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L'opinion de Philippe David : "Avec le Mercosur, le déclassement de la France est parti pour durer"

Par La Rédaction

OPINION SUD RADIO – Après plusieurs reports, l'accord UE-Mercosur a finalement été signé samedi 17 janvier au Paraguay. Philippe David réagit à cette signature.

Vote, Macron, application, Parlement… Signature du Mercosur, mode d'emploi
(Photo by Ludovic MARIN / AFP)

Philippe David, vous revenez sur les derniers rebondissements entre la signature du Mercosur et les menaces de nouveaux droits de douane de Donald Trump.

"Toute la classe politique française était contre le Mercosur, on faisait au moins semblant. Emmanuel Macron a tergiversé, et Ursula von der Leyen a signé sans qu'on puisse rien faire. Logique : la France a abandonné sa souveraineté."

Est-ce que la France pouvait vraiment faire quelque chose  ?

"Non, elle ne pouvait plus rien faire, parce que la politique commerciale commune s'inscrit dans le cadre des compétences exclusives de l'Union Européenne. Le vote s'opère par une majorité de peuples et d'États membres, ou par une minorité de blocage de peuples et d'États membres. Il fallait minimum quatre pays, ça allait, on en avait cinq, mais on n'avait plus la part de population qui nous permettait de nous opposer. Donc, on ne pouvait plus rien faire une fois que l'Italie s'était retirée."

"La France a abandonné sa souveraineté"

Qu'est-ce qui a permis de signer le Mercosur ?

"Vous savez, le traité de Lisbonne, celui par lequel Sarkozy et Hollande, main dans la main, ont piétiné le vote du peuple français du 29 mai 2005, qui s'était opposé à plus de 55 % des voix au traité constitutionnel européen. Alors maintenant, on sait à qui les agriculteurs doivent demander des comptes : à ceux qui ont piétiné le vote des Français il y a 18 ans.

Et ce n'est pas tout, car regardez les nouvelles menaces de Trump en matière de droits de douane pour ceux qui s'opposent à l’annexion du Groenland. Il peut taxer les produits français sans que nous ne puissions rien faire pour riposter, puisque c'est Madame von der Leyen qui décide.

"Von der Leyen envisage de signer un nouveau traité de libre-échange"

Madame von der Leyen, étant allemande, elle est là pour défendre les intérêts allemands. Les intérêts français, elle s’en fiche complètement. Alors, tant pis pour la France et les Français.

Et ce n'est pas fini : Ursula von der Leyen envisage même de signer, la semaine prochaine, le 27, un nouveau traité de libre-échange avec un tout petit pays… enfin, c’est l'Inde. Le tout dans le silence assourdissant de notre classe politique, qui semble ne pas être au courant.

Brièvement, en conclusion ?

"Il faut arrêter de se bercer d'illusions. Notre président n'a plus trop de pouvoir. Si on faisait la comparaison entre la France et une entreprise automobile, le président de la République française, c'est un peu un directeur de concession : il peut vous prêter une voiture pour le week-end, mais il ne décide pas de ce qui se passe au siège pour la politique commerciale ou industrielle de l'entreprise.

Le problème, c'est le cas d'Emmanuel Macron, et ce sera le cas de son successeur, qui n'aura pas plus de pouvoir, sauf à aller au clash avec Bruxelles. Mais comme personne ne semble avoir ce courage, le déclassement de notre pays est parti pour durer".

Retrouvez Drôle d'époque dans le Grand Matin Sud Radio au micro de Patrick Roger

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