Le ministère de l’Intérieur a engagé une procédure de dissolution visant deux groupuscules d’ultradroite implantés dans le sud de la France : le Bloc montpelliérain, actif dans l’Hérault, et Patria Albiges, basé dans le Tarn. Ces organisations, encore peu connues du grand public, s’inscrivent dans la mouvance identitaire radicale et sont soupçonnées par les autorités de promouvoir une idéologie violente et de participer à des actions susceptibles de troubler l’ordre public.
Le Bloc montpelliérain : un noyau militant structuré autour de l’activisme identitaire
- Création : fin 2022, selon plusieurs sources locales.
- Implantation : Montpellier et sa périphérie.
- Activités : actions de collage, manifestations locales, opérations de communication agressives sur les réseaux sociaux et des prises de position hostiles aux mouvements antifascistes, présence dans des contre-rassemblements face à l’ultragauche.
- Idéologie : nationalisme radical, rhétorique anti-immigration, esthétique paramilitaire inspirée des mouvements identitaires européens.
Le Bloc montpelliérain s’est fait connaître en 2023 par une série d’actions coup de poing et par sa proximité avec des militants identitaires déjà surveillés par les services de renseignement. Les autorités lui reprochent notamment de diffuser un discours de haine et de favoriser un climat de confrontation, dans un contexte national marqué par une recrudescence des tensions entre extrêmes. En 2024, plusieurs de ses membres ont été repérés lors de rassemblements non déclarés, ce qui a contribué à attirer l’attention du ministère de l’Intérieur. Trois de leurs membres ont d'ailleurs été interpellés hier après des agressions dans un bar communiste à Montpellier.
La procédure de dissolution a été formellement engagée à l’automne 2024, plusieurs mois avant les événements de Lyon.
Patria Albiges : un régionalisme identitaire radicalisé depuis 2021
- Création : courant 2021, dans la région d’Albi.
- Implantation : Tarn, avec un noyau dur d’une dizaine de militants.
- Activités : rassemblements locaux, actions symboliques autour de l’« identité albigeoise », communication et activité numérique très active.
- Idéologie : défense identitaire, discours sur la « remigration », dénonciation de l’« ensauvagement », valorisation de l'imagerie guerrière.
Basé à Albi, Patria Albiges se présente comme un collectif de défense de « l’identité locale » et des « traditions ». Derrière cette façade régionaliste, les autorités identifient une structure qui détourne son discours régionaliste vers une vision ethno-identitaire. En 2022 et 2023, le groupe a multiplié les actions de terrain et de visibilité, notamment des rassemblements nocturnes et des opérations de collage ciblant des associations antiracistes ou des lieux culturels.
Comme pour le Bloc montpelliérain, les services de l’État estiment que Patria Albiges contribue à alimenter un climat de tension et à légitimer la violence politique. La procédure de dissolution a été enclenchée fin 2024, dans le cadre d’un suivi renforcé des micro-structures d’ultradroite.