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Jean-Philippe Tanguy (RN) : "Raphaël Arnault n'a jamais eu sa place à l’Assemblée"

Par La rédaction

INTERVIEW SUD RADIO - Mort de Quentin Deranque, Marine Le Pen, PPE : Jean-Philippe Tanguy, député RN de la Somme, était “L’invité politique” sur Sud Radio.

Jean-Philippe Tanguy
Jean-Philippe Tanguy, interviewé par Jean-François Achilli sur Sud Radio, le 17 février 2026, dans “L’invité politique”.

Mort de Quentin à Lyon et violences politiques, liens entre La France Insoumise (LFI) et la Jeune Garde, présence de Raphaël Arnault à l’Assemblée nationale, sanctions internes au RN, stratégie présidentielle du Rassemblement national (RN) autour de Marine Le Pen et Jordan Bardella, municipales à Paris et attaque contre Sarah Knafo, programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE3), défense européenne, parapluie nucléaire français, réarmement allemand, contrat Rafale, meetings politiques à l’université. Au micro de Sud Radio, Jean-Philippe Tanguy a répondu aux questions de Jean-François Achilli.

"Les mots peuvent tuer, Mélenchon le sait"

Jean-François Achilli pour Sud Radio : Quentin a été lynché à mort par plusieurs agresseurs et l’enquête est en cours. Vous dites, comme Gérald Darmanin ou Laurent Nuñez, que “c’est l’ultra-gauche qui tue”. Sur quoi vous vous appuyez ce matin ?
Jean-Philippe Tanguy : “Les images diffusées sont accablantes : c’est un lynchage d’une extrême barbarie, parfaitement inhumain, avec une intention de tuer. Quand on voit ces images, il n’y a aucun doute. Laissons les enquêteurs travailler et la justice se faire. Et surtout, nous avons une immense pensée pour la famille et les proches de Quentin.”

Maud Bregeon évoque une “responsabilité morale” de LFI. Vous la partagez ?
“LFI joue depuis très longtemps avec le feu : des mots violents qui mènent à la haine et à la violence. Et l’ambiance créée autour de groupuscules qui se réclament de “l’autodéfense”, qui est en réalité la violence comme moyen de faire de la politique, est inacceptable.”

Vous dénoncez aussi une forme de relativisation depuis quelques jours…
“Je suis consterné de voir certains chercher à relativiser la violence en insinuant que Quentin appartenait à un groupe auquel ’il ne fallait pas”. C’est inacceptable : toute violence doit être condamnée, sans la moindre réserve.”

Vous demandez à Jean-Luc Mélenchon de clarifier sa relation à la Jeune Garde. Selon vous, il a clarifié ?
“Il l’a fait, malheureusement pas dans le bon sens. Quand le gouvernement a voulu dissoudre la Jeune Garde, M. Mélenchon a fait des meetings de soutien à ce groupuscule violent. Et ses discours désignent l’adversaire politique non pas comme un contradicteur, mais comme un ennemi.”

Vous dites : “Les mots peuvent tuer”. Vous pensez que Mélenchon en a conscience ?
“Bien sûr. Quand quelqu’un a de l’autorité sur des militants parfois fanatisés, ça peut mener au pire. M. Mélenchon, avec son parcours et son idéologie, sait très bien comment fonctionnent ces groupes.”

Vous faites le lien avec sa manière de “conflictualiser” la vie politique ?
“Quand on revendique “du bruit et de la fureur”, on ne parle pas de débat démocratique. La “fureur”, c’est laisser entendre que la violence peut être une voie politique. Et quand on voit certaines scènes où tout dégénère, on comprend le climat que ça installe. Je ne dis pas qu’il a voulu la mort de quelqu’un, mais il joue avec le feu.”

"J’avais alerté publiquement sur son profil de Raphaël Arnault"

Raphaël Arnault, cofondateur de la Jeune Garde, a-t-il sa place à l’Assemblée nationale ?
“Non, il n’a jamais eu sa place. J’avais alerté publiquement sur son profil : des comportements violents, des mots très choquants, et même des menaces. Qu’est-ce que vous voulez faire avec des gens comme ça ?”

Il aurait dû être exclu de son groupe parlementaire ?
“Oui. Je rappelle qu'il a été condamné définitivement pour violence en groupe. Exactement des circonstances qui auraient pu mener au pire. Et il est toujours dans le groupe des insoumis. Pour moi, c’est inacceptable.”

Vous reconnaissez tout de même que la violence n’est pas propre à un seul camp…
“Malheureusement non. Je rappelle qu’il y a eu aussi, sous le premier mandat, un député macroniste qui avait agressé un opposant avec un casque de moto. Il y a un climat de haine et de violence, au lieu d’opposer des arguments.”

Chez vous, un collaborateur parlementaire RN a été sanctionné après un message sur X. Quelle a été votre réaction ?
“Il a été immédiatement mis à pied, puis licencié. Ça n’a même pas pris 24 heures.”

Vous avez aussi saisi le procureur après une vidéo diffusée par Frontières, où l’on voit quelqu’un arracher des affichettes et se réjouir de la mort de Quentin…
“J’ai été très choqué. Sur cette vidéo, on voit un jeune se féliciter de la mort de Quentin. J’ai saisi le procureur au titre de l’article 40 pour apologie de la violence et d’un crime.”

Vous dites qu’on ne sait jamais où la violence mène…
“La violence, ça commence, on ne sait jamais où ça termine. C’est pour ça que des responsables politiques qui jouent avec la violence doivent être condamnés : personne ne maîtrise ce que ça peut produire ensuite.”

"Pour ennuyer le RN, Sara Knafo est prête à tout y compris au pire"

Au RN, vous attendez le 7 juillet et la décision de la cour d’appel de Paris concernant Marine Le Pen pour arrêter votre stratégie présidentielle. Pourquoi cette échéance est centrale ?
“Parce qu’on n’est pas dans la tête des juges. Mais les plaidoiries de la défense ont été, je pense, déterminantes. Le procès s’est tenu dans de meilleures conditions qu’en première instance, donc il y a un espoir. Maintenant, on fait confiance à la sagesse des juges.”

Vous espérez toujours la candidature de Marine Le Pen ?
“Oui. J’ai l’intime conviction qu’elle est innocente et que c’est la meilleure candidate par son expérience, avec Jordan Bardella pour Premier ministre. Mais si un traitement injuste devait arriver, nous serons derrière Jordan.”

Vous parlez aussi des municipales : pourquoi ne pas soutenir Sarah Knafo à Paris, alors qu’elle tient parfois des propos proches des vôtres ?
“La question, c’est pourquoi elle est venue vampiriser la campagne de Thierry Mariani. On a déjà vu ça : comme Éric Zemmour, qui est venu parasiter Marine Le Pen avec les conséquences qu’on connaît, au risque de faire élire l’extrême gauche.”

Vous ne comprenez pas sa ligne de campagne ?
“Je ne comprends pas l’axe : critiquer tout le monde, se présenter comme la meilleure, puis dire qu’elle ne veut pas faire élire la gauche, ce qui revient à parler de retrait. Et de toute façon, elle se moque de Paris : ce qu’elle veut, c’est la présidentielle.”

Vous excluez une alliance ?
“C’est compliqué avec quelqu’un qui a considéré qu’un salut nazi dans un meeting “ce n’était pas grave”. Quand Steve Bannon a fait ce geste dans une convention américaine, elle a dit qu’il fallait rester, alors que nous sommes partis. Il y a des lignes qu’on ne franchit pas. Pour ennuyer le RN, elle est prête à tout, y compris au pire.”

"La PPE, ce sont des mensonges d’État. Elle vise à enrichir des lobbies, des parasites !"

Vous appelez à censurer la PPE3, la programmation pluriannuelle de l’énergie. Beaucoup ont l’impression que le débat passe sous les radars. Pourquoi en faire une bataille politique ?
“L’actualité tragique fait passer ce sujet au second plan, mais les Français voient bien que les prix de l’énergie ont explosé. Et avec cette PPE3, ça va continuer.”

Le gouvernement met en avant une relance de l’électricité “décarbonée” (produite avec peu d’émissions de dioxyde de carbone), plus de nucléaire et d’éolien en mer. Pourquoi parlez-vous de “mensonges d’État” ?
“Parce qu’il y a une propagande : les titres ne correspondent pas au contenu. On dit “arrêt de l’éolien terrestre”, mais le document le double. On dit qu’on freine le solaire, mais il va quadrupler. Et au total, ce sont plus de 110 milliards de subventions que paieront les Français.”

Vous ciblez aussi Les Républicains : pourquoi ne censurent-ils pas avec vous ?
“C’est la vraie question. Certains disent que c’est une catastrophe, puis ils ne font rien. Ils soutiennent toujours le gouvernement.”

On vous oppose l’argument suivant : sans certaines énergies renouvelables, on devient dépendant du gaz importé.
“Ce sont les éléments de langage de la macronie. La réalité : panneaux solaires et éoliennes, ce sont surtout des importations. Et comme ces énergies sont intermittentes, elles imposent derrière du gaz et du charbon en Europe. Donc on nous raconte ça depuis 30 ans.”

Vous accusez des lobbies de profiter du système…
“Oui. Il y a des détournements d’argent public. Ça vise à enrichir des parasites qui ne produisent rien de bon pour la France. Les factures ont doublé, tout le monde le constate. Et on dévoie l’écologie pour remplir les caisses de l’État et les poches de certains lobbies.”

Vous affirmez que la PPE3 répond à une contrainte européenne.
“La Commission européenne, le 30 janvier, a exigé que la France transpose la directive RED3 sur les énergies renouvelables. Et le gouvernement n’assume même pas de dire qu’il obéit à Bruxelles : c’est un gouvernement d’opérette.”

"Le réarmement allemand est inquiétant, c'est un retour de l'histoire"

Le ministre allemand des Affaires étrangères juge insuffisants les efforts français en matière de défense.
“C’est l’hôpital qui se fout de la charité. L’Allemagne a vécu sur le dos de l’Alliance atlantique pendant des décennies, pendant que la France maintenait une armée opérationnelle et finançait sa dissuasion.”

Élargir le parapluie nucléaire français à d’autres pays : vous êtes contre ?
“Complètement contre. Le parapluie nucléaire est là pour protéger la France. Et les Allemands voudraient maintenant récupérer notre avance, y compris sur les programmes d’avions de combat.”

Vous dites aussi que le réarmement allemand doit inquiéter. Pourquoi ?
“Le réarmement allemand est très inquiétant. L’Allemagne veut redevenir la première puissance militaire de l’Europe, en plus d’être la première puissance économique et démographique : ça devrait inquiéter les Français.”

Vous parlez même d’un “retour de l’histoire”…
“Bien sûr. La politique du général de Gaulle visait à empêcher une Allemagne dominante en Europe. Si l’Allemagne prend l’ascendant dans tous les domaines, évidemment, elle en abusera.”

Un mot sur le Rafale : la vente potentielle à l’Inde, c’est une bonne nouvelle ?
“Oui, c’est une bonne nouvelle. Marine Le Pen a publiquement félicité ce contrat.”

La politique doit-elle continuer à s’inviter à l’université, à Sciences Po notamment ?
“Qu’on foute la paix aux étudiants : ils sont là pour étudier. On peut faire des meetings à côté, mais pas parasiter les facs. Ceux qui crient le plus fort imposent leur loi : qu’on laisse les étudiants travailler.”

Retrouvez "L’invité politique" chaque jour à 8h15 dans le Grand Matin Sud Radio

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