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Parcoursup, profs, classes surchargées : les 5 annonces du gouvernement aux jeunes

Par Estelle Solari

Après un mois de mobilisation des lycéens et étudiants, le gouvernement a annoncé cinq mesures. Plus de postes, une rénovation des bâtiments, un Parcoursup 2.0 : Quelles sont les réponses du gouvernement ?

Le gouvernement a annoncé 5 mesures concrètes face aux revendications de la jeunesse tricolore, ce 26 octobre 2026.
Le gouvernement a annoncé 5 mesures concrètes face aux revendications de la jeunesse tricolore, ce 26 octobre 2026. Anna KURTH - AFP/Archives

Après plus d’un mois de mobilisation lycéenne, le Premier ministre Sébastien Lecornu a présenté ce lundi 26 octobre 2026, 5 réponses concrètes aux représentants de la jeunesse française qui dénonce un manque d’enseignants, des classes surchargées, la vétusté des bâtiments et le fonctionnement biaisé de Parcoursup.

Des réponses sous-pression

Après des manifestations par centaines, des "coups de gueule" et autres revendications martelées sur tous les fronts, la création d'une plateforme de concertation et plus de 100 000 contributions d'élèves : les lycéens et étudiants ont exigé du gouvernement des réponses concrètes et pas "de belles paroles". Condition sine qua none, sans laquelle, la jeunesse continuera de manifester.

Ce lundi, le Premier ministre a donc reçu de nouveau les représentants lycéens à Matignon, avant une conférence de presse des ministres de l’Éducation nationale, Édouard Geffray, et de l’Enseignement supérieur, Philippe Baptiste. Plusieurs mesures devraient être inscrites dans le budget 2027 en cours d’examen au Parlement.

Pas de suppression, mais la création de nouveaux postes

Le ministre de l’Éducation nationale a déjà annoncé la mobilisation de 3 000 enseignants remplaçants, en priorité dans les établissements les plus en difficulté. Le but ? Permettre aux élèves d'avoir des professeurs tout au long de l'année, et ce, dans chaque matière.

Mais l'incohérence des profils, l'incompatibilité géographique et le caractère temporaire de ces affectations alimentent les critiques. Alors pour donner ou remplacer les professeurs, l'exécutif fait marche arrière et prévoit l'annulation de la suppression de 800 postes dans le secondaire. 1 900 postes supplémentaires sont également annoncés.

28 élèves par classes

Alors que la moyenne nationale atteint les 30,2 étudiants par classe en filières générales, 29,3 dans le privé, le nombre ne cesse d'augmenter. Les classes de seconde sont les plus touchées : trois quarts dépassent les 30 élèves, un quart, les 35. En première et en terminale, c'est à peine moins.

Cette pression n’est pas répartie de manière identique sur le territoire. Le mouvement est d'ailleurs né au lycée Saint-Exupéry de Créteil, où enseignants et élèves dénonçaient le manque de personnel. À Paris, des lycéens de Lamartine et Siegfried ont expliqué suivre certains cours à 39 dans une salle. Face à la crise, le gouvernement devrait abaisser son seuil à 28 élèves.

Une rénovation du bâti scolaire

Des toits troués et des bassines pour récupérer l'eau de pluie, pas ou peu de chauffage : les jeunes dénoncent la vétusté d'une majorité des bâtiments et leur difficulté à faire face aux chaleurs extrêmes, en hiver comme en été. L’État devrait donc prêter 4 milliards d’euros aux régions pour rénover les collèges et les lycées. Un milliard d’euros supplémentaire est lui, débloqué pour rénover les universités.

Vers une simplification de l'emploi du temps

Des cours de 8h... avec 7h de permanence, des horaires interminables et une charge de travail à la maison incompatibles avec l'emploi du temps : dans la consultation nationale « Agora », 71% des contributions d'élèves portent sur les rythmes scolaires.

Le gouvernement promet ainsi une meilleure organisation de la journée des lycéens, avec des pistes sur les heures d’enseignement et les rythmes scolaires. Un début de réponse face au critique, mais l'annonce reste floue et non chiffrée.

Pas de suppression, mais une réforme Parcoursup

Pointée du doigt par tous les étudiants, lycéens et même, leurs parents, la plateforme d'orientation devrait elle, connaître une « refonte en profondeur ». Le but ? Un Parcoursup avec de transparence et une procédure plus humaine.

Le gouvernement a annoncé la fin programmée de la plateforme actuelle, remplacée par un nouveau dispositif d’orientation et d’affectation post-bac. Il devrait y avoir, entre autre, 15 000 places de plus en BTS, notamment dans les filières en tension comme l’industrie.

La jeunesse ne s'arrêtera pas là

Ce n'est pas suffisant : les organisations lycéennes et étudiantes demandent des mesures plus ambitieuses, évaluées à 10 milliards d’euros. Dans la liste ? La fin de la sélection à l’université, la création de 250 000 places supplémentaires et une réforme des bourses. De nouveaux appels à mobilisation sont déjà prévus pour le 31 octobre et le 5 novembre.

La capacité des annonces à apaiser durablement le mouvement dépendra donc de leur mise en œuvre concrète, notamment budgétaire. Ces 5 mesures du gouvernement constituent une réponse plus large que celles annoncées début octobre. Les déclarations précédentes avaient permis le déploiement de 3 000 professeurs remplaçants et dévoilé une hausse de 1,2 milliard d’euros du budget de l’Éducation nationale.

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