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"Le Casse du siècle" : l’enquête choc de Sarah Knafo sur le système français

GROS PLAN SUD RADIO - Cotisations invisibles, défaillance des services publics et obésité administrative : dans son livre-enquête Le Casse du siècle, Sarah Knafo dissique sous forme d'enquête policière notre modèle fiscal et propose une thérapie de choc pour libérer du pouvoir d'achat aux Français.

Sarah Knafo
Sarah Knafo (AFP)

En cette rentrée de septembre, chacun y va de son ouvrage ! A commencer par les candidats déclarés ou potentiels candidats à l'élection présidentielle 2027. Au milieu des linéaires, un livre détonne aussi bien sur le fond que sur la forme : celui de Sarah Knafo, numéro 2 du Parti Reconquête de son compagne de candidat, Eric Zemmour.

Dans son livre-enquête Le Casse du siècle, Sarah Knafo, magistrate à la Cour des comptes devenue députée européenne, livre sous la forme d'une enquête policière une autopsie glaciale de notre modèle fiscal et propose une thérapie de choc pour rendre aux Français le fruit de leur travail. Selon l'ancienne candidate à la mairie de Paris, le peuple français a été pillé par une bureaucratie obèse et endoctriné par ses complices pour accepter son propre dépouillement. Pour illuster son propos, Knafo propose une autopsie au scalpel.

Autopsie d'un hold-up mensuel

Pour comprendre le mécanisme du « casse », l’enquête invite le lecteur à se pencher sur le bulletin de salaire d'un salarié français typique appelé Nicolas Durand. Il gagne 2 079 euros nets par mois, ce qui correspond exactement au salaire médian en France. Si Nicolas regarde sa fiche de paie, il constate que son employeur a déboursé au total 3 922 euros pour son travail. C’est la valeur réelle de son labeur sur le marché. Pourtant, seuls 2 079 euros arrivent sur son compte en banque. Chaque mois, l'État prélève 1 842 euros, soit 47 % de la richesse créée par Nicolas, avant même qu'elle ne touche son compte.

Sarah Knafo dénonce ainsi une manipulation visuelle et sémantique orchestrée par l’administration. En séparant artificiellement les cotisations en deux colonnes (patronales et salariales), l'État masque la réalité économique. Le « salaire brut » de 2 800 euros affiché en haut de page n'a aucune existence réelle : il ne sert qu'à minimiser psychologiquement l'ampleur de la ponction. Pour couronner le tout, le fisc français applique l'impôt sur l'impôt : les taxes non déductibles comme la CSG-CRDS sont elles-mêmes soumises à l'impôt sur le revenu.

6 heures d'attente à l'hôpital pour 225 000 € de cotisations

Sarah Knafo pose une question brutale : nos services publics sont-ils à la hauteur de ces sacrifices ? Selon elle, la France souffre d’une « religion des moyens ». Pour étayer son raisonnement, la députée européenne s'appuie sur le cas de Nicolas Durand. Sur l'ensemble de sa carrière, Nicolas Durand va cotiser personnellement 225 000 euros pour la santé (près d’un demi-million pour son foyer). Pourtant, un mardi soir de novembre, il doit attendre six heures aux urgences avec sa fille brûlante de fièvre.

Où va l'argent ? En chemin, la bureaucratie dévore tout. La collecte de l'Urssaf absorbe 1,2 % des sommes, la Caisse nationale d'Assurance-maladie consomme 4,5 % en frais de gestion, les 18 Agences Régionales de Santé (ARS) coûtent 1 milliard d'euros par an sans soigner personne, et la fraude sociale détourne 4,5 milliards d'euros par an. Pire, à l’hôpital, près d'un agent sur trois ne soigne pas (fonctions administratives), et les infirmières passent plus de la moitié de leur temps de travail à remplir des formulaires. Au final, seul un tiers des cotisations de Nicolas sert réellement au soin direct (135 euros sur 439).

L'École : un naufrage à 87 milliards d'euros

Sarah Knafo rappelle que l'Éducation nationale est le premier budget de l'État, atteignant 87 milliards d'euros en 2024 (+20 % par rapport à 2018), alors même que le nombre d'élèves a baissé de 300 000. Pourtant, le niveau s'effondre : en 30 ans, les élèves de CM2 ont perdu l'équivalent d'une année scolaire en calcul. En 1987, 75 % d'entre eux savaient poser une division ; ils ne sont plus que 33 % aujourd'hui.

Sur les 240 euros mensuels versés par le foyer Durand pour l’école, 62 euros servent uniquement à payer les retraites d'anciens fonctionnaires. Le reste alimente une gigantesque machine de 1,2 million d’agents, dont 332 800 non-enseignants installés dans des rectorats et des comités à produire des circulaires inspirées du « pédagogisme », une idéologie qui a banni l'effort, la chronologie et l'autorité du professeur au profit de concepts militants. Pour compenser ces défaillances, le marché du soutien scolaire privé atteint désormais 2,5 milliards d’euros par an.

Sécurité et Justice : le prix exorbitant du laxisme

Les violences physiques ont augmenté de 70 % en dix ans, et les tentatives d'homicide ont doublé. Pourtant, le budget de la sécurité est passé de 18 à 26 milliards d’euros, insiste Sarah Knafo.

La France dispose de 254 000 policiers et gendarmes, mais la "paperasse administrative" paralyse les forces de l'ordre, estime la membre de Reconquête. Surtout, faute de places de prison (78 509 détenus pour 61 869 places), la justice ne punit plus. Sarah Knafo estime que l’impunité des récidivistes (qui représentent 40 % des condamnés) a un coût financier direct : l'État dépense chaque année 15 milliards d'euros à courir après les mêmes délinquants qu'il refuse ou ne peut incarcérer à temps.

L'Immigration : un gouffre net de 41 milliards d'euros

Pour Knafo, l'immigration de masse vers la France n’est plus une fatalité, c’est "un business" et "un appel d’air social". L'Observatoire de l'immigration et de la démographie (OID) chiffre le coût annuel net de l'immigration à 41 milliards d'euros.

Les aides sociales non contributives versées aux étrangers coûtent entre 15 et 20 milliards d'euros par an (plus que le budget de la Justice), tandis que l'Aide Médicale d'État (AME) pour les clandestins s'élève à 1,3 milliard d'euros. Les étrangers représentent 9,1 % de la population mais commettent 38 % des cambriolages élucidés et 91 % des vols dans les transports en Île-de-France. Pourtant, l'administration refuse d'expulser : le taux d'exécution des OQTF plafonne à un dérisoire 11,4 %.

"Le Qatar de l'électricité" sabordé

"Sous de Gaulle et Pompidou, la France a bâti le parc nucléaire civil le plus ambitieux d'Europe. Nous aurions dû être le Qatar de l'électricité", affirme Knafo. Ce trésor national a été sacrifié sur l'autel de la politique politicienne : Fermeture de Superphénix en 1997 par Jospin pour faire entrer les Verts au gouvernement. Vente d'Alstom en 2014 (turbines Arabelle) encouragée par Emmanuel Macron, avant d’être rachetée au prix fort dix ans plus tard. Fermeture de Fessenheim en 2020 par Macron et le gouvernement Philippe "pour complaire aux écologistes".

L'obésité administrative : une machine qui tourne à vide

La France compte 5,9 millions de fonctionnaires, soit un actif sur cinq. Walmart et Amazon, les deux plus grands employeurs privés mondiaux, emploient ensemble 3,6 millions de salariés pour servir l'humanité entière. La France emploie 2 millions d’agents de plus pour 67 millions de citoyens ! "Mais où sont-ils ?" S'interroge Knafo. Seulement 2,2 millions d'agents sont sur le terrain (enseignants, soignants, policiers, militaires, pompiers, magistrats). Les 3,7 millions restants (63 %) administrent l’Administration.

Sarah Knafo pointe des dérives bureaucratiques : le nombre d’agriculteurs français a chuté de 65 % depuis 1980 alors que dans le même temps, les effectifs du ministère de l'Agriculture ont doublé, passant de 18 000 à 36 000 fonctionnaires. Autres exemples : la Banque de France emploie 10 000 salariés alors qu'elle ne gère plus le franc depuis 25 ans. À titre de comparaison, la Banque d'Angleterre, qui gère toujours la livre sterling, n'en emploie que 5 000. La Mairie de Paris, elle, emploie 400 personnes pour sa communication et seulement 207 pour l’entretien de ses égouts.

Où trouver 130 milliards d'économies ?

Pour Sarah Knafo, la solution n'est pas l'austérité, mais un plan de redressement et d'enrichissement collectif qui permettrait de faire 130 milliards d'euros d'impôts d'économie tout en augmentant de 10% les salaires, en supprimant la CSG d'activité pour tous les actifs.

Mais où faire des économies ?

  • Dans la fonction publique : Non-remplacement de 800 000 départs administratifs sur les 2,3 millions de départs naturels d'ici 5 ans (40 milliards d'économies).
  • Prestations sociales : Fin des prestations sociales non contributives (RSA, APL, allocs) pour les étrangers (15 à 20 milliards d'économies) et limitation du RSA à 3 ans maximum pour les actifs en capacité de travailler (4,8 milliards d'économies).
  • Immigration et International : Suppression de l'aide publique au développement (14 milliards d'économies) et retour de la contribution française au budget de l'Union européenne à son niveau d'avant-Covid (14 milliards d'économies).
  • Agences et Structures inutiles : Suppression de l'Anah (6 milliards), de France Travail pour sa mission obsolète de mise en relation (4 milliards), de l'Ademe (3,4 milliards), de la transition vers les énergies renouvelables intermittentes (8 milliards), des ARS (1 milliard) et du CESE (66 millions).
  • Médias et Associations : Privatisation de l’audiovisuel public (4 milliards) et suppression des subventions aux associations politisées et militantes (1 à 2 milliards).

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