Figure centrale de la gauche française, Lionel Jospin est décédé ce lundi à l’âge de 88 ans, a annoncé sa famille à l'AFP. Il avait indiqué, en janvier, avoir subi "une opération sérieuse", sans plus de détails. Premier ministre de cohabitation entre 1997 et 2002, il marque la Ve République avant le séisme de 2002, lorsque la gauche est éliminée dès le premier tour de l’élection présidentielle au profit de Jean-Marie Le Pen.
Né à Meudon en 1937, Lionel Jospin s’engage clandestinement, en 1960, au sein de l’Organisation communiste internationaliste, avant de rejoindre, en 1971, le Parti socialiste sous l’impulsion de François Mitterrand. Il devient rapidement l’un des hommes de confiance du futur président. Premier secrétaire du PS dès 1981, il s’impose rapidement comme un stratège central de la gauche.
Les grandes réformes de la gauche plurielle
Après un premier échec à la présidentielle de 1995 face à Jacques Chirac, Lionel Jospin prend sa revanche politique en 1997. La dissolution de l’Assemblée nationale le propulse à Matignon à la tête de la « gauche plurielle ».
Son gouvernement mène plusieurs réformes majeures : les 35 heures, la création de la couverture maladie universelle, ou encore le Pacte civil de solidarité (PACS). Il modernise également l’économie française, y compris par des privatisations controversées.
Le choc de 2002 et le retrait définitif
Candidat à l’élection présidentielle de 2002, Lionel Jospin apparaît comme favori pour accéder au second tour. Mais le 21 avril, contre toute attente, il est éliminé. Le candidat du Front national, Jean-Marie Le Pen, se qualifie face à Jacques Chirac.
Ce « coup de tonnerre » politique met un terme immédiat à sa carrière. Le soir même, Jospin annonce son retrait de la vie politique, assumant la responsabilité de l’échec. Il ne revient jamais au premier plan, malgré quelques apparitions publiques et une nomination ultérieure au Conseil constitutionnel.