Directeur de recherche au CF2R (Centre Français de Recherche sur le Renseignement), Alain Rodier était l’invité du 18h Sud Radio ce mardi pour évoquer le profil de l’assaillant de Liège, qui a tué trois personnes dont deux policières.

Deux policières et un étudiant de 22 ans. C’est le bilan meurtrier de l’attaque qui s’est déroulée ce mardi à Liège en Belgique, une attaque dont l’auteur présumé, un détenu en permission, a été abattu par les forces de l’ordre. Fiché par la police pour avoir été en contact en prison avec des islamistes et s’être radicalisé dans cette même prison, l’homme est par ailleurs soupçonné d’être également impliqué dans une autre affaire de meurtre survenue lundi soir à Liège. Un profil pour le moins déconcertant dont se méfie Alain Rodier, directeur de recherche au CF2R (Centre Français de Recherche sur le Renseignement) et invité du 18h Sud Radio ce mardi.

"L’affaire sera certainement beaucoup plus compliquée qu’on ne la présente pour le moment. Je rappelle que cet individu était incarcéré depuis 2003, pour des actes de droit commun. On est en train de remonter pour le moment son parcours meurtrier, qui a été très court ! Il a été mis en permission hier soir à peine et est soupçonné d’avoir commis un premier meurtre n’ayant rien à voir avec l’attaque de ce matin. On va apprendre beaucoup de choses sur cet individu dans les jours qui viennent car pour le moment, son cas n’est pas très clair. (…) Le loup solitaire, on sait très bien que ça n’existe pas vraiment. Les gens ont toujours un environnement. Lui avait l’environnement carcéral. Il ne faut pas s’arrêter au fait qu’il criait Allah Akhbar au moment de son acte : c’est devenu maintenant un cri de guerre qui peut être adopté par n’importe qui. Il ne semble pas qu’il avait un plan d’opération très précis, hormis le fait de se faire tuer car il s’est bien fait tuer volontairement en se présentant face à la police de façon à ce qu'ils n’aient pas le choix et ripostent. En-dehors du fait de vouloir mourir en martyr, le reste de ses motivations ne sont pas connues", déclare-t-il.

"On n’a jamais réussi à transformer en prison un truand en enfant de chœur"

Alors que la question des fréquentations en prison de Benjamin Herman, l’assaillant présumé, est aujourd’hui posée, le problème est aujourd’hui insoluble pour Alain Rodier. "On ne fait pas beaucoup de bonnes rencontres en prison. C’est là où le crime organisé se forme, où on recrute de futurs compagnons de braquage, etc. On n’a jamais réussi à transformer un truand ou un terroriste en enfant de chœur en le mettant en prison. Prenez l’exemple de Carlos : après des années de prison, il est toujours marxiste-léniniste révolutionnaire, et si on le laissait faire, il continuerait à balancer des grenades dans les supermarchés !", affirme-t-il.

Pour Alain Rodier, ce sont plusieurs pays qui sont aujourd’hui en perpétuel danger face au terrorisme islamiste. "L’Europe en général est une cible privilégiée. Énormément de publicités ont été faites autour des jihadistes européens. Les pays qui ont malheureusement été le plus touchés sont la France, la Grande-Bretagne et la Belgique. L’Espagne nous a malheureusement rejoint récemment, mais de toutes façons l’Europe est une cible privilégiée pour les mois et les années à venir, et ce pour les jihadistes de toutes factures", insiste-t-il.

Réécoutez en podcast toute l’interview d’Alain Rodier dans le 18h Sud Radio

 

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