Futur Premier ministre en cas de départ de François Bayrou, dette publique, budget, place des retraités, avenir des institutions, prochaines élections municipales : Karl Olive a répondu aux questions de Jean-François Achilli.
Premier ministre : "Darmanin sait parler à tous les Français"
Et si un changement devait intervenir à Matignon ? Jean-François Achilli a interrogé Karl Olive sur les profils possibles en cas de recomposition. Le député Renaissance a souligné les qualités de Gérald Darmanin comme potentiel futur Premier ministre. "Je pense que Gérald Darmanin est quelqu’un qui connaît les différents rouages. Il a été maire de Tourcoing, il a été au conseil régional, c’est le ministre qui est là depuis 2017".
Karl Olive a insisté sur sa capacité à dialoguer avec tous. "C’est quelqu’un qui sait parler à tous les Français. On va avoir un tournant social, Gérald Darmanin sait ce qu’est le tournant social à prendre, à pouvoir parler avec quelqu’un de la gauche, y compris de l’extrême gauche, comme avec les gens d’extrême droite". Pour lui, l’actuel ministre est "un très bon ministre de l’Intérieur et un garde des Sceaux qui fait bouger les choses".
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"J’aurais voulu un référendum sur la dette"
Pour Karl Olive, "sur le fond, Monsieur Bayrou a complètement raison". Il cite le poids colossal du remboursement annuel : "Il n’y a pas besoin de sortir Polytechnique pour s’apercevoir qu’avec 3.400 milliards de dette et 66 milliards d'intérêts à rembourser cette année, il faut faire quelque chose". L’élu souligne cependant que la méthode du Premier ministre interroge : "Sur la forme, on a été surpris, ça nous arrange pas les choses".
Face à ce constat, Karl Olive plaide pour associer les citoyens. "J’aurais aimé que les Français peut-être soient saisis et qu’il y ait un référendum". Il précise : "J’aurais aimé un référendum que les Français puissent se positionner en disant il nous faut être responsables et prendre des décisions majeures". À titre personnel, il affirme : "Je suis contre les deux jours fériés, je suis contre le fait qu’on vienne encore saisir les pharmaciens", rappelant que "les pharmacies, c’est le dernier rempart des déserts médicaux".
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"Qu’on arrête d’emmerder les retraités !"
Comment Karl Olive réagit-il à la polémique autour des "boomers" évoqués par François Bayrou ? Pour lui, "c’est une maladresse, c’est une maladresse de forme". Il refuse de voir les retraités et les classes moyennes constamment mis à contribution. "Il faut arrêter de taper sur les retraités, arrêter de taper sur les classes moyennes".
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Le député des Yvelines insiste : "Les retraités d’aujourd’hui, ce serait bien de faire juste un tout petit calcul du nombre de fois où il y a eu des arrêts de travail. Ces gens-là ont bossé toute leur vie, qu’on arrête de les emmerder". Tout en rappelant ses désaccords de fond, il indique rester fidèle à la majorité. Votera-t-il la confiance au gouvernement de François Bayou ? "Je vais voter la responsabilité" assure-t-il.
"On n’est pas dans une culture de coalition"
Karl Olive est revenu sur le débat de clôture des universités d’été du MEDEF, où six responsables politiques se sont affrontés comme dans un duel présidentiel. "On est dans une société de l’immédiateté. Et aujourd’hui, tous les politiques ont quelque part les yeux rivés sur 2027", déplore-t-il.
Interrogé sur la formule de Jordan Bardella ("La France a peut-être les meilleurs joueurs du monde, mais elle est entraînée par des ânes"), Karl Olive tranche. "On ne devrait pas dire ça, par rapport au respect de la fonction". Il reconnaît que "dans chacun des couloirs politiques, on a d’excellents élus". Mais ’"on n’est pas dans une culture de coalition, on n’est pas dans une culture du compromis" regrette-t-il. Une attitude qu’il compare aux maires. "Quand il y a une bonne idée qui vient de l’opposition, on la met en place pour une seule raison : parce qu’elle est bonne pour la ville".
"Il ne faut pas s’exonérer de dire : et s’il y avait une VIᵉ République ?"
Les institutions françaises sont-elles adaptées à la crise actuelle ? Karl Olive évoque un pays "ingouvernable". Pour lui, il faut "mettre vraiment un gros coup de pied dans la fourmilière" et réduire les strates administratives. "On pourrait diminuer le nombre de députés, le nombre de sénateurs. Évidemment qu’on a dégraissé le mammouth pour prendre une ancienne expression".
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Il ouvre aussi la porte à une réflexion plus large : "Dans le champ des possibles, il ne faut pas s’exonérer de se dire ‘et s’il y avait une VIᵉ République". "Peut-être un président qui soit moins omnipotent, remettre le calendrier législatif en place pour que chacun puisse avoir sa chance". Enfin, il plaide pour "plus de consultation des Français" et rappelle qu’il ne se considère pas comme un parlementaire docile. "Je ne suis pas un député godillot… Le président, je ne lui dis pas ce qu’il a envie d’entendre".
.@KARLOLIVE : "Je ne suis pas un député godillot. J’ai une relation d'amitié avec Emmanuel Macron, mais je ne lui dis pas ce qu'il a envie d’entendre ! On doit écouter davantage les Français" #GrandMatin https://t.co/QKa5Efuc2W pic.twitter.com/UkGhvNQ1SS
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"On doit écouter les Français en stéréo"
"Sur le terrain, on nous parle beaucoup plus de savoir comment le frigo va être rempli que de motion de censure, de démission ou de dissolution" affirme Karl Olive. Selon lui, "il y a très longtemps que les gens n'attendent rien de ce qui se passe à l’Assemblée nationale. Et quelque part ils ont bien raison".
Pour l’élu, la priorité reste l’écoute directe : "On doit écouter les Français. Bien sûr, on se retrousse les manches et on va se faire engueuler, on va prendre des bourpifs comme le disait Gérard Larcher". Et il conclut sur la méthode. "Surtout on va les écouter, pas en mono, en stéréo et certainement pas une fois que c’est la merde dans le pays".
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