La Cour de cassation de Paris examinera le 30 septembre la remise aux autorités allemandes de "Gino", que ce militant antifasciste albanais conteste, a indiqué lundi son comité de soutien.
Le 19 août, la cour d'appel de Paris avait ordonné la remise à l'Allemagne de ce trentenaire, que la France avait refusé précédemment de remettre à la Hongrie par crainte pour ses droits fondamentaux. Il s'était immédiatement pourvu en cassation.
Rexhino Abazaj, alias "Gino", est accusé par la Hongrie de violences contre des néonazis qui défilaient à Budapest en février 2023, attaqués à coups de matraques et de marteaux. Il encourt une peine allant jusqu'à 24 ans de prison dans ce pays et jusqu'à 10 ans en Allemagne, des victimes présumées étant de nationalité allemande.
En avril 2025, la France avait refusé de le remettre à Budapest, invoquant des "risques" d'un "traitement inhumain" en prison et l'incertitude de lui garantir un procès équitable dans ce pays de l'Union européenne.
Depuis la première décision rendue en sa faveur en France, le militant antifasciste était au cœur d'une autre procédure enclenchée en 2025, l'Allemagne le réclamant donc pour les mêmes faits.
Son avocat, Me Laurent Pasquet-Marinacce, avait soulevé devant la cour d'appel, compétente en matière de mandat d'arrêt européen, un "risque" pour le militant. "Nous n'avons pas les moyens de savoir si la Hongrie a condamné en son absence notre client : si la France le remet à l'Allemagne, est-ce que la Hongrie ne va pas le réclamer pour qu'il exécute sa peine là-bas ?"
La scène politique hongroise est toujours en cours de recomposition après la victoire aux législatives d'avril du parti conservateur pro-UE Tisza qui a mis fin à seize ans de pouvoir du nationaliste Viktor Orban.
"Les Hongrois détricotent depuis si longtemps les droits civiques qu'il est difficile de croire à un changement rapide en la matière", s'était alarmé Me Pasquet-Marinacce devant la cour d'appel.
L'avocat, qui travaille sur ce dossier avec Me Youri Krassoulia, n'a pas souhaité s'exprimer ce lundi.
"A l'heure où l'extrême droite progresse en Europe et où la répression des militants antifascistes s'intensifie, cette affaire soulève des questions majeures sur la protection du droit d'asile, l'indépendance de la justice et la coopération judiciaire avec des États qui ne garantissent pas les conditions d'un procès équitable", s'est inquiété lundi le Comité solidarité Budapest, qui soutient "Gino".
AFP / Paris (France) (AFP) / © 2026 AFP
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