sous un tonnerre d'applaudissements
"Justice pour Louis", scande la foule à tue-tête.
"Nous allons redonner tout son sens au mot perpétuité, je le ferai pour toi mon fils", reprend-elle.
"La peine de mort!", s'écrie soudain un homme. "Oh non, ce n'est pas le moment", lui répond une femme, tandis que de nombreuses personnes lui intiment de se taire.
- Bain de foule -
Après la prise de parole, la famille s'éclipse et la foule réalise qu'Eric Zemmour se tient là, à quelques mètres du podium improvisé. Chacun se presse vers le président de Reconquête, qui enchaîne les selfies et serre des mains.
Le président de Reconquête, Eric Zemmour, lors d'une marche blanche en mémoire de Louis, adolescent de 17 ans battu à mort fin juin lors d'un guet-apens, le 5 juillet 2026 à Narbonne, dans l'Aude
Valentin GRAFF - AFP
"C'est plus qu'une marche blanche, c'est vraiment un cri de révolte, un cri de colère, en fait, et ça, il faut que le gouvernement entende bien ce message", dit à l'AFP Gabrielle Péré, venue de Nice, la soixantaine et un drapeau français noué comme un foulard autour du cou, et qui "souhaite" le rétablissement de la peine de mort.
Une peine capitale que la foule a à de nombreuses reprises appelée de ses voeux tout au long de la marche blanche.
Quelque 400 identitaires faisaient partie du cortège, selon la police, soit plus que lors du précédent rassemblement, une semaine plus tôt, auquel la famille n'avait pas souhaité s'associer pour éviter "toute récupération politique".
Samedi, environ 500 personnes avaient marché à Carcassonne à l'appel du père de Louis, Nicolas Hervé, lors d'un hommage moins marqué politiquement.
Par Valentin GRAFF / Narbonne (AFP) / © 2026 AFP
#Narbonne #Louis #Justice #March #France