Née entre la fin des années 1990 et le début des années 2010, la Génération Z est considérée comme la première génération du numérique. Beaucoup de clichés circulent concernant le manque d’envie de travailler ou encore la relation aux écrans… Pierre-Étienne Bost, co-auteur d’une étude pour OpinionWay sur 1 000 jeunes actifs, est venu décrypter ces préjugés à l’antenne de Sud Radio, au micro de Vanessa Pérez dans « Le numérique pour tous ». Christa James, 24 ans, représentante de la Gen Z, a elle aussi donné son avis.
Le travail aussi important que pour les autres classes d'âge
Selon lui, pour les jeunes, le travail est plutôt important. Il l’est « au même niveau que les autres classes d’âge ». Une vision partagée par Christa James, qui constate un problème pour se faire embaucher : « Je trouve ça complètement dommageable de ne pas pouvoir continuer des études qu'on aime et trouver un métier, contrairement aux idées reçues ». Une parole qui témoigne de l’envie des jeunes d’entrer dans la vie active.
Pierre-Étienne Bost nuance tout de même : « Ce n'est pas la priorité comme ça a pu l'être pour d'autres générations avant. Le travail va être quelque chose qui sera arbitré par rapport à d'autres éléments de la vie, comme les loisirs, la famille, les amis, etc. »
« L’équilibre » entre la vie privée et le travail
Il dévoile, en revanche, à la lumière des résultats de son étude, une approche différente du travail : « Pour eux, le télétravail, permis par les outils numériques, est quelque chose de complètement ancré, mais qui ne va pas être attendu de manière complète et absolue, dit-il au micro de Sud Radio. Il y a cette importance du lien qui fait que ce ne sont pas ces générations Z qui vont demander cinq jours de télétravail par semaine. Ils sont aussi dans cette recherche d’équilibre à ce niveau-là. »
L’équilibre est un mot qui revient également dans la bouche de Christa James, représentante de la Gen Z : « Je pense qu'il faut donner leur chance aux jeunes, leur faire confiance, trouver un certain équilibre. Si on nous en donne les moyens, on peut trouver un équilibre et apporter de belles choses et de belles contributions », explique-t-elle.
Une génération impliquée mais volatile
La question de la volatilité chez la Gen Z est évidemment un sujet. Pas question de rester 40 ans dans la même entreprise ! Mais est-ce vraiment le cas ? « Il y a une part de vérité (…). Quand on fait certaines enquêtes, ce qu'ils détesteraient le plus, ce serait de rester bloqués 10 ans dans la même boîte ou de faire 10 ans le même métier. »
Un argument donne du crédit à cette volatilité : « On va retrouver cette dimension un peu transactionnelle : “Je suis engagé, mais (…) s’il n’y a plus de réponse à mes attentes, je vais être tout à fait capable de partir, d’aller voir ailleurs”, sans ces enjeux de parcours ou de carrière qui ont pu animer certaines générations précédentes. »
« Plus collaboratif, plus participatif »
Il y a aussi la question de l’ambiance au travail. Selon le co-auteur de l’étude, diriger de manière trop directive n’est pas la solution. Il explique : « Ces jeunes ont des attentes tournées vers quelque chose de beaucoup plus collaboratif, beaucoup plus participatif, où il va falloir davantage expliquer et discuter. »
Christa James corrobore cette conclusion de l’étude : « Pour moi, c'est vraiment nécessaire. J'ai eu la chance, dans mon dernier stage, d'avoir une manageuse avec qui j'ai pu réellement parler et communiquer. (…) L’important, c’est de se comprendre les uns avec les autres. »