La guerre contre le narcotrafic prend un nouveau tournant. Depuis lundi 5 janvier, le Parquet national anti-criminalité organisée dit Pnaco a officiellement été lancé par le parquet de Paris. Dirigée par la procureure Vanessa Perrée, cette nouvelle instance disposera de moyens étendus pour lutter contre le narcotrafic et le crime organisé.
Créé dans le cadre de la loi contre le narco-trafic, ce sera donc le troisième parquet national spécialisé après le parquet national financier (PNF) et le parquet national antiterroriste (PNAT). Composé de seize magistrats et de 34 agents qui travailleront à temps plein contre le crime organisé, le Pnaco hérite donc de 170 dossiers brûlants. En particulier celui de l’évasion de Mohamed Amra, mais aussi la traque des réseaux criminels et leurs flux financiers à l’échelle internationale, ou encore les faits de traite d’êtres humains, de proxénétisme ou de vols à main armée.
De nouveaux outils donnés aux enquêteurs
Avec la création du Pnaco, de nouveaux outils sont donnés aux enquêteurs. En particulier un «dossier coffre » (procès-verbal distinct pour ne pas divulguer certaines techniques d’enquête aux mis en cause) ou encore une possibilité d’activer à distance un téléphone pour des écoutes. Si certains avocats craignent des abus, Vanessa Perrée assure : « Il n’y a pas de dérives, nous nous inscrivons dans l’État de droit », ajoutant également qu’il s’agit de « moyens légaux, avec des contrôles, des débats contradictoires et la nécessité de passer devant un juge ».
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"On n’a pas de narco-État en France"
Resserrer l’étau pour lutter contre les narco-trafiquants aux moyens économiques énormes, pouvant blanchir l’argent de la drogue et corrompre certains membres de différentes administrations, greffiers, agents pénitentiaires, douanes… Toutefois, la procureure Vanessa Perrée se montre claire sur la question d’un potentiel narco-État : « On n’a pas de narco-État en France, on se donne juste les moyens de s’en prémunir ».
Le Parquet national anti-criminalité organisée repose également sur une collaboration renforcée avec les parquets locaux, plus les seize magistrats, dont six sont spécialisés en criminalité organisée « classique » et six en financier, plus dix autres qui arriveront en septembre. Précision de la procureure : « Sur chaque dossier, on aura un binôme de procureurs, épaulés d’assistants spécialisés, pour pister le produit stupéfiant mais aussi l’argent, avec une enquête patrimoniale poussée ».