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Macron à Marseille pour souligner le "retour de l'ordre"

Emmanuel Macron est arrivé lundi à la mairie de Marseille, qui porte encore les stigmates du 17 octobre, pour une visite devant souligner le "retour de l'ordre républicain" après les violences et pillages qui avaient émaillé cette mobilisation citoyenne.

Emmanuel Macron lors de sa visite à Marseille après les violences du 17 octobre.
Hannah McKay - POOL/AFP/Archives

Emmanuel Macron est arrivé lundi à la mairie de Marseille, qui porte encore les stigmates du 17 octobre, pour une visite devant souligner le "retour de l'ordre républicain" après les violences et pillages qui avaient émaillé cette mobilisation citoyenne.

Le chef de l'Etat avait été personnellement critiqué par les oppositions, mais aussi par plusieurs figures de son camp, pour la gestion du maintien de l'ordre il y a neuf jours et pour le maintien de sa tournée dans le Golfe en début de semaine dernière. Depuis, il est monté en première ligne, multipliant les réunions, sur le maintien de l'ordre puis vendredi avec les syndicats lycéens, et les déplacements.

Lundi, il s'est rendu à la mairie de Marseille, brièvement envahie par des manifestants le 17 octobre, avec son ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez et la ministre déléguée chargée de la Formation professionnelle Sabrina Roubache.

Le hall en porte encore des traces, comme un "A" cerclé anarchiste tagué sur un mur, une vitre cassée, ou un buste de Marianne ébréché quand il avait été renversé au sol.

Emmanuel Macron a été accueilli, avec une bise, par le maire Benoît Payan, l'une des voix ayant dénoncé un manque d'effectifs policiers.

Benoît Payan a détaillé les dégâts constatés dans la mairie sous le regard grave du président, avec lequel il s'entretiendra ensuite à l'écart des journalistes.

Emmanuel Macron se rendra plus tard à la préfecture et rencontrera des commerçants "victimes des pilleurs et des casseurs", a indiqué l'Elysée à l'AFP.

"Il saluera et remerciera enfin les forces de sécurité intérieure qui ont permis le retour de l'ordre républicain", a ajouté la présidence après un week-end marqué par de nouvelles manifestations mais sans incident majeur malgré quelques pillages très sporadiques, notamment dans la cité phocéenne.

Dès dimanche soir, Emmanuel Macron a remercié sur le réseau X les "forces de l'ordre" et assuré que "grâce à elles et malgré un contexte difficile, l'État a été au rendez-vous de ses missions", au lendemain d'un nouvelle journée de manifestations qui s'est déroulée, cette fois, sans incident majeur.

Des boutiques pillées dans une rue de Marseille le 18 octobre 2026

Des boutiques pillées dans une rue de Marseille le 18 octobre 2026

Thibaud MORITZ - AFP/Archives

Le déplacement à Marseille est motivé par le fait que "c'est là d'où tout part le 17 octobre", avec une intrusion de manifestants dans la mairie et le buste de Marianne renversé, a dit un proche du président à l'AFP. Il s'agit donc d'affirmer "que l'État est là, tient et sera au rendez-vous de sa mission de protection", a-t-il ajouté.

Une nouvelle journée de mobilisation pour le pouvoir d'achat et la défense des services publics samedi a été plus calme qu'attendu, malgré quelques heurts et pillages dans plusieurs villes. Au total, 1.435 personnes ont été interpellées, selon Laurent Nuñez.

Le maire divers gauche Benoît Payan s'est félicité samedi soir d'une "manifestation dans le calme" malgré quelques "petits débordements".

La préfecture des Bouches-du-Rhône a aussi constaté "le bon déroulement du cortège autorisé" ce 24 octobre tout en condamnant "les agissements de quelques individus qui, en fin de manifestation, se sont livrés à des dégradations et à des pillages".

- Reprise en main -

Samedi soir, la préfecture comptabilisait trois commerces "pillés ou dégradés" dans la deuxième ville de France contre un bilan de 317 commerces "sinistrés et pillés" et "500 commerces impactés" une semaine plus tôt.

De nombreuses vitrines du centre-ville étaient encore protégées par du contreplaqué lundi matin, quelques heures avant l'arrivée d'Emmanuel Macron.

Des boutiques pillées dans une rue de Marseille le 18 octobre 2026

Des boutiques pillées dans une rue de Marseille le 18 octobre 2026

Thibaud MORITZ - AFP/Archives

"Sur le plan sécuritaire, on a plutôt redressé la barre. Mais il faut rester très vigilant", estime le proche du chef de l'Etat, qui y voit la réussite de la feuille de route donnée par ce dernier au lendemain du fiasco du 17 octobre, dans une allocution pourtant critiquée de toutes parts.

Contraste saisissant, le président va donc s'afficher en premier lundi, tandis que Sébastien Lecornu restera relativement en retrait. Le chef du gouvernement va recevoir dans l'après-midi à Matignon les représentants des lycéens, à l'origine il y a cinq semaines d'un mouvement qui a depuis fait tache d'huile, et des étudiants.

Mais il laissera à ses ministres le soin d'annoncer à la presse les "mesures très concrètes" promises dimanche par Emmanuel Macron.

"Le président reprend la main", estime une ministre, qui y décèle une critique en creux de la gestion de la crise par le Premier ministre et son gouvernement.

"L’idée c’est quand même d’accélérer" dans la réponse aux revendications des jeunes, glisse pour sa part le proche d'Emmanuel Macron. "Dès le mouvement lycéen, le président a toujours dit qu'on ne fait pas rentrer les jeunes à coups de matraque", ajoute-t-il.

bur-fff-led/hr/sp

Par Francesco FONTEMAGGI / Marseille (France) (AFP) / © 2026 AFP

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