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L'humeur de Périco Légasse : "On est tellement fasciné par les États-Unis, que Trump nous annexe !"

OPINION SUD RADIO – Périco Légasse est revenu sur la "McDonaldisation" des campagnes. Un phénomène qui touche de plus en plus la ruralité de notre pays.

McDo
La McDonaldisation de nos campagnes est le sujet de l'humeur de Périco Légasse. (© AFP)

En me promenant dans les couloirs du Salon International de l’Agriculture, j'ai été interpellé par beaucoup d'agriculteurs ou de responsables de la ruralité me disant : « Mais les McDo arrivent ! »

Je n’ai pas envie de stigmatiser une marque particulièrement, mais ils s’installent en pleine cambrouze, dans un carrefour où le village le plus proche à l'est est à 2 km, le plus proche à l'ouest est à 3 km, parce qu’ils savent qu'ils vont avoir la demande.

Et certains élus s'inquiètent de ce début de prolifération. Des gens passionnés de sociologie vous disent : « oui mais c’est pour les jeunes dans les villages où il n'y a plus rien. Le petit café à l'ancienne avec le comptoir, tout ça, ça n'existe plus, le petit casse-croûte… Ils vont au fast-food rural, et puis c'est un point de ralliement, un point de rendez-vous.

"Un hamburger avec du bon pain et de la bonne viande française, c'est un plat merveilleux"

Ils vont avec leurs mobylettes, avec leur cyclomoteur, et puis avec leur ordinateur, ils peuvent rester là, ils discutent entre eux, ils boivent un café, c'est pas très cher, et puis on peut manger pour une somme tout à fait accessible à leur budget. Et puis le déjeuner du dimanche familial, on allait dans l'auberge du coin ou le petit bistro. Mais comme on n'a plus les moyens, on va au McDo’. Ça s'appelle la « McDonalisation » de la société. Jacques Puyzat avait écrit un livre dessus au début des années 2000 : « Non à la Mcdonalisation ».

On n'a rien contre McDonald's, c'est un système alimentaire, c'est une culture alimentaire, ce sont des mœurs, c'est une pratique américaine. Le fast-food c'est le hamburger, c'est le sandwich que les émigrants allemands de Hambourg avaient amené aux États-Unis, deux tranches de pain avec de la viande est ce qu'on trouve à l'intérieur. Mais aujourd'hui c'est devenu un système de civilisation qui n'est pas forcément conforme au nôtre.

Vive les cuisines étrangères ! Vive les saveurs de la mondialisation ! Je me régale, moi qui suis gastronome, à goûter les cuisines japonaises, thaïlandaises... Il y a des choses merveilleuses en Afrique du Nord, c'est un bonheur. Et un bon hamburger, bien fait, avec du bon pain et de la bonne viande française, c'est un plat merveilleux, les enfants en raffolent.

Aujourd'hui, cette américanisation de la France, je dis bien « américanisation » parce qu'il n'y a pas que ça. Il y a la casquette de « base-balleur », on ne va pas remplacer la casquette de « base-balleur » par un béret...

À un moment donné, j'ai envie de dire à Donald Trump : « Vous vous êtes fait taper sur les doigts parce que vous avez voulu annexer le Groenland, mais je pense qu'il y a peut-être un pays que vous devriez annexer tellement il cherche à ressembler au vôtre, c'est la République française ! » Mais que Trump fasse une proposition ! Tant qu'à faire, qu’il nous annexe ! On est tellement fasciné par les États-Unis. Quand il a été élu, une partie de la gauche morale disait : « mon Dieu, quelle horreur, le néonazisme qui arrive à la Maison Blanche !»

"Ne laissez pas faire, ce n'est pas ça la France"

Il faut défendre la culture américaine. Ce que je ne veux pas, c'est une forme de remplacement. Je ne veux pas qu'on abandonne ce qu'il y a de bien chez nous, des mœurs, des traditions, des pratiques, une mentalité, et qu'on remplace ça par le système américain. Quand on voit ce qu'est devenue la société américaine, quand on voit ce que la sociologie nord-américaine apporte aux individus, on n'est pas forcément tenté de se précipiter dans leurs bras et de mettre partout le symbole de l'Amérique triomphante, du capitalisme financier, globalisé, qui est cette enseigne jaune de fast-food, de la trouver dans nos campagnes, dans nos carrefours, à la porte de nos petites auberges, bientôt à la place de nos chapelles.

Je pousse un coup de gueule, parce que je suis très inquiet, et je fais appel à nos élus, à nos maires, à nos équipes municipales, à tous nos élus territoriaux, certains d'ailleurs sont en train de s'indigner, et de résister, ne laissez pas faire, ce n'est pas ça la France. La France est ouverte à la culture du monde entier depuis la nuit des temps. La société française a été faite du melting pot de beaucoup de choses. Quand on veut devenir français, on est français, et en tout cas, ce système de sandwich ne correspond pas à nos moeurs, ni à nos valeurs. Vive la République, vive la France !

Retrouvez L'humeur de Périco Légasse du lundi au jeudi dans La France Dans Tous Ses États sur Sud Radio de 12h à 14h. 

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