Les habitudes alimentaires des Français évoluent. Selon le baromètre 2025 de la consommation publié par l’Interprofession des fruits et légumes frais (Interfel), les achats de fruits et légumes frais ont progressé de 4 % en un an. Si certains produits restent des incontournables, d’autres gagnent rapidement du terrain, reflet de nouvelles préférences et de modes de vie en mutation.
La distribution reste, elle, largement dominée par la grande distribution. « Elle représente toujours environ 60 à 70 % des ventes, explique Daniel Sauvaitre. Ensuite viennent les marchés, les primeurs et les magasins spécialisés, qui continuent à bien résister grâce au conseil et à la mise en valeur des produits ».
La banane, nouveau fruit préféré des Français
Longtemps en tête, la pomme a cédé sa première place à la banane. Selon le baromètre, la banane représente désormais 18,4 % des ventes de fruits, devant la pomme (14,4 %) et l’orange (10,8 %).
Derrière ce trio historique, plusieurs fruits connaissent une croissance éclair. La mangue enregistre ainsi une progression de +35,8 %, suivie par l’avocat (+23,2 %) et le kiwi (+9,8 %). « De manière générale, on observe une préférence croissante pour les fruits tropicaux et les agrumes. C’est une tendance lente, mais bien installée », souligne Daniel Sauvaitre, président d’Interfel.
La tomate reste la star des légumes
Du côté des légumes, le classement reste plus stable. La tomate domine largement les ventes avec 18,4 % des achats, devant la carotte (11,6 %) et la courgette (7,9 %). Mais l’étude met en lumière l’arrivée de certains produits. La patate douce progresse notamment de +24,4 %, tandis que le concombre (+16,4 %) et la courgette (+9,4 %) continuent également de grimper.
À l’inverse, plusieurs légumes traditionnels rencontrent davantage de difficultés. Le poireau recule de 7,2 %, la salade de 2,4 % et les radis de 5,2 %. Une évolution que Daniel Sauvaitre confirme en précisant que « le chou-fleur est également en difficulté ».
La myrtille : la nouvelle star des fruits
Au-delà des volumes consommés, certaines tendances émergent nettement, notamment autour des fruits rouges et des produits associés à des bénéfices nutritionnels. « Les fruits rouges sont en progression continue. La fraise se maintient très bien, tout comme la framboise et la cerise », explique le président d’Interfel. Mais un fruit se distingue particulièrement : la myrtille.
« La France était historiquement peu consommatrice, mais depuis quelques années, il y a un véritable engouement. C’est un fruit plaisir, souvent présenté comme un “super-fruit”, consommable à tout moment de la journée », précise-t-il. Cette dynamique s’explique aussi par l’influence de plus en plus forte des discours nutritionnels et des réseaux sociaux. « Il y a tout un environnement de prescription autour de certains fruits : les influenceurs, les médias, les messages santé », observe Daniel Sauvaitre.
Une consommation encore insuffisante
Malgré l’augmentation des achats en 2025, la consommation de fruits et légumes en France, « nous restons en dessous des recommandations du Plan National Nutrition Santé », rappelle Daniel Sauvaitre. « Ce sont surtout les jeunes qui consomment le moins, alors que les populations plus âgées et les catégories socioprofessionnelles supérieures sont davantage sensibilisées à la nutrition et à la santé », poursuit-il.
Face à ces évolutions, la filière tente de s’adapter aux nouvelles attentes des consommateurs. Daniel Sauvaitre explique que « les fruits et légumes souffrent d’un déficit de marketing face à d’autres produits très promus. On ne peut pas convaincre uniquement avec des messages de santé, il faut aussi miser sur le plaisir et la praticité ».
De nouvelles offres émergent ainsi sur le marché : fruits prédécoupés, plateaux apéritifs végétaux ou formats prêts à consommer. L’objectif est de faciliter leur intégration dans des modes de vie de plus en plus rapides.