Définitivement condamné par le tribunal correctionnel de Lyon pour violences volontaires en réunion, gros plan sur Raphael Arnault,
Figure très controversée qui dénotait déjà dans le paysage politique français et dans l'hémicycle, Raphaël Arnault se retrouve depuis une semaine au coeur des suspicions dans l'enquête sur le tabassage à mort du militant identitaire Quentin Deranque à Lyon, par le groupuscule d'ultra gauche de la Jeune Garde. Et pour cause : fondateur de ce groupe antifita en 2018, il est devenu depuis député LFI depuis 2024.
Un trait d'union qui interpelle car parmi les 11 suspects interpellés dans cette enquête, la quasi-totalité fait partie de cette Jeune Garde et 3 d'entre-eux sont des assistants parlementaires ou stagiaire d'Arnault à l'Assemblée, parmi lesquels Jacques-Elie Favrot et Robin Chalendard. Homme politique régulièrement rattrapé par les polémiques, qui est donc Raphaël Arnault ? Gros plan sur ce sulfureux député de la première circonscription du Vaucluse.
Jeunesses communistes et librairies anarchistes
Élu en 2024 lors des législatives, Raphaël Arnault (de son vrai nom Raphaël Archenault) est en quelque sorte la caution antifasciste de Jean-Luc Mélenchon. Pour cause : alors qu’il grandit dans une famille de gauche, l’originaire de Lyon aujourd'hui âge de 31 ans connaît jeune ses premières manifestations, notamment contre la réforme des retraites. En grandissant, il côtoie les jeunesses communistes et les librairies anarchistes de sa ville et, en 2016, il milite au Nouveau Parti anticapitaliste.
Créateur de la Jeune Garde
Celui qui se revendique comme "marxiste matérialiste" co-fonde le groupe d’extrême gauche de la Jeune Garde antifasciste à Lyon en 2018. L'organisation est connue pour participer à des affrontements contre l’extrême droite et des rixes à Lyon. Mais le militant a aussi des ambitions politiques : en 2022, il quitte la Jeune Garde pour se lancer en politique.
Première test politique aux Législatives 2022
Se présentant sous l’étiquette de la Nouvelle Union populaire écologique et sociale (Nupes), il est battu lors des Législatives de 2022 et atteint 7 %. Mais la dissolution de 2024 va lui donner une seconde chance, même si son chemin sera semé d’embûches en raison des nombreuses polémiques qui l’entourent.
❓Vous avez manqué #LesVraiesVoix ? Retrouvez le replay de l'émission du 18 février 2026 au micro de @cecile2menibus et @PhDavidMtb
— Sud Radio (@SudRadio) February 18, 2026
📺Le replay : https://t.co/eS0FUA2aPG pic.twitter.com/f0rHoD5dDg
3 Fiches S et une condamnation
En effet, durant la campagne, de nombreux journaux dévoilent que le candidat est sous le coup de trois fiches S émises par la DGSI. Raphaël Arnault est considéré comme “dangereux par les services de police” et “susceptible de se livrer à des actions violentes” en raison de sa proximité avec l’ultra-gauche. Ce dernier considère ces accusations, parues dans Le Figaro, L’Incorrect et Midi Libre, comme “dangereuses, violentes et gravissimes”. En décembre dernier, le député de la France Insoumise est même condamné par le tribunal correctionnel de Lyon pour violences volontaires en réunion pour des faits qui remontaient à avril 2021. L’élu de la République s’en était pris, avec cinq autres personnes, à un jeune homme de 18 ans lors d’une manifestation.
Mais avec Raphaël Arnault, les polémiques ne s’arrêtent jamais. Le membre du NFP reçoit en mai 2024 une convocation de la police à la suite d’un communiqué datant du 7 octobre 2023. Dans cette note, le futur député annonce ceci : “Aujourd’hui la résistance palestinienne a lancé une offensive sans précédent sur l’État colonial israélien.” Le communiqué sera cependant retiré le jour même.
"On va lui mettre une balle dans la tête"
Autre affaire : à la suite de sa candidature, il est accusé par la militante du collectif d'extrême droite Némésis, Alice Cordier, de l’avoir menacée de “lui mettre une balle dans la tête” lors d’une manifestation le 16 octobre 2023. Des enregistrements de cette altercation verbale sont diffusés : “Cette bouffonne d’Alice Cordier qui repartage (sur les réseaux sociaux) les Kurdes, j’ai un conseil à lui donner : qu’elle vienne là-bas chez les Kurdes, on va lui mettre une balle dans la tête, c’est tout ce qui va se passer.” Des propos apparemment sortis de leur contexte selon sa défense.
Député depuis 2024
Malgré ces nombreuses polémiques, le candidat de la France insoumise a cependant été élu lors de ces législatives anticipées de 2024. Avec le soutien du Nouveau Front populaire, il devient député de la première circonscription du Vaucluse et siège donc sur les banc de l'Assemblée Nationale. Un profil qui détonne au sein de l'hémicycle.