Le gouvernement organise lundi un débat sans vote au Parlement sur le rôle de la France dans les crises internationales, ce qui promet des discussions animées sur les velléités du président américain Donald Trump vis-à-vis du Groenland et du Venezuela, au cœur de l'actualité.
L'Assemblée nationale à 17h00 puis le Sénat à 21h30 seront saisis de ces sujets brûlants au titre de l'article 50-1 de la Constitution.
Après avoir écouté une déclaration du gouvernement, les parlementaires débattront à tour de rôle. A l'Assemblée, ce débat donnera lieu à un jeu de questions-réponses avec des représentants du gouvernement, un format inédit pour ce type de débat dans cette hémicycle, selon les services de la chambre basse.
Ce débat sans vote est non contraignant pour le gouvernement, mais il permet aux différentes forces politiques d'interpeller l'exécutif et de développer leur position sur les sujets abordés.
Annoncé par le Premier ministre Sébastien Lecornu, ce débat portera dans le détail "sur le rôle de la France dans la prévention et la résolution des crises politiques internationales, notamment au Venezuela".
Il avait été programmé à la suite de plusieurs demandes en ce sens des groupes de gauche, après l'opération militaire américaine dans ce pays d'Amérique latine, ayant conduit à l'exfiltration du président Nicolas Maduro et de son épouse Cilia Flores, le 3 janvier.
- "Autonomie stratégique" -
Le chef du gouvernement français avait souhaité que ce débat soit "un moment où il faut se poser des questions sur notre autonomie stratégique, voir pourquoi la réaction européenne n'a pas été aussi rapide et aussi forte, peut-être, qu'attendu, pour dire les choses de manière (...) prudente".
Cette combinaison de photos réalisée le 18 janvier 2026 montre, de gauche à droite, le président français Emmanuel Macron à Paris, le 27 janvier 2025, et le président américain Donald Trump à la Maison Blanche à Washington, le 10 décembre 2025
Thibault Camus, ANDREW CABALLERO-REYNOLDS - POOL/AFP/Archives
Depuis, l'actualité a largement dépassé le cadre de l'opération américaine au Venezuela et ce débat donnera forcément lieu à des prises de parole concernant les velléités du président américain vis-à-vis du Groenland.
Donald Trump a menacé samedi plusieurs pays européens dont la France de surtaxes douanières, ces états ayant répliqué en promettant de rester "unis" et en examinant les différentes ripostes possibles. En France, la classe politique a été unanime pour condamner les annonces américaines.
La présidente de l'Assemblée nationale, Yaël Braun-Pivet, a d'ailleurs assuré dimanche qu'elle avait "rénové" le périmètre du débat pour qu'il inclue "la situation internationale" en général, y compris "le Groenland et l'Iran", notamment.
Si le Parlement n'est pas compétent pour contrôler par un vote les questions relatives aux opérations extérieures de la France - qui sont du ressort du président de la République -, la députée Renaissance a annoncé qu'elle inscrirait à l'ordre du jour du "G7 parlementaire" prévu en septembre en France cette question de "l'autorisation parlementaire de ce type d'opération" militaire.
"On ne peut pas laisser simplement nos dirigeants décider de l'engagement de nos forces et de l'engagement de pays sans qu'il y ait un regard parlementaire", a-t-elle dit sur RTL, M6 et Public Sénat.
AFP / Paris (France) (AFP) / © 2026 AFP