Né en 1953 à Brooklyn, Jeffrey Epstein n’est pas issu des grandes dynasties américaines. Après des études inachevées, il débute sa carrière dans les années 1970 comme professeur de mathématiques avant d’entrer chez la banque d’investissement Bear Stearns. Il y gravit rapidement les échelons et se spécialise dans la gestion de patrimoine pour une clientèle extrêmement fortunée et fonde sa propre structure de gestion financière dans les années 80. Une structure sur laquelle il gère exclusivement les avoirs de milliardaires.
Epstein, un intouchable au cœur du pouvoir
Grâce à sa fortune et à son réseau, Epstein s’impose dans les cercles les plus influents du pouvoir. Il fréquente des responsables politiques, des chefs d’entreprise, des scientifiques, des artistes jusqu’à des membres de familles royales. Donald Trump, Elon Musk, Bill Gates jusqu’au Prince Andrew, tous ont développés des liens étroits avec le financier.
Une proximité avec les élites qui façonne petit à petit l’image d’un homme intouchable. Ses propriétés, notamment à Manhattan, en Floride ou sur une île privée des Caraïbes, deviennent alors des lieux de réception prisés. Des soirées composées d’élites et de jeunes filles, parfois mineures, mises à leur disposition.
Les premières accusations en 2005
L’affaire bascule publiquement en 2005, lorsque la police de Palm Beach, en Floride, enquête sur des accusations portées par plusieurs adolescentes. Elles décrivent un système de « massages » et d’actes sexuels, dans les résidences d’Epstein. Les investigations révèlent un mode opératoire structuré, dans lequel de jeunes filles vulnérables sont recrutées, puis incitées à en amener d’autres.
Malgré la gravité des faits, Epstein bénéficie en 2008 d’un accord judiciaire exceptionnellement favorable. Il plaide coupable pour des chefs d’accusation réduits au niveau de l’État de Floride, évite toute poursuite fédérale et purge une peine de prison aménagée, avec des sorties quotidiennes autorisées. Cet accord, négocié sans que les victimes en soient informées, sera plus tard dénoncé comme une faillite majeure du système judiciaire américain.
🇺🇲 L'affaire Epstein
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Classé délinquant sexuel mais sous surveillance minimale
Après sa condamnation, Epstein est inscrit au registre des délinquants sexuels, mais continue de voyager, de recevoir et de fréquenter les mêmes cercles de pouvoir. De nouveaux témoignages apparaissent au fil des années. Des dizaines de témoignages qui décrivent des faits ayant eu lieu après sa condamnation. Parmi eux, celui de Virginia Giuffre, qui affirme avoir été exploitée sexuellement par Epstein et mise à disposition d’hommes puissants lorsqu’elle était mineure.
Arrestation en 2019 puis suicide mystère en détention
En juillet 2019, Jeffrey Epstein est arrêté par le FBI et inculpé à New York pour trafic sexuel de mineures. Les procureurs décrivent un réseau organisé, s’étendant sur plusieurs années, impliquant de nombreuses victimes. Cette fois, il encourt une peine de prison à vie et se voit refuser toute libération sous caution.
Un mois plus tard, le 10 août 2019, Epstein est retrouvé mort dans sa cellule du Metropolitan Correctional Center de Manhattan. Les autorités concluent à un suicide par pendaison, tout en reconnaissant de graves dysfonctionnements dans la surveillance carcérale. Sa mort met fin aux poursuites pénales mais ouvre une nouvelle phase de l’affaire, marquée par les soupçons, les enquêtes internes et une défiance envers les institutions.
Un système structuré qui n'a pas livré toutes ses vérités
Après la mort d’Epstein, l’attention se reporte sur ses potentiels complices. Son associée, Ghislaine Maxwell, est arrêtée en 2020, puis condamnée en 2022 à vingt ans de prison pour son rôle dans le trafic sexuel de mineures. Son procès confirme l’existence d’un « système structuré et durable », sans établir de responsabilités pénales pour les nombreuses personnalités évoquées dans les témoignages.
Les documents accumulés par la justice américaine au fil des décennies (témoignages, saisies, correspondances et enregistrements) deviennent alors l’enjeu central de cette bataille de transparence. Seulement, la publication des documents nourrit autant l’espoir des victimes que les spéculations, alors qu’aucune preuve judiciaire n’a établi l’existence d’une liste de clients officielle.