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Coupe du monde 2026 : Fouilles, contrôles,... À quel comité d'accueil pourraient s'attendre les Bleus à leur arrivée aux États-Unis ?

Par Quentin Barbaza

À quelques heures de leur arrivée aux États-Unis pour la Coupe du monde 2026, les Bleus s'apprêtent à découvrir un pays déjà au cœur de nombreuses polémiques. Refus de visas, contrôles renforcés, accusations de fouilles au faciès : le Mondial démarre dans un climat particulièrement tendu.

Des contrôles poussés de police sont à prévoir pour l'équipe de France à leur arrivée aux Etats-Unis pour la Coupe du monde 2026 (Photo by Cristopher Rogel Blanquet / Getty Images South America / Getty Images via AFP)

L'équipe de France s'envole ce mercredi pour les États-Unis avec le statut de prétendante au titre mondial. Sur le terrain, les Bleus espèrent entrer dans cette Coupe du monde 2026 de la meilleure des manières (face au Sénégal, le mardi 16 juin à 21h). Mais avant de penser au sportif, il faudra déjà réussir à entrer sur le sol américain de façon officielle et surtout, sans encombre après ce qu'ont vécu certaines sélections nationales ces dernières heures...

Une arrivée sous surveillance

Les Bleus débarqueront ce soir aux alentours de 20 heures (heure française) à l'aéroport international de Boston et devront passer les contrôles menés, pour cette édition, directement sur le tarmac. Une façon de faire inhabituelle lors des grandes compétitions internationales où d'ordinaire, les délégations sont accueillies dans la joie, la célébration et une certaine forme de légèreté. Mais cette fois, le contexte est tendu.

Fouilles au corps à la descente des avions, documents scrutés durant de longues minutes et parfois refusés, interrogatoires prolongés... Des vérifications indignes et zélées pour des nations engagées dans une compétition sportive du calibre de la Coupe du monde de football, et qui font polémique. De son côté, Washington justifie ces mesures par des impératifs de sécurité dans une situation diplomatique mondiale en tension.

Des contrôles discriminatoires ?

Élargi à 48 équipes pour la première fois de l'histoire, ce Mondial devait être une compétition où le « football rassemble le monde entier », selon le slogan de la FIFA. Pourtant, dès les premières minutes passées sur le sol américain, certains pays qualifiés ont déchanté et les inégalités de traitement entre les pays ont resurgi.

La sélection ouzbèke, par exemple, qualifiée pour la première fois de son histoire, a connu un accueil plutôt honteux. Dans une vidéo publiée par ESPN, à leur descente de leur bus, les membres de la délégation ont été priés de vider leurs poches et ouvrir leurs bagages. Ils ont été fouillés à l'aide d'un détecteur de métaux. Leurs sacs à dos ont également été contrôlés par des chiens renifleurs. 

Détecteurs de métaux ou en position sur une chaise

Le Sénégal, premier adversaire des Bleus, est arrivé ce lundi et s'est vu directement contrôlé de manière poussée. Sur une vidéo tournée par une journaliste sénégalaise, Pathé Ciss, milieu de terrain sénégalais du Rayo Vallecano, s'est assis sur une chaise au milieu du tarmac et a été fouillé de la tête aux pieds à l'aide d'un détecteur de métaux. Le sélectionneur Pape Thiaw a subi le même sort.

15 encadrants iraniens "refusés d'entrée"

L'Iran figure parmi les pays les plus touchés. Si les joueurs ont finalement obtenu leurs visas, quatorze à quinze membres de l'encadrement et de l'administration de la fédération iranienne se sont vu refuser l'entrée sur le territoire américain. Parmi eux figureraient notamment plusieurs dirigeants clés de la fédération. Face à cette situation, Téhéran a décidé d'installer son camp de base à Tijuana, au Mexique, afin de limiter sa présence aux États-Unis.

La fédération iranienne a dénoncé ce qu'elle considère comme "un traitement discriminatoire". Son président, Mehdi Taj, a évoqué "un comportement vindicatif" des autorités américaines et a saisi la FIFA sur le dossier.

Cette accumulation d'incidents nourrit un malaise grandissant autour du Mondial 2026. Plusieurs sélections ont désormais le sentiment que tous les participants ne sont pas accueillis de la même manière sur le territoire du principal pays hôte.

KENZO TRIBOUILLARD - AFP/Archives

L'affaire Omar Artan fait déjà scandale

Mais le symbole le plus frappant de ces polémiques reste sans doute l'affaire Omar Abdulkadir Artan.

L'arbitre somalien, élu meilleur arbitre africain en 2025 et sélectionné par la FIFA pour officier durant la Coupe du monde a été refoulé à son arrivée à Miami malgré un visa valide et son accréditation officielle. Après onze heures d'interrogatoire, il a finalement été renvoyé hors du territoire américain.

L'intéressé n'a pas caché son incompréhension. « J'avais les bons papiers et le bon visa », a assuré l'arbitre somalien. Il a été soumis à "un contrôle supplémentaire, une procédure de routine" selon un porte-parole des services américains des douanes et de la protection des frontières (CBP), interrogé par L'Equipe. À l'issue de ce contrôle, il a été jugé "inadmissible" en raison de "problèmes liés à la vérification de ses antécédents"

"J'essaie de vivre mon rêve, le plus grand rêve de ma vie"

« Je suis très déçu, a-t-il déclaré au New York Times. Je suis simplement un arbitre qui essaie de vivre son rêve, le plus grand rêve de ma vie. » Cette affaire est déjà le symbole d'un Mondial confronté aux réalités de la politique migratoire américaine.

Interrogée sur le sujet, la FIFA s'est contentée de rappeler qu'elle ne "contrôlait pas les décisions d'immigration prises par les États-Unis".

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