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Michèle Barzach, médecin et ministre populaire des années Chirac

Ancienne ministre de la Santé et ex-présidente d'Unicef France, Michèle Barzach, disparue lundi à l'âge de 83 ans, a été l'un des membres les plus populaires du gouvernement de cohabitation de Jacques Chirac, de 1986 à 1988, en pleine épidémie de sida.

JACQUES DEMARTHON - AFP/Archives

Ancienne ministre de la Santé et ex-présidente d'Unicef France, Michèle Barzach, disparue lundi à l'âge de 83 ans, a été l'un des membres les plus populaires du gouvernement de cohabitation de Jacques Chirac, de 1986 à 1988, en pleine épidémie de sida.

Le nom de cette gynécologue de formation avait ressurgi dans l'actualité en 2020, en marge de l'affaire Gabriel Matzneff, l'écrivain visé par des enquêtes pour viols sur mineurs. Il s'était félicité, dans des livres, de ce médecin prescrivant en toute conscience la pilule à ses très jeunes conquêtes. Elle avait été entendue par les enquêteurs.

Issue d'une famille juive d'Afrique du Nord, elle naît à Casablanca le 11 juillet 1943 et est élevée par des femmes marocaines. Une expérience qui lui "a permis de comprendre la place des femmes et la fragilité de leur statut", dira-t-elle.

Elle part étudier la médecine à Paris puis devient gynécologue.

Elle tient au début des années 70 une consultation au dispensaire d'Aubervilliers, avec Joëlle Kauffmann, la femme de l’écrivain Jean-Paul Kauffmann.

Ouverte aux "nouvelles thérapies" alors en vogue, elle ouvre un cabinet de psychanalyste.

Dans les années 80, cette femme brune devient déléguée nationale aux affaires sociales au sein du Rassemblement pour la République (RPR), le parti de droite créé par Jacques Chirac, avant d’entrer au gouvernement où elle doit gérer la pandémie du sida.

Devant l'ampleur de la contamination, s'opposant vivement au Front national, Michèle Barzach fait voter une loi pour autoriser la publicité pour le préservatif jusqu’alors interdite.

- "Coqueluche" des médias -

Michèle Barzach, alors ministre de la Santé, le 27 avril 1987 à Paris

Michèle Barzach, alors ministre de la Santé, le 27 avril 1987 à Paris

Joel ROBINE - AFP/Archives

"La petite gynécologue de quartier, surgie comme un météore parmi les notables gaullistes circonspects, est devenue la coqueluche des magazines et des émissions chic", écrit Le Monde en 1987.

"Une femme qui défend fermement la famille traditionnelle mais qui autorise la publicité sur les préservatifs (...). Plus jeune, elle a été un peu féministe, un peu militante, un peu baba. Et elle a du mal à se renier tout à fait. D'où ses contradictions, qu'elle laisse volontiers affleurer", note pour sa part Le Nouvel Observateur en 1988.

Elue députée de Paris en 1988, elle devient adjointe au maire de la capitale, Jacques Chirac, jusqu’en 1995. Parce qu'on les a vus une fois main dans la main, on leur prête une liaison.

Mais cette rénovatrice, qui fut aussi brièvement députée européenne, s'est créée de notoires inimitiés au sein de son mouvement, en accusant Charles Pasqua, l'homme fort du RPR, de représenter "une dérive droitière".

Avec d'autres, elle démissionne du parti en 1990. En 1996, elle signe, avec notamment Simone Veil, un manifeste pour la parité en politique avant de se retirer de la vie politique.

Elle mène de nombreuses missions pour Médecins du monde, puis en 1998, elle préside la Fondation GlaxoSmithKline qui soutient l'accès aux soins, pour les femmes et les enfants, en Afrique subsaharienne.

Michèle Barzach, alors ministre de la Santé, le 23 juin 1986 à Paris

Michèle Barzach, alors ministre de la Santé, le 23 juin 1986 à Paris

DERRICK CEYRAC - AFP/Archives

De 2012 à 2015, elle préside l'Unicef France avec pour objectif de réduire la mortalité des enfants, "sans oublier leurs mères, disait-elle, car je suis convaincue que se battre pour les femmes c'est se battre pour le développement".

Mme Barzach a conseillé l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS), la Banque Mondiale, plusieurs gouvernements de pays en développement et d'Europe de l'Est ainsi que des sociétés.

En 2020, en pleine pandémie de Covid-19, elle a signé l'appel lancé par l'ex-ministre de la Santé Philippe Douste-Blazy visant à élargir l'usage de l'hydroxychloroquine, médicament dont l'inefficacité contre le Covid a ensuite été démontrée.

Elle avait épousé en 2003 le médecin Jacques Lebas (décédé en 2019), ancien président de l'ONG Médecins du monde.

Par Claude CASTERAN / Paris (France) (AFP) / © 2026 AFP

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