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Halloween social, grève du 5 novembre, blocages : quels sont les prochains actes à venir ?

Par Estelle Solari

Gilets jaunes, syndicats, lycéens et étudiants maintiennent la pression après le 24 octobre 2026 : de nouveaux appels à manifester sont prévus alors qu'un hiver social et tendu semblent se dessiner.

La jeunesse est reçue ce lundi 24 octobre 2026, pour parler revendications avec Lurent Nunez.
La jeunesse est reçue ce lundi 24 octobre 2026, pour parler revendications avec Lurent Nunez. Matthieu RONDEL - AFP

L’« acte II » des mobilisations sociales, organisé ce samedi 24 octobre 2026, n'a pas clos les débats. Loin de là. 31 octobre, 5 novembre et combien d'autres manifestations sont prévues cet hiver ? Les appels se multiplient, les jeunes et les gilets jaunes maintiennent la pression, et les commerçants, eux, comptent un manque à gagner toujours plus important. Alors, quels sont ls prochains rendez-vous ?

L'Acte 3 déjà dans tous les têtes

Une semaine après la journée de mobilisation du 17 octobre, la coordination des Gilets jaunes avait annoncé un « acte II » contre la vie chère. Au total, la journée a réuni entre 410 000 et 800 000 personnes ce samedi 24. Et si la manifestation, malgré quelques heurts et pillages, s'est plutôt bien déroulée, la colère citoyenne subsiste à tel point qu'avant même le départ du cortège parisien, les Gilets jaunes ont annoncé un « acte III ».

Un Halloween sur fond de défense des libertés publiques

Des fantômes, des zombies... et des manifestants ! Les mobilisés annoncent des « casserolades » ce samedi 31 octobre, avec des rassemblements. Un premier sit-in est prévu à 14h devant le palais Bourbon, puis à 19h, devant l’Assemblée nationale et les mairies de France. Mot d'ordre ? Une « défense des libertés publiques » contre la « dérive autoritaire ». La plateforme participative des Gilets jaunes recense déjà plus de 400 manifestations tricolores ce jour-là.

Une grève interprofessionnelle le 5 novembre

Jeudi 5 novembre, l’intersyndicale (CFDT,CGT, FO, UNSA et FSU), appelle à une grève interprofessionnelle pour les salaires, les pensions et les services publics. Les Gilets jaunes devraient eux aussi, répondre présents, avec un appel à la grève et au blocage reconductibles. Une réponse face à l’interdiction de plusieurs cortèges le week-end dernier pour limiter les débordements, perçue comme le « mépris, le refus d’écouter, le mensonge et la répression » du gouvernement.

Un vandalisme qui fait de l'ombre aux manifestations

À Paris, « Ça peut vite devenir compliqué pour circuler, prendre les transports ou même se rendre dans certains quartiers. Et puis, voir des commerces dégradés, du mobilier urbain détruit, ce n'est agréable pour personne...Encore moins pour nous qui sommes les premiers concernés. », confie Marion, au micro de Sud Radio. Comme beaucoup, la Parisienne, logée place de la République, déplore les casseurs et pilleurs : « Malgré ça, je reste très favorable aux manifestations. Et je trouve même ça assez dommage qu'on finisse par systématiquement associer manifestations et violences. »

Des actes isolés qui entretiennent la tension

Les dernières manifestations du 24 octobre se sont globalement déroulées dans le calme. Une vingtaine de commerces ont été pillés dans toute la France contre plus de 1 000 touchés le 17 octobre dernier. Mais si le bilan est nettement moins lourd, il n'efface pas la casse. Le sentiment d’insécurité qu'éprouvent les commerçants est bien là. « J'ai beaucoup de collègues qui ont été embêtés et je suis restée surveiller, protéger ma boutique moi-même, jusqu’à deux heures du matin », confie Marjorie, gérante d’un magasin à Marseille.

Après la casse, le coût des réparations est immense, voire insurmontable pour de nombreuses petites enseignes et commerces indépendants. Et puis, la durée des travaux rime avec inactivité : ce manque a gagner peut être fatal. « J’entends la colère des lycéens et des Gilets jaunes. Il n’y a pas de problème. Par contre, les black blocs, les gilets jaunes... Ça, c’est pas possible.»

« Si les annonces ne sont pas à la hauteur, nous continuerons », prévient la jeunesse

Et puis, les lycéens et étudiants, mobilisés depuis plus d’un mois, sont reçus ce lundi 26 octobre à partir de 14 h 30 par Sébastien Lecornu. Le Premier ministre promet des « réponses très concrètes » sur Parcoursup, l’état des bâtiments et le nombre de places à l’université.

Le ministre de l’Éducation nationale, Édouard Geffray, et le ministre de l’Enseignement supérieur, Philippe Baptiste, doivent également tenir une conférence de presse en fin d’après-midi pour détailler les annonces. Mais les organisations lycéennes préviennent : « Si les annonces ne sont pas à la hauteur, nous continuerons à appeler à la mobilisation ». Un plan de 10 milliards d’euros, ainsi qu'un calendrier précis de mise en œuvre sont demandés.

Un hiver social de tous les défis pour le gouvernement

Mobilisation de la jeunesse, des Gilets jaunes et syndicats, grèves des enseignants, des pompiers... Cette fin d'année 2026 dessine un automne/hiver décidemment social. Le bilan provisoire du ministère de l’Intérieur pour ce 24 octobre, fait état de 1 314 interpellations, 75 interventions pour des incendies, avec 53 membres des forces de l’ordre blessés et 24 commerces pillés.

Le ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez, a toutefois dénoncé la présence de 500 « casseurs » à Paris en fin de journée, dispersés au canon à eau et au gaz lacrymogène porte de Vincennes. L'exécutif devra donc faire face à un défi de taille : répondre aux revendications pour casser cette "spirale" et surtout prévenir des actes isolés et violences susceptibles d'enflammer le dialogue et les débats.

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