C’est une année compliquée pour les viticulteurs. Entre canicules et gel au printemps à certains endroits, les vignes ont beaucoup subi et les conséquences économiques sont terribles la profession.
Vendanges : de octobre à mi-aout en 50 ans
« Mon père était vigneron, raconte Matthieu Dangin, viticulteur en Côte-d’Or, au micro de Jean-François Achilli sur Sud Radio. Il a commencé en 1976 et les vendanges, c’était en octobre. Maintenant, c’est toujours en août, donc sur une génération, on a décalé de plus d’un mois la date des récoltes ! » Pire, cette année, l’exploitant du domaine Bruno Dangin à Molesme a débuté les vendanges le... 11 août ! Du jamais-vu. Et ce décalage de date lié aux conditions climatiques n'est pas l'unique conséquence des vagues de canicules qui se sont abattues cet été sur la France.
Une concentration supérieure en alcool
Il y a « une concentration en alcool beaucoup plus importante puisque la concentration en sucre a été démultipliée cette année », dévoile Matthieu Dangin. Il explique cette augmentation par des raisins mûrs beaucoup plus tôt. Les champagnes issus de la récolte de cette année pourraient même dépasser les 13 %, alors que la moyenne se situe autour de 12 %. Certains atteindraient les 15 %. Le Syndicat Général des Vignerons (SGV) a, en conséquence, demandé une modification de son cahier des charges pour pouvoir commercialiser le champagne de la cuvée 2026.
Une catastrophe économique
Au-delà du taux d’alcool plus élevé, la quantité des récoltes est bien inférieure : « on fait entre 20 et 30 % de ce qu’on aurait pu faire une année normale », dit-il. Les conséquences économiques sont donc énormes. Cela rejoint le constat du ministère de l’Agriculture : 2026 constitue la plus faible production depuis 1957.