Le budget 2027 est au coeur de la rentrée politique et au sein du Gouvernement Lecornu, les ministres s'activent pour tenter de faire 30 milliards d'euros d'économies. Indexation des retraites, allègement de taxe aux grandes entreprises, recours à l'épargne salariale : à Matignon, plusieurs pistes s'imposent dans le débat.
Retraites : faire "au moins 6 milliards d’euros" d’économie
Première piste ? Les retraites. Le Gouvernement envisage d’y faire des économies, "d'au moins 6 milliards d'euros" en 2027. David Amiel, ministre des Comptes publics l’assure : il faudra choisir entre une indexation des retraites sur l'inflation et le maintien de l'abattement fiscal de 10% des retraités. Une mesure dans le viseur du Gouvernement depuis des mois. "Aucune pension ne diminuera", promet Roland Lescure, ministre de l’Économie. L’objectif n’est pas de "matraquer" les retraités.
Vers une fin de la surtaxe exceptionnelle sur les grandes entreprises ?
Deuxième piste : alléger les 300 plus grandes entreprises françaises, en baissant leur contribution exceptionnelle en 2027. Le but ? Redresser la situation économique de la France et soutenir le besoin de croissance et d'investissement des grands groupes.
Le montant de la réduction reste inconnu, mais il rapporterait sûrement un peu moins que les 8 milliards d'euros prévus en 2026. Le Gouvernement ne touchera pas, en revanche, au financement des Centres de formation d'apprentis (CFA) ni aux aides à l'embauche des apprentis. Il pourrait pourtant "revoir" les aides aux entreprises sans"efficacité démontrée".
🗣️ Julien Odoul (RN) : « La punition infligée aux retraités serait intolérable » https://t.co/bUATytg0PC pic.twitter.com/mRyZXuBjiX
— Sud Radio (@SudRadio) September 14, 2026
L’épargne salariale dans le viseur
Autre idée : faire cotiser une partie des primes d’intéressement, de participation ou des abondements, versés par l’employeur sur les plans d’épargne. Une piste confirmée par le ministre de l’Économie, mais nuancée par l’entourage du Premier Ministre : le document serait effectivement étudié, mais non acté. D’ailleurs, "sur le fond, la réflexion aujourd'hui privilégiée par le Premier ministre va plutôt dans le sens inverse" d'une fiscalisation de l'épargne salariale, explique le cabinet de Sébastien Lecornu.
Objectif ? "Permettre temporairement aux salariés de disposer plus librement de l'épargne qu'ils ont déjà constituée". Le Gouvernement soutient la proposition de loi du sénateur LR Olivier Rietmann : débloquer temporairement des fonds, à hauteur de 5 000 euros maximum pour faciliter le recours à l’épargne salariale.
Faciliter le don familial pour faire circuler l’argent
"La France épargne beaucoup, mais transmet trop tard. Or, c’est au moment où l’on se loge, fonde une famille, investit ou entreprend que cet argent est le plus utile", déplore Sébastien Lecornu. Le budget 2027 pourrait donc contenir des mesures temporaires pour favoriser les donations familiales.
Le but : faire circuler l’argent au moment où il est le plus utile. Exit l’attente du décès et de la succession, expose Matignon. Ce dispositif concernerait les moins de 80 ans qui donneraient une somme à un enfant, un petit-enfant ou un arrière-petit-enfant majeur.
Les indemnités des ministres abaissées ?
Et pour inscrire les ministres et le Gouvernement dans cet effort collectif, Sébastien Lecornu envisage une diminution de leurs indemnités. Une mesure symbolique qui ne pénaliserait pas les finances publiques. En 2026, un ministre en plein exercice touche 10 700 euros brut par mois. La dernière baisse de l'indemnité des ministres remonte à 2012, début du quinquennat de François Hollande.