"Tout ce que j’ai fait, c’est de construire le fait que nous ne nous trouverons plus dans cette situation et qu’il n’y ait plus d’accord politique avec LFI.", Au micro de Sud Radio, Raphaël Glucksmann, a répondu aux questions de Jean-François Achilli sur Sud Radio.
"LFI et Jean-Luc Mélenchon, depuis des semaines et des mois, ne font que cela, brutaliser le débat public."
La Gauche doit-elle couper le lien avec La France Insoumise, après le drame de Lyon ?
Raphaël Glucksmann : "J’ai une position très claire. Nous ne pouvons faire aucune alliance électorale avec LFI. Nous n’allons pas faire d’alliances avec Jean-Luc Mélenchon. Il y a, entre nous, trop de différences, d’oppositions, de contradictions. La brutalisation du débat public est un danger mortel pour la démocratie et LFI et Jean-Luc Mélenchon, depuis des semaines et des mois, ne font que cela, brutaliser le débat public."
2024, c’est donc fini ? Pour les législatives, à l’époque, il y avait eu des accords.
Raphaël Glucksmann : "C’est fini. Il y avait une situation d’urgence créée par la dissolution de l’Assemblée nationale décidée par le Président de la République. Ce qui était immédiat, c’était le risque d’une prise du pouvoir par le Rassemblement National. Mais le 9 juin au soir, je me suis promis de jamais ne plus me retrouver dans cette situation-là."
"Tout ce que j’ai fait, c’est de construire le fait que nous ne nous trouverons plus dans cette situation et qu’il n’y ait plus d’accord politique avec LFI. Nous allons combattre politiquement, et nous allons gagner politiquement. Parce qu’une majorité écrasante des électeurs de gauche est d’accord avec nous et rejette dette brutalisation permanente, cet aplatissement devant les régimes autoritaires et cette trahison de la République."
"Un député de la République doit être exemplaire, il ne doit pas être lié à des organisations violentes."
Deux collaborateurs du député LFI Raphaël Arnault sont entendus par les enquêteurs dans l’affaire du meurtre de Quentin. Doit-il démissionner ?
Raphaël Glucksmann : "Ce qui est fascinant dans la position de Jean-Luc Mélenchon, c’est qu’il assume jusqu’au bout ce lien avec ces gens violents."
C’est une fuite en avant ?
Raphaël Glucksmann : "C’est une fuite en avant, c’est une continuité dans la dérive. Un député de la République doit être exemplaire, il ne doit pas être lié à des organisations violentes. Il ne doit pas cautionner la violence. La République, c’est l’autorité de la loi pas des poings. Quand on commence à accepter l’autorité des poings, on accepte ensuite l’autorité des lames, l’autorité des armes. Et la démocratie se retrouve complètement minée, ruinée, ébranlée."
"J’ai connu des pays dans lesquels l’État de droit a disparu, dans lesquels le monopole de la violence n’appartenait plus à l’État. Nous ne sommes pas immunisés contre les dérives violentes, il faut les combattre. Quand on cesse de cultiver la République, elle s’effrite et elle s’effondre."
Est-ce un basculement dans notre vie politique ? Y aura-t-il un avant et un après l’assassinat de ce militant, Quentin ?
Raphaël Glucksmann : "Un homme a été lynché alors qu’il était à terre. Qu’on soit fermement opposé à ses opinions politiques ne doit pas conduire à ce type d’assassinat. S’il n’y a pas de rupture dans le débat public, alors la France connaîtra des jours très sombres. Je pense qu’il faut une clarification absolue sur le rapport à la violence, sur le rapport à la violence, sur le rapport à la démocratie, et sur les stratégies politiques."
"Il n’y aura pas d’alliances ni aux municipales, ni à la présidentielle, ni aux législatives avec LFI"
Marine Tondelier, leader des écologistes, sur X, pointe la responsabilité de l’extrême-droite, responsable de la plupart des violences politiques en France. Elle estime que juger LFI responsable de toute la violence en politique n’est pas conforme à la réalité des faits.
Raphaël Glucksmann : "Elle a raison de rappeler les liens entre violence et ultra droite. On ne peut pas exonérer l’Ultra-droite de son rapport à la violence. Mais, sur La France Insoumise, toute ambiguïté de notre part, est une faute éthique et un suicide politique."
"Je suis extrêmement clair : il n’y aura pas d’alliances ni aux municipales, ni à la présidentielle, ni aux législatives. Nous serons nous la digue qui empêchera la bascule à l’extrême droite de ce pays. Mais pour être la digue, il faut être absolument clairs sur le fait que nous n’avons pas d’alliance avec le moindre parti qui remet en cause les fondements démocratiques."
"Au 2e tour de l’élection présidentielle il y aura la gauche démocrate face au Rassemblement National"
Pierre Jouvet disait qu’il y aura localement des accords avec LFI aux municipales. C’est désormais interdit ?
Raphaël Glucksmann : "C’est pas d’aujourd’hui, pour Place Publique. On a défini une stratégie politique depuis plus d’un an. Et nous avons dit qu’il il n’y aura pas le logo place publique avec le logo LFI, dans aucune élection."
LFI n’est plus dans l’arc républicain ?
Raphaël Glucksmann : "Je dis surtout c’est que ce n’est pas notre famille politique, point."
Aurore Lalucq, co-présidente de Place Publique, déclare « je voterai face au RN pour une chèvre, pour n’importe qui, je m’en fous. » Si on se retrouve dans une finale de la présidentielle Bardella Mélenchon ?
Raphaël Glucksmann : "Aurore Lalucq a toujours été claire, pas d’alliance politique avec LFI. Votre question vise à créer le buzz et qui n’existera pas, j’en prends l’engagement solennel."
"Au deuxième tour de l’élection présidentielle il y aura la gauche démocrate face au Rassemblement National. Nous serons la digue."
Il y a une bulle sondagière en faveur du RN. Le risque pour vous, c’est l’émiettement, avec trop de candidats. Et si Mélenchon est qualifié au deuxième tour ? Faut-il une primaire à gauche pour désigner un champion ?
Raphaël Glucksmann : "Ce qui va faire que la gauche démocrate sera au deuxième tour, ce n’est pas une primaire. Ce qui va nous permettre de créer cette dynamique, c’est la clarté. La clarté sur le fond, sur la stratégie. Les enjeux sont graves, il y a un risque de bascule du pays dans le camp des poutinistes et des trumpistes. Je suis certain que nous serons à la hauteur de la situation et que nous nous accorderons pour désigner la personne qui sera la plus à même de porter nos principes au deuxième tour et au pouvoir."
"Nous assumerons nos responsabilités et nous nous accorderons sur la meilleure candidature"
Mais comment on départage Raphäle Glucksmann et François Hollande ?
Raphaël Glucksmann : "Nous sommes des adultes dans une situation historique dramatique. Nous assumerons nos responsabilités et nous nous accorderons sur la meilleure candidature. Si ce n’est pas moi qui suis en situation d’être celui qui fait gagner la gauche, je me rangerai à l’idée que quelqu’un d’autre puisse le faire."
Mais à quel moment ça se décide ?
Raphaël Glucksmann : "Pas aujourd’hui. Aujourd’hui il y a des élections municipales."
"Dans les semaines et les mois qui viennent, il y aura des discussions, et nous serons capables de produire une candidature puissante à même de ramener la gauche démocratique au pouvoir."
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