Poubelle verte, bleue, jaune, marron, noire… Les Français sont de plus en plus incités à trier leurs déchets. Pourtant, à peine 28 % des emballages plastiques ménagers sont recyclés en France. Alors, si nous trions de plus en plus, pourquoi en recycle-t-on encore si peu ? Qu’est-ce qui cloche ?
Recycler le plastique est beaucoup plus compliqué que le verre ou le carton
Depuis des années, les consignes se multiplient : trier les pots de yaourt, les bouteilles, les emballages et surtout ne pas se tromper de poubelle. Pourtant, moins de 30% des emballages plastiques ménagers sont réellement recyclés en France. Et ce n’est pas seulement une question de comportement des consommateurs. On a organisé la collecte et multiplié les consignes de tri, mais encore faut-il disposer derrière des technologies, des usines et des débouchés capables de transformer tous ces déchets.
Le plastique est surtout beaucoup plus complexe à recycler que le verre ou le carton. Il n’existe pas un plastique, mais de nombreuses familles de matériaux aux propriétés différentes, qui ne peuvent pas toutes être mélangées ni traitées avec les mêmes procédés. L’équation est également économique : lorsque fabriquer du plastique neuf à partir de matières premières fossiles coûte moins cher que collecter, trier et recycler l’ancien, la filière du recyclage peine à devenir rentable. La hausse du prix du pétrole peut modifier cette équation, mais le développement d’une véritable industrie du recyclage reste indispensable.
Des technologies existent, mais il faut maintenant passer à l’échelle industrielle
À Clermont-Ferrand, l’entreprise Carbios teste depuis 2021 une technologie de recyclage enzymatique capable de décomposer le Polyéthylène téréphtalate (PET) , le plastique utilisé notamment dans de nombreuses bouteilles, pour permettre de fabriquer à nouveau du PET recyclé. Après l’étape de l’usine pilote, l’entreprise prépare une première usine industrielle à Longlaville, en Meurthe-et-Moselle, destinée à traiter plusieurs dizaines de milliers de tonnes de déchets PET chaque année.
Mais passer d’une technologie qui fonctionne à une véritable usine coûte extrêmement cher. Le projet de Longlaville a pris du retard dans un contexte de recherche de financements complémentaires, et son démarrage est désormais prévu en 2028. Voilà où nous en sommes : la technologie existe, mais il reste à construire les capacités industrielles permettant de l’utiliser massivement. Si le recyclage du plastique doit devenir une véritable priorité industrielle, les usines et les investissements devront suivre. Sinon, il sera difficile de demander aux Français de trier toujours davantage si une partie importante de ces plastiques finit encore incinérée ou enfouie.
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