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Agriculture : "nous avons la surface qui permet d'être auto-suffisant", pour Julien Denormandie

Par Adélaïde Motte

 "Nous avons la surface agricole qui pourrait nous permettre d'être auto-suffisant" selon Julien Denormandie, ancien ministre et auteur, avec Erik Orsenna, de "Nourrir sans dévaster". Il était “L’invité politique” sur Sud Radio. 

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Julien Denormandie interviewé par Jean-Jacques Bourdin sur Sud Radio, le 13 février 2024, dans “L’invité politique”.

Défis et solutions pour le monde de l'agriculture, place de l'Europe : Julien Denormandie  a répondu aux questions de Jean-Jacques Bourdin.

"La confiance elle repose sur des engagements tenus"

La crise des agriculteurs s'apaise, et il reste des engagements gouvernementaux. Pour Julien Denormandie, le temps est maintenant à la restauration de la confiance. "Derrière le monde agricole qu'on a vu, évidemment qu'il y a une question de confiance. La confiance elle repose sur des engagements tenus, je fais confiance au monde agricole pour rappeler au gouvernement les engagements qu'il a pris." Comme ministre de l'Agriculture, Julien Denormandie affirme s'être "toujours efforcé à mettre en place les mesures."

Les agriculteurs ont du mal à gagner de quoi survivre, et les Français consomment des produits importés. Une situation paradoxale, alors que "nous avons la surface agricole qui pourrait nous permettre d'être auto-suffisant, en dépit de cela on importe de plus en plus de matière agricole." "Il serait folie de déléguer à autrui notre alimentation. Nos amis Bretons doivent entendre que 80% des galettes bretonnes sont issues de blé noir venant de Chine. Cet exemple-là on en met en avant d'autres dans le livre, pendant la Covid on a eu une énorme sécheresse au Canada, plus de moutarde. Une immense partie de nos grains de moutarde viennent du Canada."

Pour sauver l'agriculture, "il faut repenser un certain nombre de règles du commerce international"

Nourrir sans dévaster, nouveau livre que Julien Denormandie a écrit avec Éric Orsenna, "ouvre les pistes de cette forme de réconciliation" entre le pouvoir et l'agriculture. "Il faut repenser un certain nombre de règles du commerce international, comment se fait-il qu'on fasse entrer dans notre pays des produits qu'on ne pourrait pas produire chez nous ?" demande Julien Denormandie. "Aujourd'hui 50% du poulet qu'on mange en France c'est du poulet qui vient de l'extérieur", annonce-t-il, citant notamment l'exemple du cordon bleu, fait avec du poulet brésilien. "Quand j'étais ministre on a passé un texte réglementaire, dorénavant quand vous emmenez vos enfants dans les écoles, vous avez le droit de demander l'origine de toutes les viandes qui sont servies, à la cantine, au restaurant."

"On a perdu ce rapport à l'alimentation, la reconnaissance des aliments, la reconnaissance du goût", déplore Julien Denormanie qui s'était "beaucoup engagé dans la semaine du goût" lors de son passage au gouvernement. "On voit aux États-Unis des appartements qui sont construits sans cuisine parce qu'on se dit qu'on va se faire livrer de la nourriture." Pour retrouver un rapport sain à l'alimentation, il n'est pas question d'être angélique. "Les relations commerciales sont un rapport de force, il faut rentrer dans ce rapport de force. Il faut que l'État rentre dans le rapport de force aux côtés des agriculteurs, la grande distribution elle ne connaît que le rapport de force. Il faut le faire en plein, des sanctions, des contrôles." Pour Julien Denormandie, il est important de ne pas "sombrer dans le simplisme, ne pas appréhender la complexité des choses. L'agriculture, l'alimentation mérite qu'on aborde cette complexité."

Dans l'agriculture française, "il y a plein de secteurs qui sont excédentaires"

A quelques mois des élections européennes, il faut rappeler que l'Europe est un bon outil pour l'agriculture. "L'Europe est un élément fondamental dans le soutien au consommateur, la protection des agriculteurs. L'Europe c'est ce socle de stabilité, les élections européennes sont absolument essentielles." "Je suis pour le libre-échange, je suis pour commercer, mais je dit ce commerce il doit répondre à des règles", explique Julien Denormandie, qui rappelle qu'en France, en agriculture, "il y a plein de secteurs qui sont excédentaires." "En Égypte aujourd'hui le blé il vient de Russie, je préfère qu'il vienne d'Europe."

Julien Denormandie pourrait-il défendre l'agriculture à Bruxelles, mener la liste Renaissance aux élections européennes ? "Non, ça n'est pas du tout d'actualité. J'ai aujourd'hui d'autres engagements au bénéfice de la finance à impact. Je pense qu'on peut servir l'intérêt général d'autres façons que uniquement la politique." "Je pense qu'il faut ne pas avoir de carrière linéaire, peut-être qu'un jour je referai de la politique mais pas aujourd'hui, beaucoup de personnes connaissent mon souhait d'avoir un parcours riche de différentes expériences." Toutefois, Julien Denormandie n'aurait pas refusé le poste de Premier ministre, pour lequel son nom avait circulé. "Cela fait partie des fonctions qui ne peuvent se refuser, servir son pays est évidemment un honneur." "Les élections ont lieu dans quelques mois encore. Je crois que la question n'est pas seulement la tête de liste, ça ne me paraît pas être un problème qu'elle ne soit pas encore nommée", conclut-il.

Retrouvez "L’invité politique" chaque jour à 8h30 dans le Grand Matin Sud Radio avec Jean-Jacques Bourdin

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